À la découverte du «Piu piu»

La «trame sonore» du documentaire...

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La «trame sonore» du documentaire

Philippe Renaud
La Presse

Le Piu piu serait-il un nouveau genre musical typiquement montréalais? Presque - parlons plutôt d'une scène musicale, d'une communauté d'esprit qui anime plus d'une vingtaine de créateurs d'ici, des musiciens que les réalisateurs Aïsha Vertus et Philippe Sawicki nous présentent dans leur premier documentaire lancé vendredi soir au Cabaret Underworld.

On prête à Vlooper, cuisinier du beat associé au collectif Alaclair Ensemble, la paternité du terme lancé à la blague au début d'une performance offerte l'an dernier lors des soirées Artbeat, le rendez-vous des artisans de cette scène. «Bonjour, mon nom est Vlooper and I'll play some Piu Piu music».

La scène a adopté le sobriquet. Kaytradamus, KenLo, Maxime Robin, le collectif rap K6A, ALAIZ, SevDee, pour ne nommer qu'eux, pataugent dans le hip hop expérimental, vocal ou non, français ou anglais ou les deux à la fois. Ils donnent la réplique québécoise à une certaine tendance de la bass music britannique (Hudson Mohawk) et au courant hip hop/électro californien (les clans Brainfeeder et Friends of Friends).

«J'étais déconnectée de la scène musicale d'ici, j'écoutais surtout de la musique d'ailleurs, instrumentale, du rap, des trucs venant de Los Angeles ou d'Europe», dit Aïsha Vertus, geek de musique autoproclamée, férue de documentaires et de biographies musicales. «Quand j'ai découvert qu'on faisait de la musique comme ça chez nous, ç'a été une révélation. J'ai voulu mieux les connaître.»

C'est en fréquentant les événements électro underground d'ici qu'elle a rencontré Philippe Sawicki, formé en ingénierie et passionné par la photographie. «C'est devenu presque un second emploi: ingénieur de jour, photographe de soir», dit ce type discret que vous avez sans doute croisé dans une des petites salles de spectacle de la ville, où il mène son safari-photo musical.

Pour réaliser ce portrait de la scène Piu piu, «on a mené des entrevues avec ces ambassadeurs de la scène, les personnes-clé impliquées dans le milieu, pour montrer à la fois la place que notre scène occupe, montrer comment ces gens-là se rassemblent, comment ils travaillent et collaborent», explique Sawicki.

Il s'agit d'un travail de passionnés de musique et de ceux qui la font. L'idée de faire un documentaire avec les moyens du bord, et d'abord destiné à une diffusion sur le web, leur est venue tout naturellement. «Cette scène ne peut pas rester dans l'ombre, on fait ça pour mieux les faire connaître», dit Aïsha, qui mène les entrevues alors que Philippe filme le tout avec cet oeil d'esthète qui a fait sa réputation comme photographe officieux de la scène.

«On l'a fait pour le plaisir, sans aucun budget», dit Philippe. Le documentaire sera présenté en primeur vendredi soir lors d'une soirée organisée par Artbeat et le site MusicIsMySanctuary.com, avec performances de KenLo, Poirier, Kaytradamus de ALAIZ et du cousin piu piu français Onra.

La «trame sonore» du documentaire à l'adresse piupiudocumentary.bandcamp.com

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