Cozic à Longueuil: 50 ans d'incursions...

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Un an après avoir obtenu le prix Paul-Émile-Borduas qui couronnait ses 50 ans de carrière, l'artiste «bicéphale et quadrumane» Cozic célèbre cet honneur dans sa chère ville de Longueuil jusqu'au 22 décembre avec une expo dont le titre résume bien le parcours innovant de Monic Brassard et Yvon Cozic, Un étonnant voyage...

Yvon Cozic et Monic Brassard sont ensemble - à l'atelier comme dans la cuisine! - depuis 50 ans. Et leur énergie créative n'a pas perdu un kilowattheure. On le constate en visitant cette exposition de Cozic à la maison de la culture de Longueuil où sont rassemblées quelque 30 oeuvres de ce couple d'artistes visuels québécois, le premier à avoir travaillé en duo.

Dans une salle, Cozic a rassemblé plusieurs de ses oeuvres créées autour du thème de la cocotte en papier à la fin des années 70. Boomerang de l'enfance, ce thème à première vue simpliste et devenu obsessif, il l'avait décliné de bien des façons pendant deux ans. Cocottes kamasutra s'enchâssant l'une dans l'autre, cocottes en peluche, en tissu, en vinyle, cocotte, expression d'une démonstration mathématique, cocottes en forme de chevalet, en forme de bateau, cocotte bijou et même des cocottes parasitant l'histoire canadienne sur des cartes postales envoyées à Pierre Théberge, alors directeur de la «Galerie nationale du Canada»!

Une cocotte majeure dans la production de Cozic puisque le pliage a par la suite fortement influencé sa démarche, avec notamment ses pliages de carton d'emballage. 

Les orphelins

La deuxième salle de l'expo contient des oeuvres récentes sauf Les orphelins, création de boudins en tissu et en peluche de 1973 avec lesquels les visiteurs peuvent interagir. Les flatter. Les caresser. En enrouler un autour du cou. Une réaction qui révèle la personnalité du visiteur (indique un écriteau sur le mur), mais aussi pour le plaisir de toucher, car Cozic aime éveiller nos sens.

«Toucher permet aux gens de s'approcher au plus près de la création. Il n'y a pas que l'oeil pour percevoir les choses», estime Monic Brassard.

Récentes, les autres oeuvres de la salle sont des réflexions sur l'être humain, sur sa fragilité, sur l'écologie ou encore sur la science avec Le trou noir, installation qui ressemble à une séance spirituelle de personnages qui, assis par terre, semblent participer à une quête d'harmonie.

Cocotte postale, 1978, Cozic, bois peint, papier kraft,... (Photo Olivier Jean, La Presse) - image 2.0

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Cocotte postale, 1978, Cozic, bois peint, papier kraft, ficelle, écriture, timbrage, étiquettes, 28 cm x 28 cm x 3 cm.

Photo Olivier Jean, La Presse

Un étonnant voyage

À côté, l'oeuvre éponyme de l'exposition est une installation de petites valises qui transportent «la joie», «le mensonge», «la peine» ou encore «la passion». Comme le voyage de chaque être humain. Une oeuvre qui a été réalisée, comme le plus souvent par Cozic, en recyclant des objets.

Autre oeuvre intéressante, L'escargot géomètre dont on retrouve la coquille sur des images de calendrier sur lesquelles ont été dessinées des formules scientifiques. Allégorie, là aussi, de la condition humaine qui progresse pianissimo et dans tous les sens, laissant, comme pour le gastéropode, une trace de son passage d'une pérennité relative.

Performances

La dernière salle de l'expo rappelle que Cozic souligne fort souvent ses vernissages par de courtes performances, des clins d'oeil révélateurs de son caractère ludique et convivial. On y trouve des vidéos des performances Lancer du mikadoLa souris tamponneuse et le requin de la fine nuance et Les onomatopées en code couronne. Des vidéos qui illustrent les forces tranquilles de Cozic sur la planète de l'imagination. Une imagination débordante qui s'inspire du quotidien et produit des corpus aussi amusants qu'originaux et pertinents.

«On arrive à s'étonner nous-mêmes, dit d'ailleurs Yvon Cozic. C'est ça qui est formidable.» «Dans chaque oeuvre, il y a une partie de l'autre, ajoute Monic Brassard. Et on la redécouvre toujours. Et puis, travailler 50 ans ensemble, c'est aussi étonnant! Car c'est presque du 24 heures ensemble et 50 ans à avoir des choses à se dire!»

La force du toucher

Aujourd'hui, Cozic accueille les nouvelles technologies avec réserve. «On a encore besoin de toucher et de manipuler, dit Monic Brassard. Pour nous, l'important c'est le quotidien, le rapport entre les gens et que les gens soient conscients de leur environnement. La beauté n'est pas que dans les musées.»

Une monographie sur Cozic sortira l'an prochain aux Éditions du passage. Afin de retracer le cheminement de ces deux étudiants, en gravure pour l'une, en peinture pour l'autre, qui ont accordé leurs fibres artistiques dans les années 60 pour entreprendre, avec singularité, une étonnante incursion dans l'art.

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Un étonnant voyage, de Cozic, à la maison de la culture de Longueuil (300, rue Saint-Charles Ouest, Longueuil), jusqu'au 22 décembre.




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