Le MAC ouvre ses portes aux Impatients

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

L'organisme Les Impatients vient en aide depuis 25 ans aux personnes ayant des problèmes de santé mentale avec des ateliers de création. Pour marquer cet anniversaire, le président du Musée d'art contemporain de Montréal (MAC), Alexandre Taillefer, lui a ouvert les portes pour une exposition-encan. Rencontre avec le directeur général des Impatients, Frédéric Palardy, et la présidente d'honneur de l'exposition Parle-moi d'amour, Jo-Ann Kane, consultante en gestion de collections.

Le clown qui rit, 2016, Sylvia Nourry, crayon... (Photo fournie par Les Impatients) - image 1.0

Agrandir

Le clown qui rit, 2016, Sylvia Nourry, crayon feutre sur bois, 30,5 cm x 30,5 cm.

Photo fournie par Les Impatients

Comme un caillou dans un creux, 2005, Nicolas... (Photo fournie par Les Impatients) - image 1.1

Agrandir

Comme un caillou dans un creux, 2005, Nicolas Baier, épreuve à jet d'encre, 66 cm x 87 cm. Don de Véronique Riverin à la mémoire de Pierre Riverin.

Photo fournie par Les Impatients

Le MAC vous accueille pour vos 25 ans car la popularité de votre exposition-encan ne cesse d'augmenter... 

Frédéric Palardy : Le nombre de visiteurs augmente chaque année, tout comme les sommes récoltées et le nombre d'artistes qui participent. Cette année, ils sont 140 artistes professionnels et 125 artistes des Impatients. Sans compter 50 dons d'oeuvres d'art. 

Avec des oeuvres provenant d'artistes renommés tels que Chagall, Riopelle, Alleyn, Szilasi, Molinari, Valérie Blass, Nicolas Baier, Doyon-Rivest ou encore Patrick Bernatchez. Et la visite est gratuite... 

Jo-Ann Kane : Effectivement. L'entrée pour participer à l'encan silencieux est gratuite. S'ajoute un encan à la criée lors de la soirée de clôture, le 29 mars à 17 h 30, pour une trentaine d'oeuvres. 

Pourquoi présenter côte à côte les oeuvres de professionnels souvent prestigieux et d'autres créées par les patients fréquentant vos ateliers ?

JAK : Pour montrer qu'il n'y a pas de clivage mais une grande liberté, une grande ouverture. Je suis souvent touchée par les créations des Impatients. Une oeuvre d'art, qu'elle soit faite par un professionnel ou pas, son rôle est de toucher et de faire réfléchir. D'ailleurs, je me fais prendre parfois. Je pense que l'oeuvre que je regarde a été créée par un artiste professionnel et ce n'est pas le cas ! Il y a des Impatients plutôt talentueux.

Que racontent les Impatients dans leurs créations ? 

FP : Ils parlent de leur existence. Ils expriment beaucoup d'humour, de la dérision et ne parlent pas seulement de leur condition. 

Jo-Ann, vous êtes impliquée depuis plusieurs années avec les Impatients. Cette cause vous touche particulièrement ? 

JAK : Oui, car la santé mentale, de plus en plus démystifiée, est une cause importante. Et parce que les Impatients, c'est un endroit de liberté pour les gens atteints de maladie mentale. On n'y parle pas de leur maladie. Ils sont entourés par des art-thérapeutes ou des artistes professionnels qui leur permettent de sortir de leur quotidien. 

FP : Certains ex-Impatients nous disent que ces ateliers leur ont sauvé la vie. Un patient m'a dit récemment qu'avant de venir aux ateliers, il avait une « anti-vie ». Nos 11 ateliers brisent la solitude et leur permettent de créer. 

Comment mesure-t-on l'efficacité de vos ateliers de création ?

FP : Les hôpitaux collaborent avec nous depuis près de 25 ans. Les psychiatres nous réfèrent de plus en plus de patients. On en a 600 par semaine dans nos ateliers. Une étude a montré que 85 % des Impatients ont vu leur état s'améliorer. Dans 63 % des cas, cela a permis de diminuer l'hospitalisation. Même l'armée canadienne pourrait être intéressée pour les militaires ayant un stress post-traumatique. 

Les Impatients ont quels types de problèmes de santé ? 

FP : Il y a des schizophrènes, des gens en dépression temporaire, des bipolaires, des personnes qui font des crises de panique ou ont des anxiétés. 

Votre budget annuel de 1,2 million est financé comment ? 

FP : Les hôpitaux et les fondations d'hôpitaux paient pour les ateliers. On reçoit aussi de l'argent du programme de soutien aux organismes communautaires. Les quatre événements Parle-moi d'amour (Drummondville, Longueuil, Montréal et Verdun) permettent de recueillir environ 225 000 $. Mais les entreprises privées n'aident pas beaucoup. On est apprécié mais pas très aidé par le privé. 

Après 25 ans d'existence et l'ouverture de 11 ateliers, vous souhaitez grossir encore ? 

FP : Oui, on veut aller où sont les besoins. Grossir pour être autosuffisant. Créer des ateliers pour le privé, payés par les assureurs, et des ateliers mobiles dans les régions éloignées. Desservir d'autres genres de patients. Les militaires, les enfants. Enfin, soutenir les personnes qui encadrent nos Impatients, car c'est tout un travail. Si ça fonctionne, c'est surtout grâce aux animateurs des ateliers qui font un travail exemplaire... 

Parle-moi d'amour, exposition-encan des Impatients, au Musée d'art contemporain de Montréal (185, rue Sainte-Catherine Ouest), jusqu'au 29 mars. Mardi, samedi et dimanche, de 11 h à 18 h ; mercredi, jeudi et vendredi, de 11 h à 21 h. Entrée gratuite.




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer