Tables rondes: une fenêtre sur le monde

Michèle Ouimet... (Photo: Étienne Ranger, Le Droit)

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Michèle Ouimet

Photo: Étienne Ranger, Le Droit

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Faut-il raconter l'étranger à la première personne? Sous forme documentaire? Romanesque? Ou plutôt un essai?

Deux tables rondes se pencheront sur la question. La première réunit Michèle Ouimet, chroniqueuse de La Presse qui vient de publier son premier roman, dont l'héroïne est une journaliste de guerre, et Frédérick Lavoie, journaliste pigiste qui a traîné son sac à dos dans l'ex-URSS et en Inde avant de s'installer récemment à Chicago avec sa conjointe historienne de l'art.

L'autre table ronde, animée par la chroniqueuse culturelle Patricia Powers de Radio-Canada, expose les expériences des journalistes Jean-François Lépine et Lucie Pagé et des romanciers Paul Ohl et Michel Jean.

«Ce qui m'intéresse, au-delà de ces expériences si intéressantes, c'est ce qui fait passer du journalisme au livre, au roman, dit Mme Powers. Comment s'incarne ce désir de raconter ce que l'on a vu à l'étranger dans un récit de plus longue haleine.»

Frédérick Lavoie, lui, a carrément ressorti ses carnets de notes pour écrire son livre Allers simples, qui décrit ses expériences en Europe de l'Est, en Russie et en Asie centrale. «Personnellement, je préfère ne pas transformer ce que j'ai vu en roman. Ça permet de fondre dans un seul personnage plusieurs personnes qu'on a rencontrées. Mais la réalité, c'est que ce qu'on voit à l'étranger ne cadre pas nécessairement avec l'histoire qu'on voudrait raconter.»

Le jeune journaliste ne tombe pas dans le piège relativiste de ceux qui pensent que la propagande des médias russes équivaut à celle des médias d'ici. «Mais quand on est sur le terrain, on ne peut pas s'empêcher de voir les distorsions, dit M. Lavoie. En Géorgie en 2008, les médias occidentaux ont rapidement cessé de préciser que la Russie était intervenue après une offensive de la Géorgie contre ses régions séparatistes. C'est la même chose en Ukraine. Je pense que les journalistes occidentaux font ça par nationalisme, pour que l'ennemi soit défini de manière claire. Mais les médias russes, eux, ont en plus de la déformation du nationalisme la censure de l'État, qui n'existe pas ici.»

Les expériences à l'étranger sont particulièrement intéressantes en ce moment où on discute de la transformation du «modèle québécois», estime Mme Powers. «Ça nous amène à réfléchir sur la société dans laquelle on vit. Et on voit des côtés insoupçonnés de pays qui nous semblent familiers. Les milliers de Québécois qui vont en vacances à Cuba feraient bien de lire le livre de Paul Ohl, par exemple.»

Cuba en roman

Le dernier roman de Paul Ohl, qui a notamment publié Louis Cyr, adapté au grand écran, met en scène Fidel Castro, Che Guevara, Jean-Paul Sartre et Ernest Hemingway. Les fantômes de la Sierra Maestra est une version romancée de la révolution cubaine, de 1949 à 1959.

La bourlingueuse

Rwanda, Liban, Afghanistan, Syrie, l'Égypte du Printemps arabe: Michèle Ouimet a visité certains des pays les plus dangereux de la planète pour La Presse. Pour son premier roman, La promesse, elle dresse le portrait d'une journaliste de guerre sans peur qui est habitée par des démons.

Le correspondant émérite

Jean-François Lépine a rencontré Malraux, rusé avec l'État chinois au début des années 80, visité le front lors de la guerre Iran-Irak, entre autres moments marquants d'une carrière prestigieuse. Dans Sur la ligne de feu, il fait avec érudition le récit de ses pérégrinations.

Sac au dos en ex-URSS

Frédérick Lavoie s'est fait un nom comme pigiste dans les pays de l'ex-URSS. En 2012, il a publié Allers simples, le récit de ses aventures dans la région, où il décrit les personnages simples qu'il a rencontrés et dévoile les dessous de ces États autocratiques.

Pour un monde meilleur

Depuis 25 ans, la journaliste Lucie Pagé explique l'Afrique du Sud, et le continent dans son ensemble, aux Québécois. Son plus récent livre, Demain, il sera trop tard, mon fils, est un recueil de lettres que son fils Kami et elle ont échangées, où ils exposent leurs préoccupations écologistes et égalitaires.

L'autre solitude

Le journaliste et écrivain innu Michel Jean expose dans Le vent en parle encore, paru en 2013, le scandale des pensionnats autochtones. Son roman suit deux adolescents arrachés à leur famille et une avocate qui s'occupe du dossier 70 ans plus tard.

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Raconter l'étranger, vendredi à 20h15, à l'Agora.

Ouverts sur le monde, dimanche à 12h30, à l'Espace Archambault.

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