Bernard Derome, morning man

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Amoureux de la radio et de la musique, Bernard Derome animera dès aujourd'hui l'émission du matin à Radio Classique.

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Contre toute attente, Bernard Derome, monsieur Téléjournal, est depuis aujourd'hui le morning man de la Radio Classique réinventée par son nouveau propriétaire, Gregory Charles. Rencontre avec un monstre sacré de l'information qui ne saurait vivre sans la musique.

En 1965, Bernard Derome faisait ses débuts dans le métier à CJBR, la station de radio de Rimouski qui a servi de tremplin vers Radio-Canada aux Miville Couture, Raymond Laplante, Pierre Paquette et autres Richard Garneau. Lundi matin, il a fait un grand retour à la radio en devenant le morning man de la Radio Classique réinventée par son nouveau propriétaire, Gregory Charles.

«J'ai même été disc-jockey, rappelle Derome, que nous rencontrons dans un café de Griffintown. Je me suis retrouvé avec une émission de yéyé. C'était l'époque des Beatles, des Stones et moi, je commentais ces trucs-là. Je me souviens d'avoir dit des choses épouvantables au sujet des Classels...»

À l'époque, Radio-Canada lui avait même proposé de remplacer Jacques Boulanger à l'animation d'une émission de radio quotidienne sur la chanson. «Non, c'est de l'information que je veux faire», avait répondu celui qui a fait ses débuts à Radio-Canada à Ottawa, en 1967.

Cinquante années ont passé et l'homme de 71 ans qui restera à jamais associé au Téléjournal et aux soirées électorales renouera du lundi au jeudi, de 6h à 9h, au 99,5 à Montréal et au 92,7 à Québec, avec un médium auquel il a toujours été attaché et dont il aime l'intimité, la proximité et la chaleur.

«Je suis fasciné par ce médium-là», raconte Derome, qui se souvient encore de ses dimanches soir sur la route entre Montréal et Rimouski à écouter Guy Mauffette et son Cabaret du soir qui penche, qu'il considérait comme le summum de la radio.

«J'irais plus loin que ça. Cordonnier mal chaussé, j'écoute plus de radio que je ne regarde de télé et ça, de tout temps.»

Surpris et flatté

Bernard Derome était en France l'été dernier quand Philippe Lapointe, le PDG du Groupe Musique Greg, qu'il a bien connu à Radio-Canada, lui a téléphoné: «Sur le coup, j'étais un peu surpris, flatté évidemment, mais il fallait que je consulte. Quelqu'un m'a dit: "Écoute, ça prend pas trois mois pour réfléchir à ça, ça prend trois minutes. Saute là-dedans et vas-y!"»

«C'est un moment béni. Je suis très heureux, très, très enthousiaste», souligne-t-il.

«Il était sur ma short list avant même d'acheter le poste de radio, explique Gregory Charles. Tu veux faire la Radio Classique? Bernard Derome, c'est un classique! Il a été cravaté pendant plusieurs décennies dans son poste à Radio-Canada, mais là, il est clairement décravaté. Il a des opinions, il est curieux à propos de plein de choses, mais c'est un épicurien. Il aime prendre un verre de vin, s'amuser et rire et il apprécie les belles choses. Moi, c'est ce genre d'affaires là que j'ai envie d'entendre le matin. Une espèce de plaisir d'être en vie.»

Une station privée a déjà proposé à Bernard Derome d'animer une émission d'information du midi alors qu'il était encore à la barre du Téléjournal. Mais ce qui l'a incité à accepter la proposition de Gregory Charles, c'est son amour de la musique.

Ses parents en jouaient et en écoutaient beaucoup et il s'est mis au piano vers 5 ou 6 ans avant de tenir la guitare dans un groupe. «Pour moi, le son du samedi après-midi, c'est le son de l'opéra, dit-il aujourd'hui. La présence de la musique dans ma vie, c'est crucial. J'ai besoin de ça.»

Pas en concurrence avec Gravel et Arcand

Dans l'émission Les classiques de Bernard, il y aura donc plus de musique que de «parlotte», précise son animateur: «C'est un trip musical que je me paie. On va l'habiller un peu, on va l'agrémenter, mais je ne me mets pas en concurrence avec mon ami [Alain] Gravel ni avec Paul [Arcand]. Absolument pas. Dans ma conception de ce que je souhaite entendre à une émission du matin, il faut forcément qu'il y ait un peu d'information. Mais si j'accepte une chose comme celle-là, c'est vraiment par amour pour la musique et parce qu'il y a un public pour ça.

«Le matin, il y a des gens qui ne veulent pas être dans la grosse action, qui n'aiment pas la contradiction. Je veux que les gens respirent comme ils en ont envie et les accompagner dans leur réveil», dit-il.

Bernard Derome ne fera pas des entrevues de 10 minutes. À l'occasion, selon l'actualité, il pourra discuter d'économie avec Pierre Fortin, de questions géostratégiques avec Jocelyn Coulon, de politique fédérale avec Daniel Lessard ou des grands enjeux de la francophonie avec Jean-Louis Roy, qui ne seront toutefois pas des collaborateurs réguliers dans le sens habituel du terme.

Deux membres de son équipe, la réalisatrice Chantal Lavoie et Michèle-Andrée Lanoue, feront le tour des nouvelles économiques et culturelles, de la météo et de la circulation.

Derome adhère complètement à la philosophie musicale de Gregory Charles. Ses «classiques» ne sont pas uniquement des oeuvres de musique dite classique, mais également Imagine de John Lennon, Sinatra ou Miles Davis. Pour illustrer ce qu'il déteste vraiment, il parle en rigolant du «Boléro de Ravel joué à la harpe avec André Rieu».

«On parle de culture et de qualité, reprend-il. Que [Jean-Pierre] Coallier ait décidé de créer un poste comme celui-là, c'était courageux de sa part. Gregory décide de prendre la relève; c'est une nouvelle génération. D'en faire un levier populaire, c'est voir ça avec d'autres lunettes. L'approche est différente, mais elle est de qualité. Et c'est là-dessus qu'il ne faut pas faire de compromis.»

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