Festival du monde arabe: Rachid Zeroual: à vue de ney

Rachid Zeroual... (Photo: fournie par le Festival du monde arabe)

Agrandir

Rachid Zeroual

Photo: fournie par le Festival du monde arabe

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Nos ancêtres lointains ont créé la flûte en soufflant dans des ossements creux ou des tiges de roseau. Ainsi vint le ney, dont les premières formes connues datent de la civilisation sumérienne, c'est-à-dire il y a environ 5000 ans. Bien qu'il soit l'instrument le plus ancien de tous, son jeu n'a cessé d'évoluer jusqu'à ce jour. Le maître Rachid Zeroual en est la preuve éclatante.

«J'aime le son de cet instrument depuis ma tendre enfance. J'avais 5 ans, j'étais déjà fasciné par le ney», relate au téléphone celui qu'on a joint à Rabat, au Maroc, la semaine dernière.

Initié à la musique par son père, le virtuose marocain a poursuivi la tradition de ses aïeux.

«Je suis issu d'une longue lignée de musiciens. Depuis 160 ans, on joue la musique arabo-andalouse dans ma famille. Personnellement, j'ai étudié au Conservatoire de Rabat, pour ensuite perfectionner mon jeu avec un maître du ney qui jouait aussi de la flûte traversière occidentale. J'ai donc appris la musique classique occidentale en plus de l'arabe. Depuis mes débuts, il faut dire, j'ai eu envie de sortir le ney de son moule exclusivement oriental. J'ai cherché d'autres sons, je me suis inspiré d'autres cultures à travers mon instrument.»

Effectivement, le saxophoniste Archie Shepp, le compositeur Jean Michel Jarre ou le groupe allemand Pata Masters ont travaillé aux côtés de Rachid Zeroual, pour ne citer que ceux-là. Ses incursions dans le jazz contemporain et la musique électronique l'ont mené à fonder son propre quintette au sein duquel il joue le kawala en plus du ney. Son album clé: Souffle de l'âme du Maroc, brillant opus qui couronne plusieurs années de recherches. Pour toutes ces initiatives, le musicien marocain a reçu en 2012 le Prix Ziryab des virtuoses, parrainé par l'UNESCO.

Riche et diversifiée

Ouverte sur le monde, la musique de Rachid Zeroual n'en demeure pas moins ancrée dans la culture de son pays, riche et diversifiée.

«Je puise dans tout ce trésor musical: gnawa, andalou, amazigh, arabe et plus encore. Les racines de la musique marocaine sont méditerranéennes, orientales, africaines, c'est un univers très vaste. Je vis à Rabat, j'y ai étudié, j'y reste avec ma petite famille, je prends soin de ma vieille mère. Je suis heureux au Maroc, il y a tant de choses à faire ici, on a le choix: festivals, manifestations culturelles, etc. Ce qui ne m'empêche pas de jouer à l'extérieur - en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique pour la première fois.»

Candidement, Rachid Zeroual estime avoir trouvé «une belle voie».

«Je suis toujours en train de la prolonger, d'ailleurs. L'aventure se poursuit à Montréal, avec quatre musiciens de l'ensemble OktoEcho que supervise Katia Makdissi-Warren. Il y a une belle connexion entre elle et moi, elle est très rigoureuse pour la préparation de ce concert. Une vraie directrice! Nous jouerons mes compositions adaptées à l'ensemble montréalais. Je suis également ouvert à ce qu'il y ait de l'improvisation, du free jazz à l'orientale.»

À vue de ney, tout cela s'annonce passionnant!

________________________________________________________________________________

Dans le cadre du FMA, le virtuose du ney Rachid Zeroual se produit ce jeudi, 20 h à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Il sera accompagné par Alexandre Grogg, piano, Dominic Painchaud, violoncelle, Éric Breton, percussions, Nizar Tabcharani, qanun, tous de l'ensemble OktoEcho sous la direction de Katia Makdissi-Warren. 

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer