Quand les naturistes s'invitent au musée

À Sydney en 2015, quelque 150 personnes ont participé à... (Photo Christo Crocker, fournie par la National Gallery of Australia)

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À Sydney en 2015, quelque 150 personnes ont participé à trois matinées nudistes en découvrant la rétrospective de l'artiste James Turrell, un spécialiste des éclairages, à la National Gallery of Australia.

Photo Christo Crocker, fournie par la National Gallery of Australia

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Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Pour un soir seulement, les amateurs d'art et de naturisme pourront combiner leurs passions en visitant l'exposition de Robert Mapplethorpe dans leur plus simple appareil.

Avec cette activité inusitée, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) s'inscrit dans le sillage de nombreuses institutions muséales qui organisent des visites expérientielles où l'on peut faire du sport, dormir, humer les murs, fumer et... draguer.

Le 13 octobre, une centaine de participants revêtiront leur tenue d'Ève ou d'Adam pour entrer en contact autrement avec les oeuvres du photographe américain Robert Mapplethorpe, reconnu pour sa valorisation de la beauté des corps sous toutes leurs formes.

«On ne parle pas ici de voyeurisme ni d'exhibitionnisme, mais d'une expérience vécue par le corps et les sens avec une liberté d'être. Le fait d'enlever ses vêtements est une façon de se représenter soi-même et d'affirmer son corps», explique Thomas Bastien, chef de l'éducation et de l'action culturelle au Musée des beaux-arts de Montréal.

La métropole est prête à accueillir une telle activité, selon lui. «Montréal est une ville ouverte d'esprit avec des antécédents d'événements nudistes. À quelques reprises, des cyclistes ont fait du vélo sans vêtements, et on se souvient encore du rassemblement devant le Musée d'art contemporain pour la photo de Spencer Tunick en 2001.»

Une tendance mondiale

Les dirigeants de l'institution n'ont visiblement pas peur d'entacher leur aura de prestige. «Depuis des années, la directrice Nathalie Bondil s'efforce de démocratiser l'art, note Thomas Bastien. Nous pensons que le musée doit être un reflet de la société et de la diversité de ses publics. Et puis, partout dans le monde, les musées évoluent.»

En effet, le MBAM n'est pas le premier à permettre aux visiteurs de déambuler à découvert. En 2005 et en 2013, le Leopold Museum de Vienne a permis aux visiteurs de se dénuder à l'entrée pour accéder aux expositions The Naked Truth et Nude Men.

«Ces expositions étaient uniques et fabuleuses, se souvient Klaus Pokorny, relationniste au Leopold Museum. Les soirées nudistes étaient organisées très simplement, mais elles ont eu un effet monstre ! Les médias d'Autriche et de la planète entière en ont beaucoup parlé!»

Il affirme que l'activité était parfaitement en phase avec la direction artistique du musée. «Nous sommes une institution libérale, et certaines de nos oeuvres sont extrêmement radicales. Parfois, on peut oser des initiatives du genre, tout en demeurant cohérents.»

Pour adultes consentants

Avant de se lancer, l'équipe du MBAM a contacté la National Gallery of Australia, qui a tenu une activité nudiste en avril 2015. «Ils nous ont confirmé qu'il n'y avait eu aucun incident et que cela avait été une expérience remarquable», souligne M. Bastien. Ce dernier tient à rappeler que la soirée montréalaise est privée et pour adultes consentants.

«On fait confiance aux participants pour vivre le tout dans le respect.»

À Sydney, quelque 150 personnes ont participé aux trois matinées nudistes en découvrant la rétrospective de l'artiste James Turrell, un spécialiste des éclairages. «Turrell voulait nous rappeler que les humains absorbent la vitamine D de la lumière par les pores de leur peau. Et il encourageait les gens à retirer les barrières matérielles entre son travail de la lumière et eux», résume Caitlin Brown, responsable des communications à la National Gallery of Australia.

Comme c'est le cas à Montréal, les places offertes lors des visites nudistes en Australie se sont envolées comme des petits pains. Et les réactions du public étaient très émotives. «Au début, les visiteurs nous disaient à quel point ils étaient nerveux. Mais après un certain temps, ils se sentaient à l'aise au sein du groupe et entièrement libres de vivre cette visite différemment.»

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