Bordée de beats au 12e Igloofest

Kiddy Sm!le... (Photo Sylvain Lewis, fournie par Igloofest)

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Kiddy Sm!le

Photo Sylvain Lewis, fournie par Igloofest

Le 12e Igloofest démarre jeudi avec pour tête d'affiche Kaytranada, Montréalais qui brille de tous ses feux sur la planète entière. Près d'une cinquantaine de DJ/producteurs seront associés à (presque) autant de VJ pour stimuler les nuitards à s'éclater sous le point de congélation. En retournant à la formule compacte de trois week-ends - une première depuis 2012 -, les promoteurs d'Igloofest font le pari d'attirer autant de monde en misant sur l'urgence du moment. Voici neuf choix essentiels.

PREMIER WEEK-END

Kiddy Sm!le

Sur la scène Sapporo, le 18 janvier, à 20 h 30

Pierre Hache, alias Kiddy Sm!le, est à Paris l'un des porte-étendard du voguing renaissant, ce style de danse qui fut très populaire au sein des communautés gaies latines ou afro-américaines dans les années 70 et 80. Figure connue du mouvement LGBT français, Kiddy Sm!le a travaillé en tant que styliste avant de donner priorité à sa carrière de DJ/producteur. Féru de dance music toutes décennies confondues, il intègre disco, house, techno, mais aussi hip-hop ou même gospel à sa musique. Excentrique, flamboyant en plus d'être un fier militant homosexuel, Kiddy Sm!le n'a pas volé son surnom de «prince français du voguing». On lui doit les EP Teardrops In The Box, Let A B!tch Know, Enough of You, Get Myself Alone, Worthy Of Your Love.

Petit Biscuit

Sur la scène Sapporo, le 19 janvier, à 23 h

À peine sorti de l'adolescence, ce Franco-Marocain fait honneur à la «French touch», dont la lignée s'allonge depuis les années 90. Mehdi Benjelloun de son vrai nom, Petit Biscuit sait jouer les claviers, gratter la guitare et organiser les cordes, en plus d'être rompu à la lutherie numérique. Sans chambouler les formes connues, il a déjà mis de l'avant sa propre vision de l'amalgame possible. Si jeune (19 ans!), il a déjà lancé plusieurs remixes, écrit et réalisé un EP sans titre et surtout le fort bel album Présence. Sa musique est traversée par une house mélodique assortie de glitch-hop et future bass, coiffée de chorus et ponts exprimés vocalement à la manière de la chanson pop d'aujourd'hui. Les compléments instrumentaux de son cru s'amalgament superbement avec la proposition numérique et font la preuve qu'il est musicien à part entière. Petit Biscuit deviendra grand!

TOKiMONSTA

Sur la scène Sapporo, le 20 janvier, à 21 h

Rebaptisée TOKiMONSTA depuis plus de 10 ans, la Californienne Jennifer Lee fait partie de l'élite de la nouvelle musique électronique dans la Cité des Anges. Elle fut recrutée par Flying Lotus pour son talent évident de DJ et productrice - elle a sorti l'EP Creature Dreams sous l'étiquette de Fly-Lo mais enregistre essentiellement chez Young Arts, son propre label qui compte d'ailleurs les enregistrements de l'excellent producteur québécois CRi. On ne s'étonnera pas que TOKiMONSTA ait collaboré avec Anderson.Paak (pour la chanson Put It Down), qu'elle ait remixé Justin Timberlake, et plus encore. Son électro multigenre (house, techno, bass music, hip-hop, etc.) n'est-elle pas sertie de menus détails hautement créatifs et de mélodies contagieuses?

Michael Sparks... (Photo fournie par Igloofest) - image 2.0

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Michael Sparks

Photo fournie par Igloofest

DEUXIÈME WEEK-END

Michael Sparks

Sur la scène Vidéotron, le 25 janvier, à 20 h

En août dernier, une interview réalisée par Vice avec Michael Sparks, alors âgé de 21 ans, nous a mis la puce à l'oreille. Depuis lors, la puce ne cesse de rebondir sur les parois des pavillons auditifs et de la boîte crânienne... Fou furieux, ce Michael Sparks! Sorti d'un sous-sol de banlieue montréalaise, il porte bien son nom, prêt à mettre le feu partout où il lance son hardstyle survolté, mâtiné de grime, hip-hop, dancehall, jungle ou drum & bass. Cet allumé peut déjà compter sur l'appui de pointures de l'électro grand public, comme Diplo et Hardwell. À l'heure où l'on se cause, plusieurs de ses tracks EDM sont jouées dans des événements majeurs sur la planète électro et ça ne fait que commencer...

