Pépites et grenailles jazz

Ala.ni, encore un diamant brut au demeurant, reviendra... (Photo Alex Jonas, fournie par Spectra)

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Ala.ni, encore un diamant brut au demeurant, reviendra en plus poli, avec un trio ou un quatuor, dans une salle plus grande où les gens vont l'écouter comme le public de l'Astral.

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Daniel Lemay
La Presse

Le Festival de jazz s'est terminé hier soir dans une apothéose de blues, de piano et de chant gospel. Voici, en guise de point final, quelques considérations inspirées de paroles d'artistes entendues au cours des 11 derniers jours.

«J'ESPÈRE QU'ON VA ME RÉINVITER UN JOUR...»

Ala.ni a été totalement obnubilée par l'accueil des 200 chanceux qui avaient parié une trentaine de dollars sur elle, samedi soir à L'Astral. Et compris leur chance, après quelques chansons de cette beauté d'ébène qui a à son crédit un simple EP de trois pièces. Frappés dans le front, paf! Comme il arrive une fois ou deux par festival, et pas du tout, certaines années.

Accompagnée d'un seul guitariste, la chanteuse britannique originaire de la Grenade a fait montre d'un exceptionnel talent d'interprète, tout en nuances et en simplicité, mais spectaculaire à souhait quand elle laisse aller sa voix aérienne dans les aiguës où elle n'en finit plus de monter. Comme dans la finale de Wichita Lineman, le hit éternel de Glen Campbell.

Ala.ni, encore un diamant brut au demeurant, reviendra en plus poli, avec un trio ou un quatuor, dans une salle plus grande où les gens vont l'écouter comme le public de L'Astral. Et, comme samedi soir, un monsieur va apporter à la grande chanteuse une barbe à papa...

«LA POLICE DU JAZZ NE PEUT PLUS SUIVRE...»

Le journaliste et auteur Bill Milkowski, lauréat du prix Bruce-Lundvall 2015 du FIJM pour son apport au développement du jazz, ne croit pas un instant que l'idiome soit en danger. «La business a changé, c'est certain. À la tête des compagnies de disques, les recordmen ont cédé leur place aux avocats et aux comptables, mais le fait est que jamais le jazz n'a tant profité de son ouverture aux autres musiques...

«Tellement que la police du jazz, qui a toujours voulu dicter ce qui était jazz et ce qui ne l'était pas, ne réussit plus à suivre ce qui se passe en Turquie, en Afrique et ailleurs dans le monde où le jazz se fond avec d'autres musiques. Quand le jazz a rencontré le rock, on a parlé de fusion. Le mot est devenu péjoratif, mais le principe de connexion est resté...»

Bill Milkowski (Down Beat, Jazziz, etc.) a écrit plusieurs livres dont Rockers, Jazzbos & Visionaries. Il est le rédacteur de l'autobiographie du crooner pop Al Martino (1927-2009) et le biographe du super-bassiste Jaco Pastorius (The Extraordinary and Tragic Life of Jaco Pastorius). Vendredi soir au Cinéma du Parc, M. Milkowski a d'ailleurs présenté le film Jaco du réalisateur Paul Marchand.

Autre preuve que l'avenir du jazz, sa vie en fait, est dans ce que Bill Milkowski appelle le «de-boxing», «hors de la boîte», comme l'était Jaco Pastorius.

«L'ESSENCE DU BLUES N'EST PAS TELLEMENT DE SE SENTIR MAL, MAIS DE FAIRE QUE LES AUTRES SE SENTENT MAL.»

Le guitariste et chanteur Harry Manx a remplacé Taj Mahal, malade, comme tête d'affiche du concert de blues à la salle Wilfrid-Pelletier, le premier samedi du Festival, avec James Cotton et John Mayall, le clou de la soirée. Bien sûr, Manx, un spécialiste de la musique indienne, détonnait un peu dans le décor, mais la foule n'en a pas fait de cas, applaudissant le «Harry Manx Band», cinq musiciens montréalais qui s'étaient rencontrés pour la première fois... le matin même. Des pros.

Ce soir-là, l'harmoniciste James Cotton, qui a eu 80 ans mercredi, a reçu le prix B.B. King. «Super Harp» est le dernier survivant des Living Legends of the Blues que le tandem Simard-Ménard avait présentés au CEPSUM en mai 1980, en préouverture du premier Festival de jazz. Depuis une semaine, les prestations de ce concert -  B.B. King, John Lee Hooker, Muddy Waters - peuvent être visionnées dans la section Jazz en rappel du site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (banq.com).

«ÇA RÈGLE MON QUATRIÈME ALBUM...»

Le Rachel Therrien Quintet a remporté le Grand Prix de Jazz TD 2015. «Génial!», nous disait hier la trompettiste qui, depuis 2009, travaille «vraiment fort» avec sa formation. Tout aussi géniale est la bourse de 50 000 $ qui vient avec le prix... et les 50 heures de studio.

«Je viens d'enregistrer mon troisième disque en Colombie; il s'intitule Pensiamento et sortira bientôt. Les heures de studio du Prix TD, je vais m'en servir pour mon quatrième album...»

Voilà ce qu'on appelle être en avant de son temps.

À L'AGENDA

PIANO - Le Festival de piano de Montréal débute demain à l'Espace Notre-Dame de Saint-Henri (3714, rue Notre-Dame Ouest) avec le concert de Robert Dvorkin. Au programme d'ici dimanche, entre autres: Aurélia O'Leary qui interprète les standards du jazz, Guillaume Martineau, Révélation jazz 2015 de Radio-Canada.

Consultez le calendrier du festival: http://livetoune.com/calendrier/

BLUES - En marche depuis vendredi, le Festival de Blues de Tremblant se poursuit jusqu'à dimanche. À l'affiche ce soir: un hommage à Creedence Clearwater Revival dans le cadre du traditionnel Sommet acoustique, la chanteuse Angel Forrest, le duo Dawn Tyler Watson et Paul Deslauriers, des habitués de la montagne.

Consultez le site du festival: tremblantblues.com

PERCUSSIONS - La France est l'invitée du 14e Festival international de percussions qui s'est ouvert vendredi au Marché Bonsecours. Les activités se poursuivent jusqu'à dimanche au Marché et au Quai Jacques-Cartier.

Consultez le site du festival: percussions.ca

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