Le Montréalais Kai McCall à la galerie d'Avignon

Island in the sea... (Photo fournie par la galerie d'Avignon)

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Island in the sea

Photo fournie par la galerie d'Avignon

Si sa mère, Ann McCall, artiste connue pour ses sérigraphies, a trouvé son inspiration dans la nature, le peintre figuratif montréalais Kai McCall l'a puisée dans les musées. Doté d'une solide technique et d'un goût pour le classicisme, Kai McCall expose ses derniers portraits inspirés de l'histoire de l'art à la galerie d'Avignon.

Kai McCall a un parcours original. Né à Montréal en 1968, il a étudié à l'université Western Ontario, s'est installé à Toronto, puis en Europe pendant 15 ans, à Londres et à Paris, avant de revenir au bord du Saint-Laurent il y a quatre ans.

Les personnages de ses toiles ont l'air d'être nos contemporains. Pourtant, leur attitude, le contexte, les tons de l'huile se réfèrent au passé, notamment à la peinture espagnole du 17e siècle (Velasquez), anglaise du 18e (Gainsborough) ou française du 19e (William Bouguereau).

«Quand j'ai fait les beaux-arts à la fin des années 80, l'idée de faire une synthèse entre l'art du 20e et celui d'avant 1900 m'intriguait, dit-il. Je trouvais que l'art postmoderne des années 80 ne réalisait pas cette synthèse. C'est ce que j'essaie de faire.»

C'est donc en fréquentant le Musée des beaux-arts de Montréal, celui du Prado, à Madrid, du Louvre, à Paris, et la National Gallery, à Londres, qu'il s'inspire des grands maîtres du passé.

«J'ai des relations particulières avec certains artistes, dit-il. Comme Velasquez, qui est pour moi le plus grand peintre de l'histoire de l'art. Il sait révéler, mais aussi cacher. Il me fascine.»

Dans son portrait Ham, son attrait pour Velasquez est évident. Jeune et beau noble, fier, qui pose la main sur un jambon. Clin d'oeil à l'Espagne éternelle et distinguée. Jusque dans son serrano, seigneur des jambons.

Dans I Was Alright Until I Fell in Love With You, il développe l'amour impossible entre un cervidé et une jeune fille, une toile qui se réfère directement à ce style de Bouguereau qui a inspiré tant d'élèves américains.

Ses huiles Electric Guitar, Lady Stardust, Major Tom et Starman représentent des personnages munis d'une guitare électrique. On est dans l'univers de David Bowie, avec son album Ziggy Stardust et son astronaute Major Tom. Kai McCall fait en effet un parallèle entre l'esthétique des années 70 et ses vedettes rock habillées en uniforme à épaulettes et le style de Rembrandt, par exemple dans Portrait de Johannes Wtenbogaert, où le théologien est vêtu d'un manteau noir et d'une collerette plissée.

Personnages androgynes

McCall peint souvent des personnages androgynes, comme dans Super Collider où le dandy est d'un sexe indéterminé. «On sépare souvent l'homme de la femme alors qu'il y a peu de différences dans le visage, dit-il. En peinture, il suffit de changer quelques lignes ici et là pour passer d'un homme à une femme.»

La toile Stable at Night, avec un lad et son cheval, illustre leur intimité et leur détachement par rapport au reste du monde. Le style de McCall touche aussi au surréalisme, notamment avec Blue Marlin (un homme sans jambes avec un espadon) ou avec Calamari Problems où une pin-up des années 50 chevauche une pieuvre à l'oeil surpris.

Ce mélange d'un symbole américain et de peinture espagnole, «c'est un peu moi, comme une balle lancée entre les deux continents», dit Kai McCall, un artiste à cheval sur l'Atlantique qui revendique un statut particulier dans l'art actuel. Un statut combinant la mémoire et le contemporain.

L'article indéfini, de Kai McCall, à la Galerie d'Avignon, jusqu'au 26 mai.




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