L'équilibre budgétaire du Festival de jazz fragilisé

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Alain Simard

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Daniel Lemay
La Presse

Le Festival de jazz «fait partie de l'ADN des Montréalais» dont il améliore la qualité de vie. Le plus grand festival de musique du monde représente la principale attraction touristique du Québec avec, selon des études, 11,7 millions de visiteurs étrangers venus en ville depuis les débuts de ce superévénement dont la caractéristique principale se trouve dans une programmation extérieure gratuite sans égale ailleurs.

Jusque-là, rien de neuf dans le credo d'Alain Simard, président-fondateur du Festival international de jazz de Montréal (FIJM), qui présentait hier le bilan de la 35e édition, marquée par un soleil radieux, des entrées records aux guichets et une mauvaise journée pour B.B. King, 88 ans et détenteur à vie du titre «King of the Blues».

Cette programmation gratuite, qui représente les deux tiers de l'offre totale du FIJM, est financée principalement par les commandites (66%) et les ventes sur le site (21%): repas, boissons et souvenirs. Des revenus desquels Spectra, producteur du Festival et propriété de la famille Molson depuis quelques mois, «ne touche pas un sou», a précisé Alain Simard.

Revenus en baisse

Or, ces revenus auraient baissé de 1 million au cours des 5 dernières années, à cause, toujours selon Alain Simard, de l'ouverture de 42 nouveaux restaurants et dépanneurs dans le Quartier des spectacles.

«Ce n'est pas un cri d'alarme», mais Alain Simard a passé les 30 premières minutes de la conférence d'hier à parler d'argent. Comme il l'avait fait il y a deux semaines au coquetel d'ouverture où, devant un grand parterre politique, et sous le sceau de l'humour, il a envoyé un «petit message» à chacun des ministres présents et au maire Denis Coderre. Genre «on ne se plaint pas, mais...».

La problématique telle qu'on l'a comprise hier: ces nouveaux commerces font «beaucoup de sous» grâce aux festivals, le jazz, les FrancoFolies et Montréal en lumière, tous trois produits par Spectra, et Juste pour rire qui commence cette semaine. Ces événements, dont l'équilibre budgétaire - 30 millions dans le cas du jazz - serait «fragilisé», veulent avoir accès à la nouvelle richesse qu'ils ont contribué à créer. Interrogé sur quel tour pourrait prendre ce partage nouveau, Alain Simard s'est montré évasif: «Nous allons mener une étude...»

Et sur scène...

Côté artistique, le vice-président-fondateur et directeur artistique du Festival, André Ménard, a retenu les deux concerts «éblouissants» de Michael Bublé au Centre Bell, 10 ans après que le FIJM eut fait découvrir le jeune crooner aux Montréalais et au ROC. Les trois soirs de Rufus Wainwright au TNM, en solo... mais avec 12 micros sur scène pour les 3 générations d'artistes du clan Wainwright-McGarrigle. Keith Jarrett qui s'est livré à l'autodérision, ce qui n'est pas vraiment dans ses habitudes. Ménard a aussi souligné l'énergie d'Earth Wind & Fire, qu'on reverra bientôt. La demi-surprise de Lady Gaga au concert de Tony Bennett et la surprise totale - même les gens du Festival l'ignoraient - de la présence de Ginette Reno au concert d'Oliver Jones, samedi.

Laurent Saulnier, vice-président à la programmation, a rappelé que LE grand spectacle gratuit du Festival avait toujours été celui de Diana Krall, que Woodkid, qu'on avait vu l'an dernier au Metropolis, avait donné le même spectacle «augmenté» qu'au Zénith de Paris et que Deltron 3030 avait donné en clôture, dimanche, un concert de hip-hop orchestral «d'une grande beauté». Saulnier a aussi retenu les prestations, sur la grande scène, de Bobby Bazini, de Suzie Arioli et de l'Américaine Beth Hart.

Compensation pour B.B. King

Le Festival de jazz ne rembourse pas les gens qui ont assisté au spectacle raté de B.B. King, mais il leur offre des billets pour les concerts de la série Jazz à l'année à l'automne 2014 et l'hiver 2015. Pat Metheny, John Abercrombie, Florence K et Jordan Officer sont au nombre des artistes à l'affiche de cette série. Le porte-parole du Festival, Greg Kitzler, confirme qu'une quarantaine de personnes ont appelé pour se plaindre depuis le concert de samedi. «C'est quand même gros; d'habitude, il y en a une dizaine, une quinzaine», d'ajouter M. Kitzler. - Alain de Repentigny




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