Melody Gardot: la musique dans la peau

Hier soir à la salle Wilfrid-Pelletier, Melody Gardot... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

Agrandir

Hier soir à la salle Wilfrid-Pelletier, Melody Gardot a offert un concert d'ouverture du 37e Festival de jazz d'une rare plénitude et d'une grande beauté.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

On se doutait dès qu'on l'a vue la première fois au Festival de jazz, au TNM en 2008, que Melody Gardot irait loin. La présence, le style, le clin d'oeil, la voix chaude, cette dame d'à peine 23 ans, qui s'était servie de la musique comme d'une thérapie après un terrible accident de vélo, avait décidément tout pour elle.

Chaque fois qu'on l'a revue, l'artiste francophile originaire de Philadelphie, mais dont la musique ne saurait s'embarrasser de frontières bien définies nous emmenait ailleurs, nous servant un album orchestral de façon plus dépouillée ou s'aventurant dans des sentiers brésiliens avec un partenaire musical inspirant.

Hier soir à la salle Wilfrid-Pelletier, Melody Gardot a transcendé toutes ses expériences passées et nous a offert un concert d'ouverture du 37Festival de jazz d'une rare plénitude et d'une grande beauté. 

Son plus récent album, le magnifique Currency of Man, laissait entrevoir de belles choses, pourtant il n'était que l'entrée en matière de ce que l'on nous a donné à entendre hier.

Dès l'intro de Same to You, la dame en noir et ses six excellents musiciens ont annoncé leurs couleurs: la soirée allait être tantôt funky, tantôt blues, R&B, jazzée même, mais toujours intense jusque dans ses moments les plus intimes. À la guitare, au piano ou empoignant le micro à l'avant de la scène, Melody Gardot était en parfait contrôle de la situation. La musique semblait émaner de tout son corps et chacun de ses copains prenait le relais et s'éclatait à son tour. Mais jamais autant qu'Irwin Hall, qui, pendant March for Mingus, dans laquelle Gardot citait Nobody's Fault But Mine de Blind Willie Johnson - et Led Zep -, s'amusait à souffler dans deux saxophones à la fois comme un intrépide à qui on n'aurait pas dit qu'à Montréal on punit parfois la flamboyance par l'exil.

Frissons

Morning Sun, qui a suivi, était d'une beauté saisissante, avec son intro atmosphérique et la voix caressante de la chanteuse qui nous procurerait encore des frissons de bonheur pendant le standard You Don't Know What Love Is en guise de coup de chapeau à Chet Baker. L'instant d'après, Melody Gardot allait nous raconter la genèse amusante et sans doute un peu romancée de l'écriture de sa chanson Les étoiles par une nuit jazzée à Paris. Du bonbon.

On vous recommanderait fortement d'aller applaudir cette artiste fascinante ce soir au même endroit si son concert n'affichait pas complet depuis un moment déjà. Espérons tout de même qu'elle n'attendra pas quatre autres années avant de revenir nous voir.

Impressionante Lisa Simone

En début de programme, Montréal a découvert Lisa Simone, la fille de la grande Nina. Lisa ne l'a pas eue facile avec sa maman et ce n'est qu'à 52 ans qu'elle a finalement lancé un premier album bien à elle, en 2014.

Vous dire qu'elle a fait bonne impression tiendrait de l'euphémisme. Lisa Simone a une voix impressionnante et du métier à revendre acquis sur les planches de Broadway. Elle n'aurait pas fait le tour du parterre de Wilfrid-Pelletier en serrant les mains des spectateurs qu'ils lui auraient quand même réclamé un rappel: la Work Song de sa mère, mais servie par une femme dynamique qui a l'intelligence de faire les choses à sa manière.

On va sûrement la revoir avant longtemps.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer