Tricia Middleton: destruction créative

Justine de Tricia Middleton est présentée jusqu'au 13 février... (PHOTO FOURNIE PAR LA GALERIE ANTOINE ERTASKIRAN)

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Justine de Tricia Middleton est présentée jusqu'au 13 février à la galerie antoine ertaskiran.

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Mario Cloutier

L'oeuvre de Tricia Middleton continue d'explorer les liens entre destruction et création de belle façon à la galerie d'Antoine Ertaskiran. Une première apparition chez ce galeriste qui s'avère exultante.

Après s'être inspirée de Gogol pour son exposition au MAC (Dark Souls) en 2009, Tricia Middleton revisite Sade et son roman Justine. Et, détrompez-vous, ce n'est pas le «sadisme» comme pratique sexuelle qui intéresse ici l'artiste montréalaise.

Le livre publié en 1791 porte le sous-titre Les malheurs de la vertu. C'est bien de la vertu des malheurs, ou de l'autodestruction créative, que nous parle ici la sculpteure. 

Tricia Middleton délaisse ici le styromousse de Dark Souls pour la cire comme matériau de construction. Elle ne fait plus tant dans l'architecture, non plus, que dans la mise en scène et l'installation en multipliant les points de vue. 

Il y a toujours cette idée de déconstruction, de décomposition, après tout «quelque chose doit se briser pour exister», écrit l'artiste dans le texte d'accompagnement. Et c'est dans l'assemblage d'objets épars, leur fusion, que la création se fait jubilatoire. 

Entre joie et douleur

«Feeling is pain», peut-on lire sur une des pièces évoquant Paris. Middleton joue ainsi habilement sur la mince ligne séparant la douleur de la destruction de l'ambivalente joie de créer/recréer. 

Ça se voit et ça se sent, littéralement pour ce qui est de la cire, dans les coulages et assemblages recréant des formes humaines ou animales. Tissus, bibelots, bijoux, bois, plantes sont recouverts d'une matière organique vivifiante privilégiant les couleurs pastel. 

Dans une petite salle, le spectateur est placé face à une forêt de personnages faisant penser à des gnomes colorés. Ils pourraient faire peur s'ils ne débordaient pas d'une énergie mystérieuse, créée par l'entrelacement des coulées de cire.

Dans ces mises en scène évocatrices, il y a bien quelques traces d'un théâtre des cruautés (doigts coupés, moulures en forme de sein, crânes, bouteilles vides...), mais on visite presque ici les paradis artificiels de Baudelaire.   

Comme la magnifique tête qui n'en est pas une, intitulée Dream Rock, c'est d'inspiration et de création que nous parle finalement Tricia Middleton. 

L'objet peut mourir, mais il peut être volcan aussi. Exultant. 

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Justine de Tricia Middleton est présentée jusqu'au 13 février à la galerie Antoine Ertaskiran (1892, rue Payette).

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