Décès du chanteur Gérald «Gerry» Joly

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L'auteur, compositeur et interprète de l'immortelle Mille après mille, Gérald... (Photo: archives La Presse)

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Valérie Lessard
Le Droit

L'auteur, compositeur et interprète de l'immortelle Mille après mille, Gérald «Gerry» Joly, est décédé, hier matin, à l'âge de 74 ans. Atteint de fibrose pulmonaire depuis huit ans, le musicien originaire de Hawkesbury s'est éteint à sa résidence de Gatineau, auprès de sa conjointe des 39 dernières années, Eleanor Joly.

«Il avait largement dépassé le temps que ses médecins lui donnaient, puisque l'espérance de vie est de deux à quatre ans pour quelqu'un de son âge atteint de cette maladie mal connue, a souligné sa fille Nina Joly, hier. Il a pu célébrer un dernier Noël entouré de ses sept enfants, 19 petits-enfants et trois arrière-petits-enfants. Et maintenant, il ne souffre plus.»

 

Sa guitare à la main, Gerry Joly a entamé sa carrière à la fin des années 1950, donnant des spectacles aux quatre coins de l'Ontario. «Mon père a passé 55 ans à faire de la musique. Il a élevé sa famille sur son salaire de musicien... Chez nous, les vacances d'été, ça se passait à voyager un peu partout dans la Chevrolet Chevy Van, le bateau à moteur sur le toit. Je le vois encore venir me chercher, le dernier jour de l'école, pour nous entraîner deux semaines à Timmins, puis deux autres ailleurs. On allait là où il avait dégoté un contrat», s'est rappelé en riant Nina Joly. Cette dernière s'est longtemps endormie en écoutant son père. «Ma chambre était au-dessus de son studio.»

Cinq minutes

C'est d'ailleurs en arrivant à Elliott Lake, après plusieurs problèmes mécaniques (dont une transmission qui l'avait laissé en plan en cours de route), que Gerry Joly a écrit et composé Mile After Mile, qui est depuis devenue Mille après mille. «Ça lui a pris cinq minutes tellement il se sentait loin de la maison!» a confié sa fille.

Dès sa sortie en 1969, Mile After Mile a trôné en tête des palmarès pendant 13 semaines, à travers le pays, a-t-elle tenu à mentionner. Trois ans plus tard, le BMI (l'ancêtre de la SOCAN) lui a d'ailleurs remis un certificat pour sa contribution extraordinaire à la musique canadienne, pour cette chanson.

Si sa pièce Mille après mille a été popularisée par Willie Lamothe, elle a été moult fois reprise, notamment par Les Respectables sur le collectif Quand le country dit bonjour. Laurence Jalbert a elle aussi inclus cette chanson phare dans l'un de ses spectacles, aujourd'hui gravé sur son album live Sur la route... évidemment.

Hôtel Belle Claire

À ses débuts, Gerry Joly est aussi monté sur scène à Gatineau et à Ottawa, notamment à l'hôtel Belle Claire, dans le centre-ville de la capitale. C'est d'ailleurs là, au début des années 1970, qu'il a enregistré son premier album, incluant principalement des pièces originales en anglais, Gerry Joly Duo - Live at the Belle Claire, accompagné du bassiste Reo Pilon. En français, Gerry Joly est aussi connu pour ses chansons comiques, parmi lesquelles La Belle-Mère, Dans l'osti d'poulailler, La Carotte ou encore Une grenouille s'en va à peau.

Quelques jours avant de mourir, Gerry Joly a reçu la visite d'un autre musicien gatinois, Denis Rainville, de la formation Les Ours. Le groupe, qui revisite le répertoire western et country québécois, a entre autres puisé dans les titres de Gerry Joly pour endisquer Y m'ont crucifié sur leur cédé L'homme qui a vu l'homme (1999). Denis Rainville a tenu à lui remettre le Félix que Les Ours ont remporté en 2003, dans la catégorie album country de l'année.

Les funérailles de Gerry Joly seront célébrées à l'église Saint-Alphonse d'Hawkesbury, le 6 janvier, à 11 h.

 

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