The Pixelated Revolution: Visa le noir, tua le blanc

Selon l'artiste conférencier Rabih Mroué, les images ne... (Photo fournie par le FTA)

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Selon l'artiste conférencier Rabih Mroué, les images ne gagnent pas de guerre. La révolution numérique n'aurait ainsi de «révolution» que le nom.

Photo fournie par le FTA

Mario Cloutier

Autre spectacle qui n'en est pas un, The Pixelated Revolution se veut une «conférence non académique», selon son auteur et présentateur, Rabih Mroué.

L'artiste libanais entreprend de lire son texte, mais il le connaît suffisamment pour regarder la plupart du temps les spectateurs dans les yeux. Le détail est important. Il s'agit d'une présentation portant précisément sur le regard, celui de soldats du régime Assad possédant des armes, qui croise, en 2011 au début des hostilités en Syrie, celui de protestataires munis de caméras.

Rabih Mroué se pose (et nous pose) plusieurs questions intéressantes à propos de cette guerre inégale, de ce croisement de points de vue où une dictature cherche à «tuer les images» qu'elle ne contrôle pas.

Pourquoi les vidéastes soutiennent-ils aussi longtemps le regard des soldats au risque de leur vie? Pourrait-on retrouver les meurtriers si on arrivait à «développer» la rétine de la victime? La façon de tourner ces images ne ressemble-t-elle pas aux règles émises par Lars von Trier avec sa philosophie d'hyperréalisme, surnommée Dogme? Les vidéastes sont-ils vraiment tombés au combat? Comment ces images sont-elles arrivées sur le web?

Images de guerre

Contrairement à ce que plusieurs ont soutenu durant les diverses incarnations du Printemps arabe, l'artiste-conférencier conclut que les images ne gagnent pas de guerre. La preuve se trouve dans l'enlisement du conflit en Syrie où les strates de violence se superposent aux strates de violence dans une histoire qui semble sans fin. La révolution numérique n'aurait ainsi de «révolution» que le nom.

Les réponses aux questions de Rabih Mroué, même si non «théâtrales», relèvent tout de même d'une analyse tantôt ludique, tantôt poétique, philosophique ou romantique, comme le lui reproche une spectatrice lors de la période de questions suivant la représentation.

«Tout ce que je voulais faire est de réfléchir avec vous aux images de la guerre», répond-il, traçant ici même les limites de cet exercice qui, au-delà de la réflexion, aurait sans doute gagné à faire l'objet d'un véritable travail de création artistique.

Mais peut-être la chose est-elle simplement impossible, tant les regards, qu'ils soient intenses, transcendants ou innocents, n'apportent aucune réponse à l'insoutenable.

Au musée McCord ce soir à 19h. dans le cadre du FTA.




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