Des oeuvres méconnues de Banksy exposées à Londres

L'oeuvre Turf War (2003) de Banksy est exposée... (Photo AFP)

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L'oeuvre Turf War (2003) de Banksy est exposée à la galerie Lazinc dans le cadre de l'exposition Banksy, Greatest Hits: 2002-2008.

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Pauline FROISSART
Agence France-Presse
LONDRES

Des pochoirs mondialement connus à des huiles plus inattendues en passant par quelques sculptures: des oeuvres de Banksy sont exposées dans une galerie londonienne à partir de jeudi, l'occasion de découvrir d'autres facettes du mystérieux artiste britannique.

L'artiste de street art originaire de Bristol, en Angleterre, est surtout connu pour ses pochoirs majoritairement en noir et blanc, comme Girl with Balloon, petite fille laissant s'envoler un ballon rouge en forme de coeur, ou Flower Thrower, représentant un émeutier s'apprêtant à jeter un bouquet de fleurs, deux oeuvres que l'on retrouve dans l'exposition.

Mais on découvre aussi plusieurs peintures à l'huile détournant des tableaux célèbres pour mieux dénoncer les dérives de la société consumériste ou évoquer des catastrophes écologistes comme Sunflowers from Petrol Station, inspiré des Tournesols de Van Gogh, qu'il représente flétris.

Ces tableaux, encadrés, sont bien loin des graffs réalisés à la bombe. Aucune des oeuvres exposées à la galerie Lazinc n'a été faite dans la rue et toutes ont été produites à des fins commerciales. Leurs propriétaires, des collectionneurs privés, les ont prêtées à l'occasion de cette exposition, intitulée Banksy, Greatest Hits: 2002-2008, qui revient sur cette période prolifique.

C'est durant ces quelques années qu'ont été organisées les «plus importantes expositions de Banksy», comme Crude Oil, Barely Legal et Turf War, a déclaré à l'AFP Steve Lazarides, cofondateur de la galerie Lazinc, qui a exposé en janvier le photographe français JR.

«De plus en plus politique»

M. Lazarides a rencontré Banksy, dont l'identité reste un mystère, en 1997, remarquant son «énergie viscérale», sa «liberté», et devenant son photographe puis galeriste, avant que leurs chemins ne se séparent il y a dix ans.

Au fil des années, la valeur des oeuvres de Banksy a explosé et l'artiste a écoulé des peintures et des sérigraphies en éditions limitées, «ce qui lui a permis d'en faire de plus en plus, et de monter des opérations de rue de plus en plus élaborées», a souligné Steve Lazarides.

La cote de l'artiste n'a cessé de grimper, et une collaboration avec son compatriote Damien Hirst (Keep It Spotless), a été adjugée aux enchères pour 1,8 million de dollars chez Sotheby's à New York en 2008.

Montrant une huile parodiant Les Nymphéas de Monet, Show Me the Monet (2005), Steve Lazarides remarque: «Ce tableau, nous l'avons vendu environ 15 000 livres à l'époque». «Son propriétaire veut maintenant le vendre pour près de 5 millions».

Les oeuvres exposées pourront être achetées par les visiteurs mais Steve Lazarides prévient les amateurs: «il n'y a pas grand chose à moins de 500 000 livres (870 000 $)».

Si Banksy est devenu l'un des artistes contemporains les plus populaires, c'est en partie parce qu'«il ne fait pas peur aux gens», selon M. Lazarides. «Il a popularisé l'art. On n'a pas besoin d'un master en histoire de l'art pour comprendre ses oeuvres».

Selon lui, Banksy est devenu «de plus en plus politique» au fil des ans, un engagement observé encore récemment à Paris où Bansky s'est exprimé sur les réfugiés ou l'extrême-droite.

L'anonymat du graffeur participe aussi au mythe. Steve Lazarides refuse d'en dire plus, préférant entretenir le mystère: «C'est peut-être une équipe, peut-être des jumeaux, un femme, qui sait?».




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