Hommage à Frédéric Back: l'artiste amoureux de la Terre

  • Présentée jusqu'au 27 avril dans le hall d'honneur de l'hôtel de ville de Montréal, l'exposition Hommage à Frédéric Back retrace les moments marquants de la carrière de l'artiste montréalais mort le 24 décembre dernier. (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Plein écran

    Présentée jusqu'au 27 avril dans le hall d'honneur de l'hôtel de ville de Montréal, l'exposition Hommage à Frédéric Back retrace les moments marquants de la carrière de l'artiste montréalais mort le 24 décembre dernier.

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

  • 1 / 5
  • L'Oscar gagné en 1987 par Frédéric Back pour son film d'animation «L'homme qui plantait des arbres» est présenté près de ses précieux crayons de couleur. (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Plein écran

    L'Oscar gagné en 1987 par Frédéric Back pour son film d'animation «L'homme qui plantait des arbres» est présenté près de ses précieux crayons de couleur.

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

  • 2 / 5
  • Le panneau «L'erreur boréale» (à gauche) a été créé par Frédéric Back en 2009, à l'occasion de la sortie du documentaire «L'erreur boréale». (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Plein écran

    Le panneau «L'erreur boréale» (à gauche) a été créé par Frédéric Back en 2009, à l'occasion de la sortie du documentaire «L'erreur boréale».

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

  • 3 / 5
  • Le montant supérieur de la chaise en bois utilisée pour le film d'animation «Crac!» avait été gravé par Frédéric Back, pour lui donner un petit air d'humanité. (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Plein écran

    Le montant supérieur de la chaise en bois utilisée pour le film d'animation «Crac!» avait été gravé par Frédéric Back, pour lui donner un petit air d'humanité.

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

  • 4 / 5
  • L'exposition «Hommage à Frédéric Back» est l'occasion de découvrir des gouaches et des dessins de paysages comme d'activités humaines aujourd'hui disparues. (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Plein écran

    L'exposition «Hommage à Frédéric Back» est l'occasion de découvrir des gouaches et des dessins de paysages comme d'activités humaines aujourd'hui disparues.

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

  • 5 / 5

Pour rendre hommage à Frédéric Back, mort le 24 décembre dernier, la Ville de Montréal présente une exposition illustrant les champs de création de cet artiste engagé qui a marqué la scène culturelle et sociale du Québec durant 65 ans.

Chef du département de la restauration au Musée des beaux-arts de Montréal, Richard Gagnier avait été choisi par Frédéric Back pour agir en tant que commissaire de l'exposition de ses oeuvres. À la mairie de Montréal, on retrouve ainsi un bel échantillonnage de l'activité artistique de Frédéric Back, autant ses oeuvres sur papier que les dessins de ses films d'animation.

Les storyboards annotés de ses films ont été placés dans une vitrine et Richard Gagnier fournit un aperçu de la complexité du travail de réalisateur de films d'animation avec de nombreuses planches des films de Frédéric Back, notamment L'homme qui plantait des arbres et Le fleuve aux grandes eaux.

Les planches sont magnifiques de précision. Les extraits Le berger qui compte les glands et Le vieil homme et l'abeille permettent de mesurer la tâche colossale que représentait la construction de ses histoires. «Frédéric Back était extrêmement rapide et méticuleux quand il dessinait sur ses milliers de feuilles d'acétate, dit Richard Gagnier. C'est sûrement dû aux nombreux dessins qu'il a faits dans les années 40, après avoir été formé par le peintre breton Mathurin Méheut.»

On découvre quelques gouaches réalisées en Europe et au Québec, notamment dans la région d'Huberdeau, dans les Laurentides, où habitaient les parents de sa femme, Ghylaine Paquin, quand il vint la retrouver en 1948 après des mois d'échanges épistolaires et une traversée épique en bateau entre la France et le Canada.

L'exposition présente quelques dessins faits en France, notamment ses croquis d'animaux: des chevaux, des animaux de cirque enchaînés, ses chiens. Si Frédéric Back a fait peu de portraits durant sa vie, il s'intéressait aux activités humaines, notamment à ces métiers manuels aujourd'hui pratiquement disparus en France, comme ceux de cerclier (l'ouvrier qui forgeait les anneaux en métal des tonneaux) ou de schlitteur (qui descendait le bois en Alsace avec une schlitte).

