Kaki King: guitariste totale, spectacle total

Kaki King décrit son projet The Neck Is... (Photo Shervin Lainez, fournie par Montréal en lumière)

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Kaki King décrit son projet The Neck Is a Bridge to the Body comme une «extrapolation visuelle» de son concert.

Photo Shervin Lainez, fournie par Montréal en lumière

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Par son jeu très spécial et l'éclectisme de ses références musicales, Kaki King se démarque clairement au sein de la communauté guitaristique.

Tant de mélomanes se sont retrouvés sur le derrière à l'écoute de cette guitariste dont la technique singulière transcende les genres et les approches. The Neck Is a Bridge to the Body, projet qu'elle vient présenter au festival Montréal en lumière, lui confère une dimension scénographique à sa mesure. Spectacle total pour une guitariste totale.

Jointe à son domicile new-yorkais, l'artiste de 35 ans explique sa démarche récente.

«Il s'agit en quelque sorte d'une extrapolation visuelle de mon concert, mise en oeuvre par l'entreprise Glowing Pictures, plus précisément par V. Owen Bush et Benton C. Bainbridge. Ils en sont les concepteurs, mais les images et la lumière ont été créées en étroite collaboration avec moi. Cet univers est aussi le mien. Peuvent être projetées des images de scènes intérieures ou extérieures de mon environnement, c'est-à-dire de ma propre cuisine à Brooklyn, où je vis.»

La musique comme moteur

Malgré l'ampleur visuelle de son nouveau spectacle, Kaki King ne veut surtout pas en être prisonnière. La musique doit en dicter le déploiement. Comment y parvient-elle?

«D'une part, l'ordinateur réagit à la musique jouée en temps réel. La facture visuelle du spectacle, soit l'intensité de la lumière ou la nature des projections (images ou vidéos), est tributaire de la musique. D'autre part, une technicienne vidéaste m'accompagne et donne une véritable performance à mes côtés.»

L'élaboration de ce spectacle s'est faite naturellement, raconte la guitariste. «À l'origine, je voulais simplement améliorer l'éclairage de mon spectacle. De fil en aiguille, j'ai réalisé que l'éclairage était un des outils parmi d'autres pour habiller mon concert. J'ai alors découvert la projection en 3D (mapping). Puis je me suis intéressée à la guitare en tant qu'écran ou objet lumineux. Je n'y connaissais pas grand-chose, il m'était donc difficile de concrétiser ces idées. Ainsi, j'ai travaillé avec les gens de Glowing Pictures. J'ai réalisé que les technologies audiovisuelles évoluent très rapidement. Il n'y a pas longtemps, seuls quelques DJ vedettes pouvaient les utiliser. Aujourd'hui, elles peuvent être exploitées à petite échelle.»

Ainsi, Kaki King se trouve seule sur scène, et... qu'en est-il de la musique?

«Bien que la musique soit surtout jouée en temps réel, je peux compter sur quelques pistes préenregistrées. Mon jeu en temps réel ajoute une dimension à la musique, surtout à cause de l'improvisation. En studio, j'étais plus centrée sur les compositions tout en voulant évoquer l'esprit du spectacle subséquent. Dans cette optique, le spectacle devient une extension de mon album. Certains aspects de l'enregistrement originel y sont reproduits sur scène, mais peu de choses restent intactes.

«Utiliser une piste préenregistrée de l'album et jouer par-dessus de nouveaux éléments improvisés ou composés me permet d'aller encore plus loin. Et puisque la dimension visuelle du spectacle est vraiment importante, la musique doit l'être aussi. Dans les circonstances, c'est justifié. Cela dit, je crois à l'indépendance de ces compositions par rapport à leurs compléments visuels sur scène. La musique peut se suffire à elle-même, ce qui justifie l'album The Neck is a Bridge to the Body

La guitare a sa vie propre

Même s'il s'agit d'un spectacle total, la trame narrative doit en rester simple, estime Kaki King.

«Cela tourne autour du processus créatif. Comment la musique peut-elle générer des images? Comment la guitare peut-elle influencer son utilisateur? Je ne suis même pas sur scène lorsque le spectacle démarre, mais la guitare est déjà en activité. Elle accompagne ma quête, mes réflexions, la déconstruction de mon langage. Ce spectacle aborde aussi l'idée de la maîtrise d'une machine par l'homme. Il y est aussi question de la frustration, de la nervosité ou de l'anxiété qui peuvent hanter un musicien. Il y a l'enthousiasme et l'excitation que lui procurent un instrument de musique ou un autre outil permettant l'expression de sa créativité. Il y a le calme et la sérénité qui viennent avec l'expérience et la maîtrise...»

Chose certaine, on continuera d'abord à assister aux performances de Kaki King pour ses vertus musicales. Pour son approche composite (folk, jazz, rock, bluegrass, finger picking, etc.) qui exclut toute comparaison.

«Pourquoi cet éclectisme? Parce que j'ai tôt fait de m'ennuyer si je m'en tiens à un seul genre. Je joue de la guitare depuis l'âge de 4 ans... À l'âge de 11 ou 12 ans, plusieurs pistes se présentaient à moi: guitare classique, guitare jazz ou guitare rock de haut niveau. Aucune de ces pistes ne me séduisait profondément, je ne me voyais pas y consacrer ma vie entière.

«J'étais beaucoup plus stimulée par l'exploration de doigtés différents (finger picking) et aussi par la dimension percussive de la guitare. Ma main droite étant plus aguerrie que la gauche, ces approches devenaient d'autant plus importantes. Peut-être cela a-t-il influé sur mes choix... Difficile à dire. Encore aujourd'hui, je reste attentive à tous les styles de guitare, je poursuis l'exploration sans essayer d'identifier clairement ce qui se trouve dans ma musique. Je laisse la guitare m'y emmener.»

Au Club Soda le 27 février, 20h.

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