Artêria: l'art d'exporter l'art

Une vue de l'intérieur de la galerie Artêria,... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Une vue de l'intérieur de la galerie Artêria, avec des oeuvres de Nick Morris, Christian Dorey, Petra Svoboda et Marie-Ève Proteau.

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Se consacrant à la vente d'oeuvres d'artistes québécois sur le marché international et à la visibilité d'artistes non canadiens au Québec, la galerie Artêria de Bromont est en pleine croissance, présentant chaque année ses poulains dans une quinzaine de foires d'art contemporain à l'étranger.

Dans sa petite maison de Bromont, dans la très fréquentée rue Shefford, la galerie Artêria a accroché quelques oeuvres des artistes qu'elle représente. Mais la plupart sont dans ses chambres fortes ou déjà expédiées vers la prochaine foire d'art internationale.

L'espace commercial d'Artêria fait un peu capharnaüm. Rien à voir avec les cubes blancs des galeries de l'édifice Belgo, à Montréal. La galerie expose des créations, mais tient aussi à vendre du matériel d'artiste, des objets d'artisanat et toutes sortes de bricoles dans le but d'élargir sa clientèle.

Créée en 2008 par Geneviève Lévesque - qui a étudié le cinéma et l'histoire de l'art à l'UQAM -, Artêria est une des rares galeries au Québec à avoir fondé sa réussite sur ses ventes réalisées à l'extérieur, soit 95 % de son chiffre d'affaires.

Artêria a forgé son succès en se rendant dans des foires d'arts visuels en Chine, à Londres, Hambourg, Buenos Aires, New Delhi, Tokyo, Sydney, Istanbul ou New York. Des foires où la galerie a déjà vendu plus de 110 tableaux en cinq jours...

«Au début, on voulait donner à des artistes québécois l'occasion d'exposer à l'étranger et d'y trouver une crédibilité. On a donc d'abord commencé par exporter. Ensuite, on a ouvert la galerie!»

Les premiers artistes à bénéficier de ce coup de pouce furent Martin Cournoyer, Fred Joyal, Nathalie Bergeron, Geneviève Gamache et Christian Dorey, conjoint et associé de Geneviève Lévesque, qui travaille en photographie, sérigraphie et peinture. Des artistes peu connus au Québec, mais qui sont parvenus à se faire connaître à l'étranger, dans des foires où les oeuvres se vendent à des prix abordables.

Puis, Artêria a peaufiné sa stratégie, cherchant à ce que sa trentaine d'artistes - dont 80 % de Québécois - soit conforme aux exigences des différents marchés étrangers. Ses artistes ont ainsi appris à tenir compte de la demande extérieure, par exemple à créer des oeuvres de petit format pour l'Asie où les maisons sont généralement plus petites que chez nous. Ou à choisir des couleurs et des styles qui conviennent mieux à certaines cultures.

«Nos artistes Annabelle Marquis et Dominique Desmeules conviennent par exemple bien mieux à un public asiatique que Nathalie Boissonnault, qui plaît plus à des collectionneurs new-yorkais», dit Mme Lévesque.

Une galerie en croissance

Artêria a récemment créé un poste de responsable du développement des affaires. Sorti de HEC, Jonathan Auclair a pour mandat d'accentuer la vision business de l'entreprise. La galerie compte désormais cinq employés, ce qui lui permet de participer à deux foires en même temps. 

«En septembre, on sera trois employés à New York et les deux autres à Séoul, puis ce sera Hong Kong en octobre et ensuite Singapour», dit Geneviève Lévesque, qui reçoit de 300 à 400 CV d'artistes chaque année. Des artistes émergents et d'autres plus âgés en quête d'une meilleure commercialisation.

Contrairement à la plupart des galeries d'art contemporain, Artêria ne présente jamais de nouveaux corpus d'artistes dans le cadre d'un vernissage solo. Souhaitant rejoindre l'Association des galeries d'art contemporain (AGAC), Geneviève Lévesque réfléchit toutefois à cette avenue, même si son marché est hors du Canada.

«On est allé au Toronto International Art Fair à quelques reprises et au Love Art Fair de Toronto, dit-elle, mais ce n'est pas viable, compte tenu de nos objectifs. On aime mieux se donner plus de trouble, faire plus de millage, mais aller chercher un rendement plus intéressant pour le même investissement.»

Quels artistes?

En ce moment, Artêria présente des oeuvres d'Adèle Blais - une artiste de Sherbrooke -, notamment Être c'est danser, une toile d'acrylique et d'huile constituée de deux personnages dont les corps bariolés sont faits d'une sorte de courtepointe de différents motifs. Adèle Blais a déjà vendu ses oeuvres au Danemark, en Irlande, à Miami, Londres et New York.

Peintre d'origine française, Virginie Bocaert fait partie de l'écurie Artêria depuis quelques mois. Connue pour ses portraits de femmes (souvent elle-même) portant de grandes robes flottantes, elle est représentée par Thompson Landry à Toronto. On peut admirer Mon paradis dans la galerie de Bromont, une acrylique sur panneau de bois représentant une femme couchée sur le côté et dont les cheveux cachent une partie du visage.

Artêria vend aussi les «morceaux de rue» du duo bordelais Cyen (Claire et Yohann Gloaguen), des assemblages sérigraphiés dans lesquels on retrouve des oeuvres de street art. On peut apercevoir la griffe de Miss Me et Turtle Caps dans une des oeuvres exposées à la galerie. Belle oeuvre aussi qu'Urbain-299 du Montréalais Thierry Hoyau qui utilise du métal de voiture brûlée pour figurer ses gratte-ciel.

Intéressantes également les créations du Montréalais Moriello, designer graphique inspiré par le cinéma et la pixellisation. Ses images imprimées sur papier photo représentent des stars telles que Marilyn Monroe ou Sophia Loren, mais on ne les perçoit que selon un certain angle. Il a beaucoup de succès à New York.

Parmi les autres artistes exposés chez Artêria, citons Maryline Lemaitre, Mélanie Lefebvre, l'Australienne Petra Svoboda, Pierre-Luc Déziel (et ses peintures en trois dimensions), Marie-Ève Proteau (une galerie de Corée vient de lui acheter 20 toiles!), l'Américain Mr. Revrac (alias Chris Carver et ses pièces électroniques) ou encore le photographe suisse Jean-Paul Cattin.

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À la galerie Artêria (625, rue Shefford, Bromont).

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