The Elephant in the Room: le cirque réinventé

Pièce rétro au confluent du cirque, du théâtre... (Photo Benoit Vermette, fournie par Montréal complètement cirque)

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Pièce rétro au confluent du cirque, du théâtre et du film noir, The Elephant in the Room est présentée jusqu'au 13 juillet au Théâtre Outremont.

Photo Benoit Vermette, fournie par Montréal complètement cirque

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Qu'on ne s'y trompe pas, voici l'une des plus belles surprises du festival. Il faut dire que la rumeur précédant The Elephant in the Room était extrêmement favorable. Depuis sa création à Marseille en janvier 2015, Cirque Le Roux a triomphé dans une dizaine de pays d'Europe avec cette pièce rétro au confluent du cirque, du théâtre et du film noir.

Les quatre interprètes ne nous sont pas non plus étrangers, trois d'entre eux ayant été formés à l'École nationale de cirque de Montréal: Philip Rosenberg, Grégory Arsenal et Yannick Thomas (la quatrième joueuse est Lolita Costet). On les a vus avec le collectif Vague de Cirque, mais aussi avec les 7 doigts. Des artistes à la fois polyvalents et charismatiques.

La pièce s'ouvre à la manière d'un générique de film, avec des projections qui servent à présenter les quatre protagonistes de cette intrigue amoureuse au funeste dénouement. Nous sommes dans un salon fumoir des années 30. Miss Betty vient de se marier, mais comment dire... Le bonheur n'est pas au rendez-vous.

La belle ne répond pas aux invitations pachydermiques de son mari John Barick (Yannick Thomas), pas plus qu'aux tentatives de séduction d'un certain Mr Chance (Philip Rosenberg), qui s'intéressera aussi au valet de Barick, un dénommé Bouchon (Grégory Arsenal), par moments hilarant.

On nage ici en pleine comédie burlesque, dans une pièce où le cirque est toujours au service du récit.

Main à main, tumbling, équilibre, banquine, toutes les disciplines de cirque se fondent harmonieusement dans le déroulement de cette pièce acrobatique avec un petit quelque chose du jeu Clue, qui parvient à nous tenir en haleine jusqu'à la fin.

Les préliminaires s'étirent peut-être un peu trop longtemps (les dialogues tendant à tourner en rond durant le premier quart de la pièce), mais une fois la table mise, la pièce prend son envol et à aucun moment par la suite on ne perd d'intérêt pour cette joute amoureuse magnifiquement mise en scène par Charlotte Saliou (connue pour son personnage de Jackie Star).

Plusieurs moments mémorables ponctuent The Elephant in the Room. Parmi eux, le duo de Philip Rosenberg et Grégory Arsenal, dans une superbe chorégraphie avec effet miroir, qui illustre parfaitement la symbiose des deux personnages qu'ils incarnent (l'étranger américain et le valet de M. Barick).

Il y a une esthétique très riche à la fois dans le décor, les costumes, la musique et les éclairages que l'on voit rarement en cirque. Dans quelques scènes extravagantes - sur un bureau garni de fruits ou lorsque les quatre interprètes sont accrochés à un mât chinois, où l'on croirait même être face à des tableaux vivants de la Renaissance italienne!

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Jusqu'au 13 juillet au Théâtre Outremont.

«Pss Pss»

Que ce serait ce festival sans un spectacle de clown? Il faut bien l'admettre, d'année en année, les programmateurs de Complètement cirque ont réussi à trouver ce qu'il se faisait de meilleur dans cette discipline mal aimée, souvent présentée à tort à un public d'enfants.

Cette fois, l'équipe de Nadine Marchand a jeté son dévolu sur la compagnie suisse Baccalà, formée de Camilla Pessi et Simon Fassari (un couple sur scène comme dans la vie), qui a mis le public dans sa petite poche avec son humour fin où toutes les paroles sont dans les gestes et les mimiques.

Avec deux pommes, une échelle et quelques instruments de musique (un accordéon et une trompette), ces deux artistes doués coiffés de chapeaux cloche ont réussi à concocter un superbe spectacle sur la vie à deux, la persévérance et le bonheur des petits riens.

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Jusqu'au 13 juillet au Quat'Sous.

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