La virée des galeries: Cyrcle à la galerie Station 16

Rabi (né David Torres) et Davey Detail (né... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Rabi (né David Torres) et Davey Detail (né David Leavitt) sont les deux membres du duo artistique Cyrcle fondé en 2010 pour créer des oeuvres combinant design et art actuel.

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Le duo californien Cyrcle - qui avait réalisé la murale Slave, l'an dernier au festival Mural - est de retour à Montréal pour une expo à la galerie Station 16. Les dernières oeuvres de Davey et Rabi découlent d'une thématique, Nothing Exists!, présentée en extérieur, en mars à Los Angeles et la semaine dernière à Manille, aux Philippines.

Davey Detail a étudié en arts graphiques au San Francisco Art Institute. Rabi (né David Torres) s'est formé à l'école de la rue. Tous deux ont fondé Cyrcle le 10-10-10. Une union qui a voulu dès le début croiser l'art et le design. 

Le cercle étant pour eux la représentation parfaite d'une vie équilibrée, Cyrcle veut créer des oeuvres inspirantes. Ils ont défini leur démarche dans un « manifeste » qui commence par « We Left Our Families » et s'achève par « We Never Die », une profession de foi qui a passablement circulé sur les réseaux sociaux.

« Dès le départ, on a voulu créer de l'art basé chaque fois sur une idée », dit Rabi. « L'art est le concept, tandis que le design est notre composition », ajoute Davey.

«Quand tu as quelque chose à dire, essaie de le présenter de la meilleure des façons. Comme pour la gastronomie. L'art, c'est ce qui donne le goût dans l'assiette.»

Davey Detail

Cyrcle souhaite connecter les êtres humains grâce à l'art. Ils veulent créer des oeuvres en se laissant inonder par des « flots de lumière », en un mot par l'amour. On peut les prendre pour des naïfs, de beaux parleurs ou des rêveurs, mais quand on considère les pas de géant du duo qu'a faits leur notoriété en moins de cinq ans, la recette semble fonctionner.

Exposant en galeries tout en réalisant des murales, Cyrcle fait des oeuvres esthétiques comprenant des slogans ou des constructions graphiques léchées et claires. Il ne répète jamais le même concept, hormis celui de dualité, omniprésent. Chaos et ordre. Positif et négatif. Etc.

Après leur oeuvre Slave de 2014 (un temple grec tiré de leur expo Overthrone - Pooring Reign sur les symboles de pouvoir, présentée à Londres en 2013), ils se sont intéressés à l'existence, au sens de vie et de... réflexion sur la vie. Le sous-titre de Nothing Exists! s'intitule See Blind. Hear Silence. Feel Truth. L'expo découle d'un travail mural effectué dans le quartier Playa Vista de Los Angeles en mars. 

Un style qu'ils ont repris récemment avec une grande murale horizontale créée à Manille, aux Philippines.

LE TEMPS ET L'ESPACE 

À Montréal, ce sont une trentaine d'oeuvres qui illustrent leur recherche de Nothing Exists! Les oeuvres présentées (dans des tons vert d'eau, blanc et noir) explorent l'astronomie, la recherche fondamentale sur la matière, le trou noir et la création de l'univers. La sculpture murale Time and Space, en blocs rectangulaires, rappelle les créations de leur exposition Organized Chaos, en 2012, à Los Angeles. Un mélange d'évocation et de structuration de la matière.

Magnifiques, leurs trois oeuvres en pierre ponce Tau Ceti, Gliese et Kepler représentent des paysages montagneux d'étoiles lointaines. De leur côté, les cadres Ouroborus, Contrained et Pinnacle reprennent la symbolique des cartes topographiques ou géophysiques avec leurs lignes d'égale valeur.

Très méditatives, les trois oeuvres Alpha, Limbo et Omega font chacune penser à un cosmonaute dont le corps est enroulé sur lui-même, avec une tête de planète dont la coupe laisse voir le noyau central.

Cyrcle a remporté un succès notable aux États-Unis, en Europe et en Asie, mais le duo garde les pieds sur terre. « En étant soi-même, vous donnez envie à d'autres personnes de développer leur propre personnalité, dit Rabi. On ne se prend pas beaucoup au sérieux, mais on prend notre art au sérieux. »

Après les murales et les oeuvres de petits formats, Cyrcle dit avoir des plans sculpturaux sur la comète. « On explore différentes avenues, on s'en reparlera », dit Davey. On y compte bien. En attendant, on peut profiter du festival Mural pour aller voir le résultat de leurs réflexions sur la vie.

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À la galerie Station 16 (3523, boulevard Saint-Laurent), jusqu'au 30 juin

LES AUTRES EXPOS À VOIR

KAREN KRAVEN

C'est l'été à la parisienne à la Parisian Laundry. Les oeuvres des différents artistes de la galerie et quelques invités - Dean Baldwin, Paul Hardy, Laurie Kang, Karen Kraven, Rick Leong, Luc Paradis, Matus Racek, Celia Perrin Sidarous, Justin Stephens et Janet Werner - dialoguent entre elles et dans le temps. 

Summertime in Paris, à la Parisian Laundry (3550, rue Saint-Antoine Ouest), jusqu'au 4 juillet

FRANÇOIS VINCENT

François Vincent se frotte aux murs pour en faire émerger des formes, des textures, y découvrir la lumière et les ombres qu'elle y projette. On y découvre tout un monde. C'est particulièrement vrai avec sa série sur papier de contre-jours tous plus évocateurs les uns que les autres. 

François Vincent - Oeuvres récentes, à la galerie Lacerte (6345, boulevard Saint-Laurent), jusqu'au 30 juin

COLLECTIF BLANC

Vous lisez ce texte sur une tablette numérique, mais est-ce que les journaux imprimés se meurent pour autant? Non, dit le Collectif blanc. Ils représenteraient même une nouvelle plateforme d'expérimentation et de créativité. Cette expo le démontre avec une centaine d'exemples tirés de publications d'ici et d'ailleurs.

Édition journal, au Café Oui Mais Non (72, rue Jarry Est), jusqu'à dimanche

JON RAFMAN

La liste des finalistes au prix Sobey 2015 a été rendue publique cette semaine. Pour représenter le Québec cette année, ce sera Jon Rafman, qui aura sa toute première exposition au Musée d'art contemporain du 20 juin au 13 septembre 2015. Les autres finalistes sont: Lisa Lipton (Atlantique), Abbas Akhavan (Ontario), Sarah Anne Johnson (Prairies et Nord) et Raymond Boisjoly (côte Ouest et Yukon). Le lauréat 2015 sera connu le 28 octobre prochain. L'an dernier, la Montréalaise Nadia Myre a reçu cette récompense dotée d'une bourse de 50 000 $.

- Mario Cloutier

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