Aislin au musée McCord: 50 ans de coups de crayon

Caricaturiste à The Gazette, Aislin fait l'objet d'une rétrospective... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Caricaturiste à The Gazette, Aislin fait l'objet d'une rétrospective au musée McCord à l'occasion de ses 50 ans de carrière. Au fil de 50 de ses caricatures les plus marquantes, le visiteur peut suivre un parcours qui résume l'actualité canadienne et québécoise du dernier demi-siècle.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

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Caricaturiste réputé de la Montreal Gazette, Aislin fait l'objet d'une rétrospective appuyée au musée McCord à l'occasion de ses 50 ans de carrière. L'exposition réunit ses 50 caricatures les plus marquantes en un parcours qui évoque l'actualité politique et sociale canadienne et québécoise du dernier demi-siècle.

Un des journalistes les plus influents du Canada anglais, Aislin (de son vrai nom Terry Mosher) a amorcé sa carrière au Montreal Star. Les portes d'Expo 67 venaient de se fermer. Le Québec était en pleine effervescence politique et sociale. 

La première caricature d'Aislin (placée au début de l'exposition) donne d'ailleurs une idée des changements de moeurs à venir. Datée du 11 décembre 1967, elle se moquait d'une descente de la police montréalaise à la Place des Arts. L'escouade des moeurs était venue accuser des danseuses guinéennes se produisant les seins nus de participer à un spectacle immoral !

Cette société québécoise en changement profond est un des cinq thèmes de l'exposition. On y trouve les dessins d'Aislin qui ont marqué l'époque 1967-1974. Leonard Cohen, qui vient de sortir son deuxième album et qui cartonne au Royaume-Uni. Michel Chartrand au banc des pénalités après avoir été arrêté pour « paroles subversives ». Pierre Elliott Trudeau en Capitaine Canada après l'imposition de la Loi sur les mesures de guerre. Ou encore le maire Jean Drapeau « enceint » après avoir dit qu'il était aussi impossible que les Jeux olympiques fassent un déficit que pour un homme d'attendre un bébé !

Un cours d'histoire

L'expo est, d'une certaine manière, un fascinant cours d'histoire illustrée du Québec et du Canada. « Avec ses bons et ses moins glorieux moments, dit Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction du musée McCord. Aislin sait faire rire, souvent un rire un peu jaune ! Aucun de nos politiciens n'échappe à son oeil acéré. » 

Parmi les dernières caricatures incisives d'Aislin, celle du maire Denis Coderre - croqué en un Fred Caillou préhistorique - semble appuyer la mine là où ça fait mal. Le maire pointe une souche d'arbre et lâche un : « Art ! » 

« Je trouve que Denis Coderre ressemble à Fred Flintstone, a dit Aislin, en conférence de presse. Il fait le même genre de face quand il est frustré ! »

Première caricature d'Aislin publiée dans The Montreal Star... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse) - image 2.0

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Première caricature d'Aislin publiée dans The Montreal Star du 11 décembre 1967. Aislin ironisait sur l'affaire des Ballets africains, célèbre cas de censure au Québec. Cinq jours plus tôt, la police de Montréal avait fait une descente à la Place des Arts pour accuser des danseuses guinéennes aux seins nus de participer à un « spectacle immoral ».

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

Surprendre le lecteur

Le dessinateur de la Gazette estime que ses meilleures caricatures sont celles où il est parvenu à surprendre le lecteur. Ce fut le cas de celle qui évoquait les « deux solitudes », publiée à l'époque du référendum de 1980. On y voit deux Québécois, l'un francophone, l'autre anglophone, se parler chacun dans sa langue : « Moi, je suis séparatiste », dit l'un. « Moi, je suis Capricorne », répond l'autre. 

Le caricaturiste de La Presse, Serge Chapleau, affirme que les dessins d'Aislin sont « la meilleure façon d'apprivoiser, de comprendre et de connaître le milieu anglophone montréalais ». Si ses caricatures n'ont jamais été tendres avec quiconque, Aislin estime que Montréal est la ville nord-américaine où la caricature journalistique est à la fois la plus développée et la plus respectée. 

« Un peuple qui sait rire de lui-même est un grand peuple. Merci, Aislin pour cette thérapie collective ! », a déclaré Christian Vachon, conservateur au musée McCord et commissaire de l'exposition.

Dessiner jusqu'à la fin

Le caricaturiste aura 75 ans cette année. Il ralentira ses activités à la Gazette l'an prochain, mais ne rangera pas son crayon pour autant. « Je pense dessiner quand je voyagerai pour faire des livres amusants dans lesquels je ne parlerai plus de politique ! », a-t-il dit à La Presse.

Aislin veut laisser la place aux jeunes caricaturistes. Que leur conseille-t-il ? « Allez sur l'internet ! C'est là que ça se passe maintenant ! »

Le public aura prochainement deux fois l'occasion de rencontrer Aislin au Musée McCord. Dans le cadre de Metropolis bleu, le 29 avril, à 11 h. Puis, le 26 juillet, à 18 h, lors d'une rencontre-discussion gratuite où il présentera son travail en animation. 

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Au musée McCord (690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal), jusqu'au 13 août.




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