MBAM: hommage à Michel Lemieux et Victor Pilon

L'exposition souligne le 30e anniversaire de la compagnie... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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L'exposition souligne le 30e anniversaire de la compagnie artistique de Michel Lemieux et Victor Pilon.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

Michel Lemieux et Victor Pilon sont devenus une signature marquante de la culture montréalaise. Leurs 30 années de créativité sont célébrées jusqu'au 31 août par une exposition et une installation rétrospectives présentées au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), dans le cadre de la Biennale internationale d'art numérique.

Depuis Le tympan de la cantatrice, la première performance solo de Michel Lemieux présentée à la galerie Véhicule Art en 1982, l'artiste multidisciplinaire québécois en a fait, du chemin, avec son partenaire artistique Victor Pilon. C'est donc à un hommage déguisé en rétrospective que nous invite le MBAM avec Michel Lemieux - Victor Pilon: Territoires oniriques. 30 ans de création scénique, un événement qui comprend une installation et une exposition.

Il faut d'abord entrer dans la salle du Carré d'art contemporain où l'installation Territoires oniriques a été scénarisée. Il s'agit de la projection d'extraits de spectacles de Lemieux & Pilon 4D Art, soit Grand Hôtel des étrangers, Orféo, Delirium, La Belle et la Bête et Icare.

Tels cinq poèmes inédits, cinq extraits d'environ cinq minutes sont projetés sur les murs et des panneaux toilés qui pendent du plafond. En entrant, nos yeux doivent s'habituer à la pénombre. On marche à tâtons puis on trouve un siège depuis lequel on peut regarder les images qui défilent avant de se lever et d'errer à travers ce labyrinthe fantastique.

Territoires oniriques débute avec les images de Grand Hôtel des étrangers, inspiré du recueil de poésie de Claude Beausoleil et créé au Musée d'art contemporain de Montréal. Avec un Jacques Languirand qui apparaît, de toute sa grandeur, sur un des panneaux toilés.

Puis les tranches en cuir de vieux livres laissent la place à Orféo et au défilé de personnages qui semblent passer à travers les images de mots ou encore en faisant des acrobaties dans les airs. «Avec ces effets de pixellisation et cette musique, cela devient envoûtant, notait alors Nathalie Bondil, la directrice du Musée, fascinée par le langage esthétique et signifiant de Lemieux-Pilon. Ils ont un vocabulaire si riche et si référencé.»

Pour illustrer Delirium, le premier spectacle en aréna du Cirque du Soleil pour lequel avait travaillé le duo, le choix s'est porté sur des images poétiques. Des bras qui se baladent dans le noir. Des danseurs qui virevoltent. Les panneaux toilés qui se transforment en des portes qui s'ouvrent et se ferment.

Avec La Belle et la Bête, on retrouve l'univers fantastique de Gustave Doré (célébré, lui aussi, à compter du 12 juin à Ottawa) et la toile Le cauchemar de Johann Heinrich Füssli. Un film irréel où un danseur imite une gargouille tandis qu'un cheval spectral s'insère dans le paysage.

L'installation s'achève avec des images d'Icare, récemment créé au Théâtre du Nouveau Monde. Les ciels déchirés. Le feu qui crépite. L'enfant qui court. Le jeune adulte qui semble s'extraire d'une surface aquatique. Et surtout, la partie la plus impressionnante de ce montage de 25 minutes qui tourne en boucle: des schémas d'architecture qui défilent, Pascale Bussières s'y greffant ici et là.

En sortant de cette atmosphère très zen du Carré d'art contemporain, on retrouve, détaillée, la carrière des deux artistes dans la salle du Centre des arts graphiques. Le début des années 80, quand le musicien performeur Michel Lemieux se cherche. Puis Mutations en 1988 et Voix de passage en 1990, son premier show avec Victor Pilon. La multidisciplinarité s'installe avec une lumière désormais théâtralisée en compagnie de la danse, du chant et du jeu.

La rétrospective est accompagnée d'extraits de leurs spectacles, que l'on peut écouter avec un casque, de photos, de maquettes, d'ouvrages, de croquis et de plans, tous des éléments du processus de création de ces «jumeaux du rêve», comme les nomme Nathalie Bondil.

«Notre désir a été de faire disparaître les frontières, a dit Victor Pilon en conférence de presse. On est d'abord des humains qui s'expriment. Pour nous, le numérique n'est pas une fin en soi.»

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Michel Lemieux - Victor Pilon: Territoires oniriques. 30 ans de création scénique, au MBAM, jusqu'au 31 août.




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