Divers/Cité entre la vie et la mort

Surnommée «la fête gaie de Montréal», Divers/Cité fait... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Surnommée «la fête gaie de Montréal», Divers/Cité fait face depuis quelques années à une concurrence accrue sur l'échiquier des festivals.

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Luc Boulanger
La Presse

Tout semble indiquer que Divers/Cité, le plus ancien festival LGBT au Québec, n'aura pas lieu l'été prochain à Montréal. L'événement fondé en 1993 n'aurait fait aucune demande de subvention pour sa prochaine édition. La Presse a tenté en vain de joindre ses organisateurs, mais leur bureau est fermé et le téléphone n'est plus en fonction. Suzanne Girard, directrice et cofondatrice de Divers/Cité, n'a pas non plus répondu à nos demandes d'entrevue.

Joint par La Presse, le frère de la directrice générale, Paul Girard, nous a dit qu'il ne travaille plus pour Divers/Cité et qu'il n'a «aucune idée» si l'événement aura lieu en août prochain au Vieux-Port. M. Girard était jusqu'en septembre dernier responsable de la mise en marché et des relations gouvernementales de l'organisme.

L'an dernier, le Gouvernement du Québec a soutenu Divers/Cité à hauteur de 225 000$. C'est la principale source de revenus du festival, qui accumule les déficits depuis son déménagement au Vieux-Port, en 2012.

Une source proche de la fondatrice de Divers/Cité nous a confié que la dernière édition avait été «un fiasco total, tant du point de vue de l'achalandage que de la programmation». La DJ brésilienne vedette Ana Paula aurait même fait sa performance sur scène devant une douzaine de personnes, en marge de la Grande Danse animée par le DJ Stephan Grondin.

Tourisme Montréal et Tourisme Québec confirment ne pas connaître les dates de la 23e édition. Le rédacteur en chef du magazine gai et lesbien Fugues, Yves Lafontaine, n'a pas eu de nouvelles de Suzanne Girard depuis six mois.

Une guerre des festivals?

Surnommée «la fête gaie de Montréal», Divers/Cité fait face depuis quelques années à une concurrence accrue sur l'échiquier des festivals. D'une part, le festival musical Osheaga, du promoteur evenko, programme notamment des têtes d'affiche de la musique électronique aux mêmes dates que Divers/Cité. D'autre part, la naissance de Fierté Montréal, en 2007, a mêlé les cartes dans la communauté. L'organisme a repris le défilé, la Journée communautaire et les spectacles de variétés au parc Émilie-Gamelin des mains de Divers/Cité, qui a tenu à faire un festival parallèle après un différend avec les commerçants du Village.

Le vice-président de Fierté Montréal, Jean-Sébastien Boudreault, rappelle qu'«un festival doit être capable de se réinventer et d'aller chercher les jeunes», tout en se désolant de l'éventuelle mort de Divers/Cité.

«C'est triste si un événement LGBT disparaît, car Montréal est assez dynamique pour avoir deux festivals gais, comme Spectra organise deux festivals de musique [le festival de Jazz et les FrancoFolies]», estime-t-il.

Selon M. Boudreault, le calendrier des festivals montréalais explique pourquoi Fierté Montréal se déroule deux semaines seulement après Divers/Cité: «Juin et juillet sont déjà complets avec le Grand Prix, Juste pour rire, le Jazz, les Francos...»

Interrogé à savoir si les deux événements LGBT peuvent s'unir et créer un festival plus fort, plus gros, le vice-président affirme que chaque fois que Fierté Montréal a pris contact avec Divers/Cité, ses organisateurs ont catégoriquement refusé leur offre d'association.

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