Croker, Abou-Khalil, Mistico Mediterraneo, du dessert à l'entrée

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Diplômé du prestigieux conservatoire Oberlin, le trompettiste floridien Theo Croker aura 30 ans en juillet.

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Après les concerts «apéritifs» de jeudi, la première soirée complète du Festival international de jazz de Montréal a attiré vendredi son lot de fans tous azimuts. Voici, dans le désordre, la typique d'un jazzophile venu en salle.

Diplômé du prestigieux conservatoire Oberlin, le trompettiste floridien Theo Croker aura 30 ans en juillet. Les probabilités de le revoir au cours des 30 prochaines années sont élevées! Les jazzophiles présents à L'Astral vendredi s'appliqueront certes à répandre la nouvelle de son talent et celui de son excellent quintette.

Protégé de Roy Hargrove (sur scène, en tout cas, il affirmait vendredi son allégeance), Theo Croker n'est peut-être pas un concepteur révolutionnaire, son premier album (AfroPhycisist sous étiquette DDB Records) n'est pas à se rouler par terre, mais... sur scène, c'est super. Sa compétence, sa ferveur, son allégeance au jazz moderne ainsi qu'aux courants musicaux afro-américains (forte dose de soul/R&B) ou africains (Hugh Masekela, surtout) lui permettent de mobiliser des publics jeunes et leur ouvrir la porte de tous les jazz. Qui plus est, Theo Croker peut compter sur des jeunes loups affamés et, surtout, très doués: le saxophoniste Anthony Ware, le batteur Kassa Overall, le contrebassiste Eric Wheeler, surtout le pianiste Michael King qui s'illustre aussi aux synthés et au Fender Rhodes.

Au Monument National, l'oudiste libanais Rabih Abou-Khalil renouait avec le public montréalais féru de world-jazz. Réduire sa musique à une simple jazzification de musique classique arabe serait réducteur. Bien qu'attaché à son pays d'origine et à Beyrouth dont il a vécu la guerre civile, ce musicien  transplanté en Europe est progressivement devenu un citoyen du monde. Le monde de cet oudiste singulier reflète cette mutation, cette ouverture réelle au jazz moderne, mais aussi aux musiques méditerranéennes, balkaniques, nord-africaines, baroques. Au fil du temps, cette transculture a produit autre chose qu'un jazz dominé par le Proche-Orient. L'amalgame est compact, fort en groove, superbement ficelé par des musiciens de niveau international - le superbe accordéoniste Luciano Biondini, le batteur Jarrod Cagwin, le saxophoniste (et chanteur de gorge!)  Gavino Murgia. Ajoutons à la facture l'humour décapant de Rabih Abou-Khalil, qui se plaît à évoquer dans sa musique un rêve où il mange des anchois. Plus que digeste!

Mistico Mediterraneo... (Photo fournie par le FIJM) - image 2.0

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Mistico Mediterraneo

Photo fournie par le FIJM

Plut tôt, la Maison symphonique était bien assez garnie de festivaliers pour réserver un bel accueil à l'ensemble Mistico Mediterraneo, dont le trompettiste/bugliste Paolo Fresu et le bandonéoniste Daniele di Bonaventura étoffent le chant polyphonique de la formation corse A Filetta. Paru sous étiquette ECM en 2011, un premier album a célébré cette heureuse association avec un mélange probant de musiques corses, sardes, jazz, classiques, baroques et plus encore.

Vendredi soir, on présentait plutôt le projet Danse Mémoire Danse, inspiré récemment par deux anticolonialistes notoires: le Martiniquais Aimé Césaire et le Corse Jean Nicoli. Les 45 minutes passées chez Mistico Mediterraneo ont laissé une impression de beaux chants de résistance interprétés en corse, bellement arrangés... et peut-être difficiles à absorber pour qui ne maîtrise pas la langue parlée et écrite dans l'Île de Beauté. Pour être franc, j'ai préféré le duo de la première partie: belles explorations de Paolo Fresu et du tromboniste Gianluca Petrella. Les évocations jazzistiques (Nature Boy, Joy Spring, Round'Midnght, etc.) étaient amalgamées à des compléments électroniques et séquences préenregistrées d'un goût certain, entre autres fragments de musique saharienne offerts en fin de prestation.

Plusieurs musiciens ont rendu le dernier d'une série... (Photo fournie par le FIJM) - image 3.0

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Plusieurs musiciens ont rendu le dernier d'une série d'hommages au pianiste montréalais d'origine polonaise, Jan Jarczyk.

Photo fournie par le FIJM

Enfin, plusieurs musiciens reconnus des communautés jazzistiques montréalaises et torontoises ont rendu le dernier d'une série d'hommages au pianiste montréalais d'origine polonaise, Jan Jarczyk , décédé d'un cancer fulgurant en août 2014. Sous la direction du trompettiste/bugliste Denny Christianson, cet ensemble réuni par le saxophoniste Jean-Pierre Zanella a honoré la mémoire de ce magnifique musicien dont le rayonnement aurait pu être beaucoup plus considérable de son vivant, vu la profondeur de son jeu et de ses compositions. Émue et reconnaissante, Danielle Raymond, sa veuve et mère de ses deux filles musiciennes, a longuement salué les collègues sur scène et pas n'importe qui: Jim Doxas, Pat LaBarbara, Joe Sullivan, Ron Di Lauro, Muhammad Abdul Al-Khabyyr, André White, Al McLean, etc. Encore merci, Jan Jarczyk.

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