Le rêve de Corno réalisé

Avant le vernissage de l'exposition Corno & Warhol, trois impressions... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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Avant le vernissage de l'exposition Corno & Warhol, trois impressions sur plexiglas de Corno (en haut, sur la photo) dominent des affiches d'Andy Warhol encore dans leur plastique protecteur.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

La galerie Corno (anciennement AKA) lance vendredi, dans le Vieux-Montréal, l'exposition Corno & Warhol, dont rêvait la peintre québécoise morte l'an dernier à l'âge de 64 ans. Elle réunit des oeuvres originales de Corno, des pochettes de disques et des affiches d'expos d'Andy Warhol qui proviennent de la collection de Paul Maréchal.

«Johanne [Corno] a été influencée par Warhol, dit sa soeur, Line Corneau. On le constate avec ses Marilyn. Elle reconnaissait chez Warhol une énergie de travail qu'elle avait elle-même. Comme lui, elle était prête à déranger le marché de l'art en faisant ce qu'elle avait envie de faire.»

Il y a trois ans, Corno avait demandé à Louis Plamondon, directeur de sa galerie de la rue Saint-Paul, à Montréal, de pouvoir rencontrer le collectionneur Paul Maréchal, spécialiste d'Andy Warhol. «Elle voulait faire un événement Corno-Warhol à New York», dit M. Plamondon, ex-réalisateur à Radio-Canada.

Paul Maréchal était intéressé, mais il était alors très occupé par des projets d'expositions et d'écriture. Il connaît l'oeuvre de Corno depuis 30 ans.

«Je trouvais formidable qu'une Canadienne puisse s'établir à New York et y vivre de son art. Elle donnait tout pour sa peinture.»

«En même temps, je voyais la critique qui l'entourait, poursuit le collectionneur. On l'accusait de faire de l'art commercial. En fait, on l'accusait de faire du Corno! Comme Warhol qui, de son vivant, avait des détracteurs et qu'on accusait de faire du commercial.» 

Le souhait de Corno a finalement été exaucé. L'exposition a lieu. Mais sans elle, morte d'un cancer le 21 décembre dernier au Mexique. Quand on regarde ses oeuvres accrochées près des affiches que Warhol a créées pour annoncer ses expos à Paris, Lyon ou Zürich, on ne peut que convenir d'un trait d'union entre les deux artistes.

«Je trouvais ça intéressant d'exposer des affiches de galeries de Warhol dans la galerie d'une artiste qui l'admirait, dit Paul Maréchal. Il y a tant de points communs entre eux. Comme Warhol, Corno aimait utiliser plusieurs médiums et adorait le portrait. Ils étaient tous les deux amoureux de New York. Et ils étaient tous les deux affiliés au pop art.» 

Affiches et disques

Faisant partie de la collection Maréchal, un lot de 26 affiches de Warhol est ainsi exposé pour la première fois tel quel. Parmi ces affiches, celle par laquelle sont arrivés le succès de Warhol et une controverse historique: la fameuse boîte de soupe Campbell de 1962. L'époque du premier solo de Warhol à la Ferus Gallery de Los Angeles.

Organisateur de l'expo Corno & Warhol avec le galeriste Louis... (Photo Olivier PontBriand, La Presse) - image 2.0

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Organisateur de l'expo Corno & Warhol avec le galeriste Louis Plamondon, le collectionneur montréalais Paul Maréchal expose un lot d'affiches d'expositions d'Andy Warhol ainsi que des pochettes de disques illustrées par le roi du pop art.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

Les visiteurs ne pourront acheter ces affiches individuellement. Le bloc est vendu 50 000 $, au même prix que le lot de 62 pochettes de disques illustrées par Warhol et exposées sous une vitrine. Des disques des Stones, de Diana Ross, de musiciens de jazz ou encore de musique classique.

En parallèle, une quinzaine d'oeuvres originales de Corno ayant une certaine parenté avec Warhol est accrochée, dont un portrait de Warhol, un de Basquiat et un autre de Kate Moss. Il y a aussi un impressionnant tableau (2,44 m x 2,13 m) d'un jeune garçon, Boy 2, et quelques impressions sur plexiglas.

Toujours populaire

Corno était très populaire à l'étranger. Un grand nombre de ses peintures se retrouve sur tous les continents. L'artiste avait un contrat avec le réseau des galeries Opera, présentes dans une dizaine de capitales de la planète. Mais sa popularité au Québec était aussi immense. À sa mort, la galerie AKA (renommée galerie Corno le 1er octobre dernier) a dû fermer tant il y avait de demandes d'achat.

«On a rouvert au mois de mars, et il y avait toujours autant de demandes. On a décidé de conserver une trentaine d'oeuvres et même de racheter certaines oeuvres importantes pour notre collection permanente», explique Louis Plamondon.

Les oeuvres de Corno sont aujourd'hui vendues 25 % plus cher qu'avant sa mort. «Trop augmenter les prix après le décès d'un artiste n'est pas bon pour le marché, sinon les gens ont tendance à vendre, dit Louis Plamondon. On a d'ailleurs eu peu d'appels de gens qui voulaient vendre. Les collectionneurs ont tendance à conserver leurs oeuvres de Corno.»

Actuellement, les petites peintures de Corno se vendent, en galerie, de 10 000 $ à 42 000 $, mais la galerie Corno vend aussi des esquisses, des sérigraphies et des impressions sur plexiglas à des prix plus accessibles. 

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À la galerie Corno (51, rue Saint-Paul Ouest, Montréal), du 20 octobre au 23 décembre.




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