Autopsie de la BO de Trauma

Coeur de pirate signe la trame musicale de... (Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse)

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Coeur de pirate signe la trame musicale de la cinquième saison de Trauma.

Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse

Dire que Mick Jagger a vu Coeur de pirate reprendre au piano Dead Flowers des Rolling Stones grâce à une vidéo filmée avec un iPhone. «Au début, on entend même la petite fille de Coeur de pirate», indique Fabienne Larouche, productrice et scénariste de la série Trauma.

Après Pascale Picard, Ariane Moffatt et Martha Wainwright, Coeur de pirate est celle qui a eu l'occasion d'enregistrer des reprises pour la musique de la cinquième saison de Trauma.

Avec la sortie de l'album, mardi prochain, nous avons voulu décortiquer le processus que nécessite la libération des droits des chansons. Reprendre Nancy Sinatra, Tom Waits, Amy Winehouse, The National ou Bon Iver, ce n'est pas rien. Mais est-ce compliqué?

«Bob Dylan ne coûte pas cher et il dit oui beaucoup», lance Fabienne Larouche, qui a mis un extrait de Don't Think Twice It's Alright de Dylan dans sa série Unité 9.

Le domaine de la supervision musicale est relativement petit en Amérique du Nord. Les éditeurs connaissent les productions de Fabienne Larouche (Aetios) qui travaille avec le superviseur musical Sébastien Lépine, spécialisé en libération de droits. «On ne se fait pas souvent dire non», dit-elle.

«Ils connaissent nos budgets, nos façons de faire. Nous sommes rendus à la cinquième saison de Trauma donc ils en ont entendu parler», renchérit Sébastien Lépine.

Pour l'anecdote, Fabienne Larouche a même reçu une carte de Noël du bureau de Sony à Los Angeles tellement elle est une bonne cliente.

La facture

Environ les trois quarts des artistes repris sur la cinquième bande originale de Trauma, dont Mick Jagger, ont demandé d'écouter la reprise de Coeur de pirate, ou du moins une maquette.

«Même si, pour les Rolling Stones, ce sont des grenailles», indique Fabienne Larouche. «Entendre Coeur de pirate a même convaincu des artistes réticents au départ», ajoute Sébastien Lépine.

Pour des clauses de confidentialité dans les différents contrats, impossible de dévoiler combien a coûté la libération de chaque pièce, mais vous seriez surpris de voir à quel point c'est plutôt - et même très - abordable. C'est du cas par cas. Fabienne Larouche a demandé le prix pour libérer les droits de Perfect Day de Lou Reed après sa mort. La facture: impossible.

«Des fois, c'est surprenant. Ce ne sont pas les artistes les plus connus qui coûtent le plus cher, explique Sébastien Lépine. Certains veulent s'assurer que leurs chansons soient utilisées sur des images avec lesquelles ils sont en accord d'un point de vue artistique et moral. Il faut donc donner une description de la scène. Certains artistes veulent aussi s'assurer que la reprise n'est pas une imitation. Un sound-a-like, comme on dit dans le milieu.»

Dans le cas d'une série télé, il faut négocier ce qu'on appelle des «droits de reproduction en synchronisation avec des images». «Ce tarif se négocie selon le territoire, la durée, et les médias où les images seront diffusées», explique Sébastien Lépine.

Ce dernier contacte les éditeurs des artistes et non leur label. Dans le cas de Trauma, des «droits de reproduction mécanique» sont également en jeu puisque les reprises choisies font l'objet d'un album. Coeur de pirate et sa société de disques Dare to Care Records se partageront les redevances des albums vendus avec les auteurs en vertu des règles de différents organismes dont la SOCAN et la CMRRA.

Ajouter à l'émotion

«De la musique, j'en mettrais partout, lance Fabienne Larouche. Ça ponctue l'émotion, ça ajoute aux scènes. J'écris des scènes avec des chansons dans ma tête.»

Pour ceux qui lui reprochent de choisir des titres en anglais, la productrice et scénariste répond qu'il s'agit de musique «du patrimoine mondial». Elle ajoute avoir choisi des chansons de Daniel Bélanger, Robert Charlebois et Marie-Pierre Arthur dans 30 vies. Il arrive aussi que la musique francophone caricature trop l'image. «La chanson francophone est plus éditoriale», dit-elle.

La supervision musicale est un domaine en pleine effervescence. «Il y a de plus en plus de musique source dans les séries» constate Sébastien Lépine, qui travaille sur la prochaine saison de Mixmania et le prochain film de Stéphane Lafleur, Tu dors Nicole.

Quant à la bande originale de la cinquième saison de Trauma, elle sera en vente mardi.




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