La beauté du monde

On sent dans ces réalisations combien sa passion était de documenter, d'informer et de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes à la beauté de la nature, des paysages et des animaux, et au respect qu'on leur doit. Frédéric Back était un homme engagé envers l'environnement et les droits de l'homme. L'exposition montre quelques lettres qu'il n'avait pas hésité à envoyer aux élus, notamment au premier ministre Stephen Harper, pour réclamer une meilleure protection de l'environnement, ainsi qu'une série d'affiches créées pour la Société pour vaincre la pollution, à propos du protocole de Kyoto ou encore pour Amnistie internationale.

Réalisé en 1970, son dessin reprenant La naissance de Vénus de Botticelli est éloquent. L'artiste avant-gardiste y condamnait vertement la pollution terrestre avec une Vénus souillée de pétrole et des slogans contre les insecticides, la surproduction industrielle et la guerre.

Sa murale L'horreur boréale, déjà exposée en 2009 au Musée des beaux-arts de Montréal, avait été créée à l'occasion de la sortie du film de Richard Desjardins, L'erreur boréale, sur les coupes à blanc effectuées par des sociétés forestières dans le nord du Québec. La murale en bois montrant des coupes à blanc à perte de vue, comprend une citation de Cicéron datant... de 106 avant Jésus-Christ: «Les destructeurs des forêts sont les pires ennemis du bien public.»

Toujours inquiet pour la santé de la Terre, Frédéric Back a par la suite retouché sa murale pour colorer l'horizon en rouge, lui donnant une allure d'apocalypse. «J'étais là quand il avait fait ces retouches et il fallait le voir prendre un crayon avec sa main toujours stable, dit M. Gagnier. C'était incroyable de le voir aller. Tout à coup, il levait le pinceau et c'était comme s'il avait 30 ans.»

Un autre hommage est rendu à Frédéric Back demain à la Maison symphonique de Montréal.

_______________________________________________________________________________

Hall d'honneur de l'hôtel de ville de Montréal, jusqu'au 27 avril.




la boite:1600147:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer
  • Hommage à Frédéric Back à l'hôtel de ville de Montréal
    Présentée jusqu'au 27 avril dans le hall d'honneur de l'hôtel de ville de Montréal, l'exposition Hommage à Frédéric Back retrace les moments marquants de la carrière de l'artiste montréalais mort le 24 décembre dernier. (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

    Présentée jusqu'au 27 avril dans le hall d'honneur de l'hôtel de ville de Montréal, l'exposition Hommage à Frédéric Back retrace les moments marquants de la carrière de l'artiste montréalais mort le 24 décembre dernier.

  • Hommage à Frédéric Back à l'hôtel de ville de Montréal
    L'Oscar gagné en 1987 par Frédéric Back pour son film d'animation «L'homme qui plantait des arbres» est présenté près de ses précieux crayons de couleur. (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

    L'Oscar gagné en 1987 par Frédéric Back pour son film d'animation «L'homme qui plantait des arbres» est présenté près de ses précieux crayons de couleur.

  • Hommage à Frédéric Back à l'hôtel de ville de Montréal
    Le panneau «L'erreur boréale» (à gauche) a été créé par Frédéric Back en 2009, à l'occasion de la sortie du documentaire «L'erreur boréale». (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

    Le panneau «L'erreur boréale» (à gauche) a été créé par Frédéric Back en 2009, à l'occasion de la sortie du documentaire «L'erreur boréale».

  • Hommage à Frédéric Back à l'hôtel de ville de Montréal
    Le montant supérieur de la chaise en bois utilisée pour le film d'animation «Crac!» avait été gravé par Frédéric Back, pour lui donner un petit air d'humanité. (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

    Le montant supérieur de la chaise en bois utilisée pour le film d'animation «Crac!» avait été gravé par Frédéric Back, pour lui donner un petit air d'humanité.

  • Hommage à Frédéric Back à l'hôtel de ville de Montréal
    L'exposition «Hommage à Frédéric Back» est l'occasion de découvrir des gouaches et des dessins de paysages comme d'activités humaines aujourd'hui disparues. (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

    Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

    L'exposition «Hommage à Frédéric Back» est l'occasion de découvrir des gouaches et des dessins de paysages comme d'activités humaines aujourd'hui disparues.