Chantal Pontbriand quitte ses fonctions au MOCA

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Chantal Pontbriand avait été accueillie avec faste au poste de directrice et présidente du MOCA, l'automne dernier. Les raisons de son départ, annoncé vendredi, non pas été divulguées.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

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Nommée l'automne dernier directrice et présidente du MOCA, le nouveau musée d'art contemporain de Toronto qui ouvrira ses portes en 2017, la commissaire québécoise Chantal Pontbriand quittera son poste jeudi. Stupéfiante, l'annonce en a été faite par le musée vendredi. Mme Pontbriand réserve pour l'instant ses commentaires.

Un petit tour et puis s'en va. Chantal Pontbriand n'aura pas fait long feu à Toronto. Nommée en octobre dernier à la direction et à la présidence du Museum of Contemporary Art_Toronto_Canada (MOCA), la commissaire montréalaise avait pris à bras-le-corps l'ambitieux projet de créer dans la Ville Reine le plus expérimental et le plus multidisciplinaire des musées d'art contemporain. 

L'hiver dernier, elle avait donné à Toronto une conférence fort courue à laquelle assistait la crème des arts et des universités de la capitale ontarienne. C'est avec faste qu'elle avait été accueillie à ce poste prestigieux, car Chantal Pontbriand représentait un atout majeur pour doter Toronto d'une institution muséale d'art contemporain de calibre international. 

L'expérience de Mme Pontbriand au Tate Modern de Londres (2010-2011) ou encore récemment à la Sorbonne laissait augurer de grandes choses pour ce nouveau MOCA, qu'elle voyait devenir une référence de l'art muséal au XXIe siècle. 

Hier, le musée torontois n'a pas rappelé La Presse. Par contre, Chantal Pontbriand a dit, par courriel, être «désolée» de ne pouvoir expliquer «en ce moment» les raisons de son départ. «Néanmoins, il me semble nécessaire de faire connaître ce projet», a-t-elle ajouté. 

Inauguration en 2017

Un premier volet de l'institution que Chantal Pontbriand a élaborée sera inauguré en mai 2017 à l'intérieur d'un édifice centenaire, le Tower Automative Building, dans le quartier ouest de Toronto. Le MOCA découle du Museum of Contemporary Canadian Art. L'ambition torontoise aura été de le déménager de la rue Queen et de le réinventer grâce notamment au soutien d'un homme d'affaires amateur d'art, Alfredo Romano.

Récemment, Chantal Pontbriand avait dit à La Presse que le nouveau MOCA serait vraiment contemporain, ne collectionnant que des oeuvres de son temps.

«L'idée sera, dès la première exposition, d'axer le musée sur un processus de coproductions et de gestation de nouvelles oeuvres plutôt que sur des acquisitions d'oeuvres existantes comme font beaucoup de musées en faisant le tour des galeries et des foires. Notre but sera de faire exister une collection.»

Le Tower Automative Building, édifice qui accueillera le... (photo fournie par le musée) - image 2.0

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Le Tower Automative Building, édifice qui accueillera le Museum of Contemporary Art_Toronto_Canada, en 2017, dans l'ouest de la Ville Reine

photo fournie par le musée

Un musée de partage

Le MOCA façon Pontbriand ne devait pas être un musée comme les autres, mais un musée avec les autres. Partage avec d'autres musées, d'autres organismes, les communautés artistiques et les communautés culturelles de Toronto. 

Ce devait être un musée vivant. Chantal Pontbriand a toujours été dans le live. L'artiste Tino Sehgal a d'ailleurs qualifié la commissaire de «live curator», une expression identifiant une sorte d'adepte d'une certaine attitude par rapport à l'art et par rapport au temps plus que par rapport à l'espace. 

Un musée d'expériences

Avec «son» MOCA, on devait être dans le déroulement et l'expérience, et non dans le cadre et l'objet fixe. «La question de l'expérience est d'autant plus importante, avait-elle dit, qu'on est dans un monde supposément immatériel au sein duquel on peut perdre le contact avec la réalité. Au MOCA, on essaiera d'être en contact avec la réalité tangible, en échangeant avec l'autre.» 

Chantal Pontbriand souhaitait orienter le MOCA vers un «vivre l'art ensemble», vers une agora ouverte à tous, où la danse aurait une grande place et qui permettrait aux visiteurs d'être parfois des commissaires d'un jour. 

«Des chercheurs et des programmateurs pourront accueillir des gens, autant des artistes que monsieur Tout-le-Monde», disait-elle. Cette recherche de connexions et de créations expérimentales devait mener à des rencontres, des ateliers, des expositions en ligne, des conférences, etc. Des initiatives qui devaient générer une dimension énergique, volatile et organique au MOCA. 

Chantal Pontbriand partie, que restera-t-il de ce souffle original?

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