Plants and Animals: laisser les choses aller

Comme l'indique Nicolas Basque, «C'est moderne dans le... (Photo Bernard Brault, La Presse)

Agrandir

Comme l'indique Nicolas Basque, «C'est moderne dans le son, mais avec des progressions d'accords rock universelles».

Photo Bernard Brault, La Presse

Émilie Côté
La Presse

Pour leur troisième album, les membres de Plants and Animals voulaient tellement laisser aller les choses que ce n'était pas naturel. Mais tout a fini par rentrer dans l'ordre et The End of That est un disque rock qui frappe fort.

Plants and Animals a terminé la tournée de son album La La Land à l'automne 2010. De retour à Montréal, le trio a emprunté le studio Treatment Room, considéré comme le «petit frère» de l'Hotel2Tango. «On s'est installé avec des micros en pratiquant des tounes trois heures par jour, raconte Nicolas Basque. Le but était d'explorer des idées et de les expérimenter. Mais rien n'avait d'importance, car il n'y avait pas de date d'échéance. Ça permettait à Warren de prendre le temps d'écrire ses textes.»

Warren Spicer, Matthew Woodley et Nicolas Basque ont également fait le point. «On a jasé de l'album qu'on voulait faire: un disque plus uniforme qui sonne comme en spectacle. Nous voulions nous concentrer sur la musique au lieu des sons.»

Résultat: Plants and Animals s'est retrouvé avec quelque 25 chansons. «On jouait et pratiquait sans penser à faire la bonne take. Ça nous donnait de la spontanéité et le temps de penser à des arrangements, indique Nicolas Basque. Nous pouvions éditer certaines pièces. On se disait: on s'en fout, on a 15 autres chansons. Je me souviens, il y en avait une que j'avais baptisée Portishead qui s'en va à Broadway», souligne-t-il pour l'anecdote.

Un petit luxe

Pour l'enregistrement, Plants and Animals décide de s'offrir un petit luxe: deux semaines aux Studios La Frette, en banlieue de Paris, qui appartient à Olivier Bloch-Lainé - le mari de Marie-Jo Thério - et où sont déjà passés les Karkwa et Patrick Watson.

La genèse des chansons avait été si naturelle et facile, Nicolas, Matthew et Warren pensaient que l'enregistrement aux Studios La Frette ne serait qu'une formalité, car «les tounes étaient prêtes». Mais non, c'est comme si les trois musiciens voulaient trop. «Pendant les trois premiers jours, ça ne marchait pas, raconte Nicolas Basque. Nous étions trop concentrés sur le son. Nous voulions trop faire ce qu'on ne faisait finalement pas.»

Histoire de se dégourdir et de se délier les doigts, l'ingénieur de son Lionel Darenne (qui a déjà travaillé avec Feist) a installé Nicolas Basque et Matthew Woodley dans le salon, alors que Warren Spicer était dans une pièce au sous-sol. «Il restait cinq ou six jours de studio, on n'avait plus de budget, donc on devait rentrer. Disons qu'on paniquait un peu», résume Nicolas Basque.

Le soir, le groupe réécoute les enregistrements faits dans la journée. Lionel Darenne leur lance: «C'est super, ça, les gars; ça sonne comme vous». Comme quoi le coeur peut parfois avoir le dessus sur la tête.

«Il y a deux sons différents sur le disque, mais avec une certaine continuité», commente Nicolas Basque. Un son direct et dépouillé «à la Fleetwood Mac» (Lightshow, No Idea) et d'autres pièces plus soignées et travaillées dans les mélodies et arrangements (Control Me, Runaways). Mais avec un pont qui unit le tout: des voix live.

De retour à Montréal, même le processus du mixage n'a pas été de tout repos. «C'est ce qui arrive quand tu as trois réalisateurs (les membres du groupe), relativise Nicolas Basque. Nous sommes beaucoup dans la tête. Nous avons tendance à réfléchir et beaucoup douter.»

Conclusion? Chassez le perfectionniste et il revient au galop, même quand on veut travailler avec une approche «less is more», comme on dit en anglais.

Au final, les prises de tête ne s'entendent pas sur The End of That, qui est tout simplement un bon disque rock. Comme l'indique Nicolas Basque, «c'est moderne dans le son, mais avec des progressions d'accords rock universelles».

Pour ses spectacles à venir, Plants and Animals a embauché un bassiste (Éric Digras, qui travaille au Sparrow). Étrangement, l'ajout d'un quatrième membre sur scène permettra des spectacles plus intimistes. «Ça va nous permettre de moins rentrer dans les tounes. Sans basse, il fallait tenir le rythme.»

Premier spectacle le 10 mars au Cabaret du Mile-End, juste avant que Plants and Animals se rende au Texas pour le festival South by Southwest (SXSW).

Partager

publicité

publicité

publicité

la boite:1600147:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer