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Prix Louis-Comtois et Pierre-Ayot: Aude Moreau et Nicolas Grenier récompensés

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La Ville de Montréal, en partenariat avec l'Association des galeries d'art contemporain, a décerné, hier, ses prix annuels en arts visuels. Récompensant un artiste au mitan de sa carrière, le prix Louis-Comtois 2016 a été remis à Aude Moreau. Nicolas Grenier a obtenu le prix Pierre-Ayot qui souligne l'excellence d'un artiste émergent.

Le jury des prix Pierre-Ayot et Louis-Comtois était, cette année, constitué de la directrice artistique de la Fonderie Darling, Caroline Andrieux, de l'artiste Nicolas Baier, de Marie-Ève Beaupré, conservatrice de la collection du Musée d'art contemporain de Montréal, de Marie Fraser, professeure d'histoire de l'art à l'UQAM et de Judy Strapp, conservatrice de la collection Claridge. Ce comité d'experts s'est penché sur près d'une centaine de dossiers de candidature.

Le jury a choisi Aude Moreau pour le prix Louis-Comtois assorti d'une bourse de 7500 $. L'artiste montréalaise d'origine française a été préférée à Mathieu Beauséjour et Nelson Hendricks. Le jury a souhaité « récompenser le parcours d'une artiste audacieuse [...] qui crée en usant du détournement, qui questionne la société du spectacle, la privatisation de l'espace public et la domination des pouvoirs économiques sur l'état du monde actuel ».

Aude Moreau est ravie de remporter le Louis-Comtois. Elle succède à Nicolas Baier, Patrick Bernatchez, Marie-Claude Bouthillier et autres Valérie Blass.

«C'est quand même un prix de référence et ça reconnaît la qualité du travail.»

Performances, interventions, installations, photo, vidéo, Aude Moreau, qui a eu 47 ans lundi, colore notre territoire artistique depuis son arrivée au Québec en 1989, un an avant le décès du peintre Louis Comtois, passionné comme elle par la lumière.

En 2015, à la galerie de l'UQAM, Aude... (Photo Olivier Jean, La Presse) - image 2.0

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En 2015, à la galerie de l'UQAM, Aude Moreau avait repris la grande sculpture cubique Die, de l'artiste minimaliste Tony Smith pour en faire une version miniature associée à un assemblage de musiques de générique de films de fin du monde.

Photo Olivier Jean, La Presse

Tapis de sucre

On doit à Aude Moreau ses tapis en sucre réalisés notamment à la Fonderie Darling en 2008. Après avoir été présentée à l'UQAM, son expo La nuit politique (notamment le film The End in the Background of Hollywood) l'a été au Centre culturel canadien de Paris, il y a un an, puis au Power Plant, à Toronto, et au Luxembourg, depuis septembre et jusqu'au 8 janvier. 

Qu'Aude Moreau soit récompensée en cette fin d'année 2016, c'est aussi une prise de position en faveur d'un «monde plus éclairé et moins pesant sur la pensée», pour reprendre les mots de la commissaire et historienne Louise Déry, qui a signé un catalogue consacré à Aude Moreau. «Il y a un an, on était dans un espoir progressiste et paf, on retourne encore dans l'obscurantisme, dit Aude Moreau. La question que je pose, c'est "comment on va faire?" Car le langage de l'art doit rester complexe. C'est sa richesse...»

Prix Pierre-Ayot

Pour le prix Pierre-Ayot, garni d'une bourse de 5000 $, Nicolas Grenier était dans la course aux côtés de Karen Kraven et de Guillaume Adjutor Provost. Le jury a justifié son choix en disant vouloir «souligner la pertinence d'un artiste qui conjugue habilement le visuel et le théorique, le philosophique et le poétique».

Travaillant souvent aux États-Unis, notamment à Los Angeles, Nicolas Grenier a marqué les esprits en 2014 à la Biennale de Montréal avec son installation architecturale Promised Land Template, une oeuvre esthétique et humaniste sur les populations apatrides. 

L'été dernier, il a signé Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, un projet original réalisé sur l'espace d'exposition Sightings de Concordia et pleinement en phase avec le genre de réflexions qu'exprimait Pierre Ayot dans ses oeuvres.

«Quand je regarde ce qu'il a fait à son époque, ou ce qu'ont fait les signataires de Refus global, ça me fait beaucoup penser à la responsabilité d'être un artiste aujourd'hui. Quand je vois ce qui s'est passé cet été avec La Croix du Mont-Royal de Pierre-Ayot, je me dis que les arts auront toujours un côté politique. Et surtout aujourd'hui avec ce qui se passe dans le monde.»

L'artiste de 34 ans se réjouit de succéder à Julie Favreau, Kim Waldron, Jacynthe Carrier et à Jon Rafman qui a gagné le prix l'an passé. «C'est quand même impressionnant, avec la carrière internationale qu'a Jon Rafman, dit Nicolas Grenier. Après David Altmejd, c'est peut-être le plus exposé sur la scène internationale. Alors, ça fait plaisir!»

Nicolas Grenier présentera, au Centre Clark en mai prochain, une version de la performance qu'il a livrée à la Triennale de Bruges l'an dernier, puis de nouvelles oeuvres chez son galeriste montréalais, Antoine Ertaskiran, à l'automne. Un galeriste particulièrement honoré, hier, puisqu'il représente les deux lauréats ainsi qu'un des finalistes, Mathieu Beauséjour. Un beau coup de filet pour la galerie de Griffintown.




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