Festival Mural: Pantone à Station 16

Pantone, qui veut rester anonyme, se cache derrière... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Pantone, qui veut rester anonyme, se cache derrière son oeuvre Planar Direction 3, créée à l'aérosol sur panneau d'aluminium.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Pantone est de retour à Montréal, un an après sa participation à Mural 2016. La galerie Station 16 présente, jusqu'au 24 juin, neuf des nouvelles oeuvres graphiques et cinétiques de l'artiste espagnol d'origine argentine, que La Presse a rencontré pour l'occasion.

Pas de création monumentale à Montréal pour Felipe Pantone cette année dans le cadre du cinquième festival Mural. Il fera bien une petite peinture sur la marquise située au-dessus de l'entrée de Station 16, mais c'est à l'intérieur de la galerie que ça se passe à partir d'aujourd'hui.

L'artiste de 30 ans (qui porte le même nom que l'entreprise américaine de couleurs d'impression) continue d'alterner projets extérieurs de décoration murale et expositions, partout sur la planète. Très demandé, il a adoré son expérience à Montréal, l'an dernier, où il avait réalisé l'une des murales les plus originales de l'édition.

Avec cette signature Pantone faite de bandes noires et blanches qui se marient à des motifs géométriques et à des teintes vives rappelant un arc-en-ciel ou le drapeau LGBT, son style évoque l'art cinétique des années 60. 

Il l'a développé à partir de 2011 après 12 années de créations plus proches du graffiti (il a commencé à peindre dans les rues à l'âge de 12 ans). Un changement qui l'a rapidement propulsé parmi les plus grands muralistes de la planète.

Planar Direction 2, 2017, Pantone, aérosol sur panneau d'aluminium,... (Photo Bernard Brault, La Presse) - image 2.0

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Planar Direction 2, 2017, Pantone, aérosol sur panneau d'aluminium, 27,5 po sur 27,5 po

Photo Bernard Brault, La Presse

Pourquoi avoir opéré ce changement en 2011? «Pour me distinguer de tout ce qui peut attirer l'oeil dans la rue, de l'annonce d'un McDonald's jusqu'aux autres graffitis, répond-il. Du point de vue pictural, j'ai voulu établir un contraste avec ce qui existait en milieu urbain. Le noir et le blanc ont apporté ce contraste qui s'est amplifié par l'utilisation des éléments de l'art optique et cinétique.»

Ce n'est qu'après quelques années que Pantone s'est aperçu que son esthétique collait bien à l'art actuel, à la modernité graphique, et capturait littéralement l'attention des passants quand il y ajoutait des couleurs fluorescentes.

Oeuvres qui durent

Inspiré par le plasticien vénézuélien Carlos Cruz-Diez, Felipe Pantone est également féru du photographe catalan Joan Fontcuberta, dont il aime citer les propos selon lesquels il se produit aujourd'hui dans le monde plus d'images que nous ne sommes en mesure d'en découvrir. Une surproduction «qui oblige à créer des oeuvres puissantes qui durent», dit-il. Tout un défi pour un art éphémère.

Pour Montréal, il a donc choisi de décliner sa technique en présentant des oeuvres de petits formats regroupées sous le titre Planar Direction. «Après la murale extérieure de l'an dernier, continuer dans une galerie, c'est parfait, dit-il. Si j'avais fait une autre murale, ça n'aurait pas été aussi intéressant pour les gens, alors que passer d'une murale à une exposition, c'est un peu le sens de mon travail.»

Planar Direction 4, 2017, Pantone, aérosol sur panneau d'aluminium,... (Photo Bernard Brault, La Presse) - image 3.0

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Planar Direction 4, 2017, Pantone, aérosol sur panneau d'aluminium, 39,5 po sur 39,5 po

Photo Bernard Brault, La Presse

Les neuf oeuvres exposées à Station 16 ont été peintes dans son atelier de Valence, en Espagne. Il s'agit de créations sur panneaux composites en aluminium, des quadrilatères de forme variée révélant un mélange de graphisme et de couleurs fluo.

«Dans mon travail, j'essaie d'apporter de la nouveauté chaque fois dans mon style, avec des variables que l'on peut ressentir et un style formel différent.»

Des maillages, des grillages, des alignements de lignes horizontales, des sphères, des constructions labyrinthiques, des zébrures: les nouvelles peintures de Pantone sont un patchwork de formes modernes et attirantes. Des oeuvres qui donnent l'impression qu'un objet en trois dimensions côtoie des plans en deux dimensions.

Bien des projets

Nomade dans l'âme, Pantone n'est pas plus d'une semaine par mois dans son studio espagnol. Le reste du temps, il parcourt le monde, les festivals, les expos dans les galeries de Paris, de New York, de l'Australie ou du Panamá qui le diffusent.

«J'ai gardé l'attitude graffiti qui consiste à vouloir être connu dans son quartier, dans sa ville, dans son pays, puis dans le monde entier, dit-il. Je suis comme ça depuis tout petit. Mon objectif a toujours été de peindre et je veux être partout ! Je ne m'intéresse pas à l'argent, mais aux chemins différents que j'emprunte.»

Pour tester un nouveau chemin, Pantone a actuellement un gros projet en préparation pour Miami. Il y créera, en août, une oeuvre sculpturale monumentale en acier. «Je n'ai jamais rien fait de cette ampleur, dit-il. J'ai créé de petites sculptures pour des expositions en galerie, mais rien de tel puisque ce sera une sculpture haute comme une maison de trois étages.» On a hâte de voir ça...

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À la galerie Station 16 (3523, boulevard Saint-Laurent, Montréal), jusqu'au 24 juin.




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