ALA.NI: une occasion unique

La chanteuse ALA.NI sera en concert à l'Astral... (Photo Alex Jonas, fournie par Spectra)

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La chanteuse ALA.NI sera en concert à l'Astral samedi soir, à 21 h, dans le cadre du Festival de jazz.

Photo Alex Jonas, fournie par Spectra

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Tout s'est arrêté autour de nous à la première écoute de Cherry Blossom, l'un des trois titres du seul EP d'ALA.NI. Même si le succès frappe à sa porte, l'ancienne choriste de Damon Albarn prend son temps et fait les choses à sa manière. Samedi soir, l'occasion est unique de la voir se produire à l'Astral.

«Je suis au milieu d'une petite crise. Je répète à Paris. Mon guitariste a perdu son passeport hier, donc j'ai dû en trouver un autre au pied levé le jour même pour une prestation à France Inter. Une journée d'aventure !», lance-t-elle d'une voix étonnamment calme vu l'urgence de la situation.

Justement, cette voix. Celle d'ALA.NI, qui lui vaut déjà des comparaisons avec Billie Holiday. En entrevue, la douceur et l'humilité de la Londonienne contrastent avec son imposant curriculum vitae.

Née de parents des Caraïbes, ALA.NI - petite-nièce de la star du music-hall des années 30, Hutch - a grandi à Londres, où elle a fréquenté des écoles de musique dès l'âge de 5 ans. Alors qu'elle interprétait des pièces de Judy Garland et de Broadway dans des comédies musicales, son père jouait dans un groupe de reggae et de soca. «Je ne pouvais être entourée de musique plus diversifiée.»

Au fil des années, ALA.NI est devenue choriste pour Mary J. Blige et Damon Albarn, et voilà qu'elle fait ses premiers pas en solo.

Inspirée par son grand-oncle

C'est avec un grand bonheur qu'ALA.NI a accepté l'offre du Festival de jazz de Montréal de se produire samedi soir dans l'intimité de l'Astral. Elle a seulement lancé un EP de trois pièces en mars dernier, mais l'album a fait grand bruit.

Pendant longtemps, ALA.NI a tenu à être «à 20 pieds de la célébrité», pour reprendre le titre du documentaire consacré aux choristes qui brillent dans l'ombre des plus grands noms des scènes pop et rock.

«J'ai ralenti les contrats de choriste pour faire des trucs en mode», raconte celle qui a présenté une collection à la Semaine de la mode de Paris.

C'est lors d'une cérémonie tenue à Londres en 2012 pour commémorer la carrière de son grand-oncle qu'ALA.NI a décidé de faire son envol solo. Noir et bisexuel, Leslie Hutchinson - alias Hutch - a mené une carrière florissante, mais de nature parfois scandaleuse pour l'époque, entre Harlem, Londres et Paris dans les années 30.

ALA.NI a alors décidé de filer chez ses grands-parents dans les Caraïbes. «J'ai écrit Cherry Blossom à Grenade. L'inspiration m'est venue au lit à 3 h du matin, raconte-t-elle. La mer était tempétueuse. Il y avait un orage. Les paroles et les mélodies me sont venues. Je n'ai jamais eu de période d'écriture aussi facile.»

Prendre son temps

En mars dernier, ALA.NI a lancé le EP You & I - Spring, avec le prestigieux label No Format. Outre Cherry Blossom, une douce caresse jazz pour les oreilles qui rappelle l'époque de Judy Garland, on y retrouve les titres Woo Woo et Ol Fashioned Kiss.

La facture est épurée. «J'ai réalisé le EP et je voulais rester dans la simplicité, raconte-t-elle. Mais j'entends des cordes dans ma tête et je compte travailler avec un compositeur pour faire des arrangements orchestraux.»

Mais chaque chose en son temps. Si le succès frappe à sa porte (et qu'une maison de disques la presserait de sortir un album complet), ALA.NI prend son temps. «Je gère ma propre carrière sans imprésario, pour l'instant. Je ne veux pas perdre la tête. En 2015, je voulais juste avoir du plaisir avec ma propre musique. Je suis par exemple très contente d'aller à Montréal.»

L'artiste a créé et mis en marché elle-même des boîtes à musique pour les enfants. En vente sur son site web, les objets recréent la mélodie de Cherry Blossom. «La réaction des gens est incroyable. C'est touchant de voir l'effet que suscite un objet que j'ai créé.»

«Quand je chante, je nettoie mon âme, dit-elle. Sans réfléchir, je fais confiance aux notes qui sortent. Ce sont les sons les plus purs que je puisse créer. Et je m'abandonne. Comme dans la chanson Lose Yourself d'Eminem. Il faut vivre le moment», indique-t-elle avant de chanter le refrain du tube du rappeur. Sympa, cette ALA.NI.

«Je rate Wu-Tang Clan à Paris pendant que je serai à Montréal», lance-t-elle en riant.

En attendant l'album

Samedi soir, ALA.NI interprétera dans un cadre intime des pièces de son EP et des reprises. Elle sera accompagnée de son guitariste, «en espérant qu'il aura retrouvé son passeport».

Au fil des saisons, elle lancera d'autres EP qui seront éventuellement réunis en un album. «Je vis à Paris en attendant d'avoir à prendre des décisions», indique-t-elle.

Vous comprenez maintenant pourquoi l'occasion est unique de la voir chanter samedi soir.

À l'Astral samedi soir, 21 h, dans le cadre du FIJM

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