Oliver Heldens

Sur la scène Sapporo, le 26 janvier, à 22 h 30

Entrepreneur précoce, ce kid de 22 ans a construit sa propre marque: enregistrements, tournées mondiales, produits dérivés, label (Heldeep Records), baladodiffusion hebdomadaire (Heldeep Radio). Originaire de Rotterdam, Oliver Heldens se veut pop. Il est d'ores et déjà la tête d'affiche des grands plateaux destinés à faire danser les masses férues d'electronic dance music. Cette approche se range très souvent dans la forme chanson, avec refrains et ponts, mais le succès de l'affaire repose sur les greffes de future house et de deep house - l'ingrédient actif de la formule. Rien de sorcier dans cette cérémonie EDM, mais l'impact du groove est épidermique, contagieux, plus qu'efficace. Pour celles et ceux qui en exigent davantage, Heldens peut se transformer en Hi-Lo, un tantinet plus expérimental.

Rafa Barrios

Sur la scène Sapporo, le 27 janvier, à 21 h

Le DJ de Séville est un artiste d'expérience dont les pièces et remixes sont joués par les plus réputés de la planète électro, on pense à Carl Cox, Richie Hawtin ou Marco Carola, pour ne citer que ceux-là. Né en 1986, ce trentenaire espagnol fait DJ, remixe et produit depuis l'âge de 14 ans et parcourt le monde afin d'y faire valoir une tech-house et une techno hypnotiques, émaillées de petits ornements ibériques - si ce n'est la langue espagnole. Voilà une autre illustration du rayonnement universel de cette musique native de Detroit. On ne s'étonnera pas que Rafa Barrios, artiste d'un goût certain, soit aussi dépisteur de talents pour Iberican Sound, sous-label de Stereo Productions.

Boi-1da... (photo tirée du site d’Igloofest) - image 3.0

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Boi-1da

photo tirée du site d’Igloofest

TROISIÈME WEEK-END

Boi-1da

Sur la scène Sapporo, le 1er février, à 21 h

Si on s'intéresse vraiment au hip-hop, on connaît Matthew Jehu Samuels, alias Boi-1da (prononcer «boy wonda»), surtout pour ses talents de beatmaker auprès de Drake, Kendrick Lamar, Jay-Z, Lana Del Rey, Rihanna (notamment pour le tube Work), NAS et Nicki Minaj. Natif de Kingston, en Jamaïque, il a grandi dans la région de Toronto. Il bidouille des sons depuis l'enfance, il a acquis une expertise dès l'adolescence, remportant plusieurs fois le fameux Battle of the BeatMakers. Il avait 18 ans lorsque son mixtape, Room for Improvement, est parvenu aux oreilles de Drake. Il dit avoir été influencé par Dr. Dre, The Neptunes, Timbaland. Quoi qu'il en soit, on adore ses mélanges singuliers de hip-hop, R&B, dancehall et reggae; on a très hâte de le voir à l'oeuvre devant public.

Sasha & John Digweed

Sur la scène Sapporo, le 2 février, à 21 h 30

La dernière fois que Sasha, 48 ans, et John Digweed, 51 ans, ont partagé la même scène à Montréal, c'était en 2007 au Forum Pepsi, soutient-on à l'Igloofest. Légendes de la techno progressive, ces Britanniques exercent leur métier et leur ascendant depuis le début des années 90, grande époque des raves et du label Renaissance Records. Cette période de grâce a été suivie d'une série d'enregistrements mythiques sous la bannière Northern Exposure (étiquette Ministry of Sound), auxquels a succédé un autre album mythique au tournant du millénaire, soit Communicate, chez Kinetic Records et INCredible. Après une longue pause, le tandem a repris du service vers 2006 et se réunit sporadiquement sur les scènes du monde. Un classique de l'électro à ne pas manquer.

N'TO, Worakls, Joachim Pastor

Sur la scène Sapporo, le 3 février, à 20 h 30

À Aix-en-Provence, le label Hungry Music a été fondé en 2014 par les trois artistes qui s'exécuteront tour à tour pour la clôture d'Igloofest 2018 sur la scène Sapporo. Joachim Pastor, Worakls et N'TO s'inscrivent dans le courant de cette électro diversifiée : techno, tech-house, synthpop, électro allemande des années 60-70 et autres variantes. Qui plus est, les grooves de la famille Hungry Music privilégient une approche ouverte à l'intégration de parties instrumentales et mélodies consonantes. Ces DJ/producteurs s'exécutent individuellement en DJ set mais peuvent aussi se réunir sur scène au sein de formations à géométrie variable, incluant cordes, instruments électriques, claviers ou percussions - Hungry Band, Hungry Super Band, N'to Live Perc. À Montréal, cependant, ils feront DJ... et il y a fort à parier que personne ne s'en plaindra.




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