Affaire Ghomeshi: deux cadres de la CBC remerciés

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Jian Ghomeshi

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La Presse Canadienne
Toronto

La CBC a indiqué jeudi qu'elle «rompt ses liens» avec deux de ses cadres supérieurs, alors que le diffuseur publiait le rapport indépendant commandé sur sa gestion interne de toute l'«affaire Ghomeshi».

Dans une lettre publique aux employés du diffuseur, la haute direction de la CBC qualifie de «dérangeantes et décevantes» les conclusions du rapport de Me Janice Rubin, qui avait été mandatée pour mener une enquête externe sur la façon dont les cadres supérieurs ont géré cette affaire dès le début, et pour formuler des recommandations afin d'améliorer les politiques actuelles.

Le réseau anglais de Radio-Canada (CBC) a congédié M. Ghomeshi en octobre, après avoir pris connaissance de «preuves matérielles» qui démontraient que l'animateur de son émission culturelle phare à la radio, Q, avait causé des blessures à une femme. Jian Ghomeshi fait aujourd'hui face à sept chefs d'accusation d'agression sexuelle; il est aussi accusé d'avoir tenté «d'étouffer, de suffoquer ou d'étrangler une personne» dans le but de vaincre sa résistance. Une des plaignantes est une ancienne employée du diffuseur.

Dans son rapport, Mme Rubin indique qu'une majorité des personnes qu'elle a rencontrées dans le cadre de son enquête ont évoqué chez M. Ghomeshi des habitudes de comportements «extrêmement irrespectueux envers des employés», bien en deçà des normes établies au sein de l'entreprise. Selon des témoignages recueillis par Mme Rubin, il arrivait régulièrement que Jian Ghomeshi rabaisse ou humilie publiquement des collègues, lance des blagues ou joue des tours cruels, et, «à quelques occasions», fasse subir du harcèlement sexuel à des employées.

La spécialiste en droit du travail a rencontré 99 personnes pendant cinq mois pour rédiger son rapport, rendu public jeudi par la CBC. Le diffuseur promet de travailler de concert avec le syndicat, la Guide canadienne des médias, pour examiner attentivement les neuf recommandations formulées par Mme Rubin, et en mettre en oeuvre autant que possible, «le plus rapidement possible». La haute direction présente aussi ses excuses aux employés qui auraient subi «des comportements inappropriés dans leur milieu travail».

Par ailleurs, la CBC indique que le directeur administratif du service radio, Chris Boyce, et le directeur des ressources humaines et des relations de travail au service anglais, Todd Spencer, quittent le diffuseur public. Ce sont eux qui avaient rencontré l'été dernier des membres de l'équipe de l'émission Q dans le cadre d'une enquête interne de la CBC. Le diffuseur les avait ensuite mis en congé en janvier, pour une période indéterminée.

Jian Ghomeshi, qui a plaidé non coupable aux huit accusations, a recouvré sa liberté moyennant une caution de 100 000 $, assortie de plusieurs conditions. Il doit revenir devant le tribunal le 28 avril.

Laxisme des supérieurs

Des collègues de l'animateur vedette ont raconté lors de l'enquête que M. Ghomeshi leur avait massé le dos ou les épaules. «La plupart de ces témoins n'y ont pas vu un geste à caractère sexuel, mais plutôt un geste repoussant, déplacé et irrespectueux pour leur intégrité physique.» La vedette de CBC avait aussi l'habitude, selon des témoins, de parler ouvertement de sa vie sexuelle, ce qui créait un malaise au sein de l'équipe.

Mme Rubin a aussi entendu des allégations selon lesquelles les supérieurs de M. Ghomeshi n'avaient pas mené d'enquête à la suite des plaintes formulées à l'endroit de leur animateur vedette, ni tenté de faire cesser certains de ses comportements jugés inappropriés par des collègues.

Le pdg de CBC/Radio-Canada, Hubert Lacroix, a d'ailleurs promis jeudi que les vedettes au sein de l'entreprise ne jouiraient pas de traitements de faveur.

«La gestion de l'environnement, avec une personne qui est une étoile ou une vedette, ce n'est pas évident, mais il faut être bien équipé et il faut le faire», a-t-il indiqué lors d'une téléconférence. «Il faut tenir ce genre de personnes-là aux mêmes standards de comportements que n'importe quel autre employé, et c'est ce que nous ferons, en écoutant et en mettant en application certaines recommandations du rapport.»

Mme Rubin avait demandé à rencontrer M. Ghomeshi dans le cadre de son enquête, mais il a renoncé à son droit de réplique. Par ailleurs, 17 personnes ont refusé de participer à la démarche, et les enquêteurs n'ont pas estimé qu'ils avaient le mandat de contraindre les témoins, ou même de mener des «contre-interrogatoires musclés».

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