Lyon en lumières

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(Lyon) Des créations lumineuses ont fait briller le patrimoine architectural de Lyon pendant tout le week-end dans le cadre de la Fête des lumières, qui attire bon an mal an 3 millions de visiteurs. La Presse a assisté au coup d'envoi de l'événement, qui est en pourparlers avec la mairie de Montréal pour des collaborations futures. État des lieux... des lieux sublimes et grandioses.

Vendredi soir, 18h, sur la passerelle du palais de justice de Lyon, qui traverse le décor majestueux de la rivière Saône. Le maire Gérard Collomb donne un coup de marteau sur un détonateur. À l'image des fêtes foraines, sa force de frappe illumine le pont, puis des édifices situés de l'autre côté de la rive, à des centaines de mètres, avant une belle explosion de feux d'artifice.

Impressionnant, tout comme les dizaines de créations lumineuses qui animent les quatre coins de Lyon pour le coup d'envoi de la très courue Fête des lumières.

Pendant ce temps, place des Terreaux, des milliers de personnes s'entassent dans l'espace public, au pied de la colline de la Croix-Rousse.

Le cou penché, verre de vin chaud à la main, les festivaliers regardent avec des yeux émerveillés les images projetées sur l'hôtel de ville et le Musée des beaux-arts de Lyon. Y défilent des peintures du musée ainsi que des danseurs de ballet, de tango et de hip-hop.

«Je crois que c'est une édition qui ne cherche pas seulement à mettre en valeur des éléments de notre patrimoine, mais aussi à jouer. Vous savez, être attaché à son patrimoine n'est pas de le mettre sous cloche, mais de le faire vivre», lance Georges Kepenekian, premier adjoint au maire de Lyon et délégué à la culture.

La Fête des lumières présente aux Lyonnais les bijoux architecturaux de leur ville sous un autre jour grâce à des créations et des installations lumineuses contemporaines. «Ce n'est pas un concours à la technologie, mais un concours à l'émotion et à la poésie», précise Jean-François Zurawik, directeur des événements et de l'animation à la Ville de Lyon.

Ici, le tunnel d'un viaduc transformé en couloir d'animations qui rendent hommage au cinéma, né à Lyon, grâce à l'esprit des frères Lumière. Là, une fontaine transformée en veilleuse géante qui s'illumine au son d'une comptine. Il y a foule.

Sur la populaire place Bellecour, la grande roue projette des images thématiques à l'occasion de la commémoration de la mort du Lyonnais Antoine de Saint-Exupéry, survenue il y a 70 ans.

Dans le parc de La Tête d'or, aux allures de Central Park avec son étang et son chemin sinueux ponctué de grands lampadaires, des cerfs-volants géants lumineux s'animent dans les airs dans une ambiance de cinéma à la Tim Burton. «Ce qui est important pour moi est de créer de l'imaginaire et du rêve», indique le créateur Christophe Martine.

La Fête des lumières attire bon an, et mal an 3 millions de visiteurs. Doté d'un budget de 2,6 millions d'euros (environ 3,8 millions de dollars), l'événement est financé et organisé par la Ville de Lyon.

Sa programmation ne se circonscrit pas au centre-ville de Lyon, mais dans tous les quartiers. «C'est la fête de tous les Lyonnais et ils doivent pouvoir retrouver des installations à côté de chez eux», indique Georges Kepenekian.

Non seulement beaucoup d'artistes locaux sont sélectionnés, mais «plus de 50% des installations sont réservées aux jeunes pour qu'une nouvelle génération de créateurs se mette le pied à l'étrier».

En plus d'attirer des touristes étrangers, la Fête des lumières a jusqu'à présent partagé son savoir-faire à l'international à la demande de Dubaï, Leipzig, Moscou ou encore Xi'An.

Collaboration avec Montréal?

Une délégation lyonnaise a par ailleurs rencontré cet automne à Montréal le maire Denis Coderre et son équipe, notamment pour les festivités du 375e anniversaire et le festival Montréal en lumière. «M. Coderre est très enthousiaste envers notre collaboration», indique Georges Kepenekian.

La célèbre compagnie québécoise multimédia Moment Factory a déjà participé à la Fête des lumières. Il faut également souligner que Gilbert Coudène, le créateur qui illuminait cette année la place principale et emblématique des Terreaux, oeuvre aussi au Québec. L'artiste lyonnais y a cofondé MuraleCréation, à qui l'on doit une douzaine de fresques, dont le circuit des fresques à Québec.

«On mange bien à Lyon! lance-t-il. Qu'est-ce que les Québécois attendent pour venir?»

L'origine de l'événement

Après que la peste eut décimé la population lyonnaise en 1643, les gens se sont mis à rendre hommage à la Vierge tous les 8 décembre. À cette date en 1852, une crue brutale a fait avorter l'installation d'une statue de la Vierge Marie. Dans un élan spontané, les Lyonnais ont illuminé les façades de leur maison avec des bougies et sont descendus festoyer dans les rues avec des feux de Bengale. En 1989, la Ville de Lyon a décidé de faire de cette tradition un festival.

Faible consommation énergétique

La Fête des lumières mise sur une « sobriété énergétique » avec « des équipements moins énergivores et mieux ciblés ». La facture d'électricité de l'événement oscille entre 5000 et 8000 euros. « Un coût mineur, indique Jean-François Zurawik. La technologie DEL permet de diviser par 10 la consommation énergétique. » Même la Ville de Lyon est passée d'une consommation de 35 millions de kWh, avec 42 000 lampes, en 1990, à une consommation de 30,45 kWh pour 72 000 lampes en 2013.

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