World Press Photo 2017: les images-chocs de 2016

Cette photo prise par Jonathan Bachman à Baton... (Photo Jonathan Bachman, Reuters)

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Cette photo prise par Jonathan Bachman à Baton Rouge montre Iesha Evans en train de tenir tête aux forces policières.

Photo Jonathan Bachman, Reuters

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La 12e édition du World Press Photo Montréal s'est ouverte au marché Bonsecours, dans le Vieux-Montréal, avec 152 photos de presse retenues par un jury international. Un tour d'horizon de l'actualité mondiale par 45 photographes provenant de 25 pays.

Le plus prestigieux concours de photographie professionnelle au monde, le World Press Photo, récompense chaque année les photographes dont les clichés ont marqué, d'une manière ou d'une autre, l'année précédente. Encore une fois cette année, l'expo regorge d'images de drames et d'horreurs, mais aussi d'espoir.

À l'entrée de l'exposition, on est accueilli par une photographie de Jonathan Bachman, de l'agence Reuters, qui a fait le tour des réseaux sociaux l'an dernier. On y voit Iesha Evans, une grande femme noire de 27 ans, tenir tête aux forces policières lors d'une manif organisée à Baton Rouge, en Louisiane, contre les violences de la police américaine à l'égard des Noirs. Iesha est jeune, belle comme une nymphe, immobile et déterminée, mais elle avait été arrêtée par ces policiers...

La photo de l'année 2016 est l'oeuvre du photographe turc Burhan Özbilici, auteur d'une série de clichés pris lors de l'assassinat de l'ambassadeur de Russie en Turquie, Andreï Karlov, à l'occasion d'un vernissage dans une galerie d'art d'Ankara, le 19 décembre dernier. Burhan Özbilici a été un témoin privilégié et a montré beaucoup de sang-froid en prenant ses images du meurtrier, un policier turc, avant et après le meurtre, de même que celles des personnes qui ont assisté, terrifiées, à l'horrible scène. 

M. Özbilici participe d'ailleurs à une conférence aujourd'hui, à 18 h, au pavillon J.-A.-DeSève de l'UQAM, salle DS-R510, au 320, rue Sainte-Catherine Est.

Le policier turc Mert Altintas tire en l'air... (Photo Burhan Özbilici, fournie par le World Press Photo Montréal 2017.) - image 2.0

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Le policier turc Mert Altintas tire en l'air après avoir tué Andreï Karlov (à droite), l'ambassadeur de Russie en Turquie, dans une galerie d'art d'Ankara, le 19 décembre dernier. Témoin de la scène, le photographe Burhan Özbilici a d'abord cru assister à une sorte de performance théâtrale...

Photo Burhan Özbilici, fournie par le World Press Photo Montréal 2017.

Des reportages évocateurs

Parmi les reportages intéressants cette année, citons celui du photographe iranien Hossein Fatemi sur la théocratie en vigueur dans son pays, avec des images de pendaison et de miliciennes endoctrinées qui illustrent à quel point l'Iran étouffe, notamment sa jeunesse, à cause de sa religion d'État. 

Beau document aussi du Néo-Zélandais Robin Hammond sur la discrimination subie, au Soudan, par les malades mentaux, considérés comme dangereux pour la société et souvent emprisonnés.

Ce sont encore les images de guerre qui frappent dans cette exposition annuelle, notamment l'effroi connu par les enfants, comme le montre une image du photoreporter de guerre français Laurent Van der Stockt. Publiée dans le quotidien Le Monde, la photo montre la réelle terreur vécue par deux enfants d'une banlieue de Mossoul, en Irak, alors qu'une offensive des alliés est en cours pour essayer de libérer la ville. 

Plusieurs images du conflit en Irak et en Syrie ont été retenues par le jury. Des images de feu, de sang et de douleur, comme ce jeune homme (le père?) qui pleure la mort d'un enfant en très bas âge, à Alep, en Syrie, à la suite d'un bombardement, en septembre dernier. Une photo du reporter syrien de l'AFP Walid Mashhadi, âgé de 21 ans, qui a depuis quitté la zone du conflit où son père est mort, l'an dernier, lors d'un bombardement. 

Il y a aussi quelques photos saisissantes sur les migrants qui traversent la Méditerranée pour trouver refuge en Europe. Notamment un reportage du photographe français Mathieu Willcocks qui illustre la détresse des survivants et la tragédie de ceux pour qui la quête de bonheur a été fatale.

Le photographe français Mathieu Willcocks illustre la détresse... (Photo Mathieu Wilcocks/MIAS.eu, fournie par le World Press Photo) - image 3.0

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Le photographe français Mathieu Willcocks illustre la détresse des migrants qui traversent la Méditerranée pour trouver refuge en Europe.

Photo Mathieu Wilcocks/MIAS.eu, fournie par le World Press Photo

Producteur du WPPM, le photographe Matthieu Rytz a également beaucoup apprécié la série de photographies de l'Australien Daniel Berehulak sur l'offensive du président philippin Rodrigo Duterte contre les narcotrafiquants. «Ses images sont très puissantes, dont une qui fait penser à une scène du réalisateur Quentin Tarantino. L'information est là et l'esthétique est parfaite», dit-il.

Il y a des images moins dramatiques, comme la série réalisée au Canada par le photographe italien Giovanni Capriotti sur les équipes de rugby qui intègrent des joueurs homosexuels. Ou les photos très artistiques de Michael Vince Kim sur l'histoire de ce millier de Coréens qui ont émigré en même temps au Mexique en 1905. Ou encore l'image spectaculaire du joueur de tennis français Gaël Monfils plongeant pour récupérer une balle lors des Internationaux d'Australie de 2016. Un cliché du photographe australien Cameron Spencer. 

Enfin, sur la mezzanine ont été placées plusieurs expositions complémentaires. Marché Bonsecours: 170 ans d'échanges raconte, en images, ce lieu historique du Vieux-Montréal. Karibu, bienvenue en République du Congo, d'Éric St-Pierre, évoque la condition des femmes, photos et statistiques à l'appui, dans ce pays africain. 

Images d'ici

Une petite salle expose des photos prises par 12 adolescents syriens récemment arrivés à Montréal. Premières impressions raconte leur nouveau quotidien, à la mosquée, sur le chemin de l'école, s'amusant avec des amis ou découvrant les saisons de leur nouveau pays. Une belle idée de l'atelier de photographie Flash Forward Photovoice.

Enfin, sur un écran, on peut découvrir des images du photoreportage effectué l'hiver dernier par le photojournaliste de La Presse Martin Tremblay sur les migrants qui traversent la frontière canadienne depuis l'élection de Donald Trump. Des Haïtiens, des Turcs, des Érythréens, des Djiboutiens, qui affrontent le froid glacial pour pouvoir se mettre à l'abri au Canada après avoir emprunté La route des possibles...

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Au Marché Bonsecours (325, rue de la Commune Est, Vieux-Montréal), jusqu'au 1er octobre. Tous les jours de 10 h à 22 h, sauf jeudi, vendredi et samedi, où l'expo est ouverte jusqu'à minuit. Entrée payante.




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