Festival de Lanaudière: Stéphane Tétreault, héros de la soirée

Stéphane Tétreault à son violoncelle, avec Jean-Marie Zeitouni... (PHOTO CHRISTINA ALONSO, FOURNIE PAR LE FESTIVAL DE LANAUDIÈRE)

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Stéphane Tétreault à son violoncelle, avec Jean-Marie Zeitouni et l'Orchestre du Festival, hier soir à Lanaudière.

PHOTO CHRISTINA ALONSO, FOURNIE PAR LE FESTIVAL DE LANAUDIÈRE

Claude Gingras
La Presse

Soirée d'anniversaires hier au Festival de Lanaudière. On consacrait à Richard Strauss, à l'occasion du 150e de sa naissance, le programme du premier grand concert de l'été à l'Amphithéâtre, lequel, inauguré il y a 25 ans, porte le nom du fondateur du Festival, le Père Fernand Lindsay, qui nous a quittés voici cinq ans déjà. Et Olivier Thouin, violon-solo du «pick-up» appelé «Orchestre du Festival», d'ajouter à l'écran que Joliette, sa ville natale et siège du Festival, célèbre, comme Richard Strauss, son 150e anniversaire.

Le centre d'attraction de ce programme Richard Strauss était cependant le jeune violoncelliste Stéphane Tétreault, dont le nom avait certainement compté pour beaucoup dans le chiffre d'assistance, évalué à 3000 personnes. Le concert entier fut une très belle réussite, mais ce qu'on en retient d'abord, c'est le Don Quixote de ce jeune musicien.

L'étonnement est complet. Cette série de 10 variations descriptives exige non seulement une immense technique de violoncelle mais aussi beaucoup de personnalité, le soliste devant incarner le héros de Cervantes qui, s'il est à la fois idéaliste et irraisonné, reste plus touchant que ridicule. Abordant cette oeuvre pour la première fois, Stéphane Tétreault en a donné, à 21 ans, la réalisation d'un maître aguerri.

Bien que ce génial garçon se montre un peu gauche dans sa présentation, projetée sur grand écran, on devine déjà que cette oeuvre, il la comprend. Lorsqu'il s'y abandonne, fixant le ciel ou penché sur son fameux Stradivarius qui fait corps avec lui, il devient, pour ainsi dire, Don Quichotte, avec toutes ses contradictions et ses hallucinations. Les dernières pages, où le violoncelle s'éteint en même temps que meurt notre héros, furent absolument troublantes.

Le chef invité Jean-Marie Zeitouni et l'orchestre très coloré l'ont bien encadré, et Brian Bacon a conféré un riche son d'alto aux interventions de l'écuyer Sancho Pança. Occupant toute la première moitié du concert, ce Don Quixote aux tempi parfois très élastiques totalisait 45 minutes. Une sorte de record pour une oeuvre qui en fait habituellement 35.

L'Orchestre dit «du Festival» groupait des musiciens d'un peu partout, de l'OSM, de l'OM, des Musici, etc., tous constituant une formation étonnamment homogène, animée par Zeitouni avec de la vigueur et de bonnes idées. Dans les circonstances, on peut ignorer quelques bavures. On retiendra plutôt l'homogénéité des cordes, la précision des cuivres et des percussions et la beauté des bois. Autant de qualités qui nous valurent un Don Juan opulent et frénétique et une séduisante suite de Der Rosenkavalier.

Une réserve, quand même. Ces oeuvres reviennent régulièrement en saison. Pourquoi ne pas profiter d'un festival - et d'un tel concert d'anniversaire - pour offrir quelque chose de nouveau? Le catalogue Strauss comprend notamment deux symphonies qu'on ne joue jamais et bien d'autres oeuvres orchestrales qui mériteraient d'être connues.

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ORCHESTRE DU FESTIVAL. Chef invité: Jean-Marie Zeitouni. Solistes: Stéphane Tétreault, violoncelliste, et Brian Bacon, altiste. Hier soir, Amphithéâtre Fernand-Lindsay de Joliette. Dans le cadre du 37e Festival de Lanaudière.

Programme consacré à Richard Strauss (1864-1949):

Don Quixote, poème symphonique, avec violoncelle et alto, op. 35 (1898)

Don Juan, poème symphonique, op. 20 (1889)

Suite de concert de l'opéra Der Rosenkavalier (1945)




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