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Culture Montréal: la lumière au bout du modèle

Simon Brault, président-fondateur de Culture Montréal, est un... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse)

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Simon Brault, président-fondateur de Culture Montréal, est un conseil des arts à lui seul: «Le modèle de 1960 a fait son temps.»

Photo: Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse

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Daniel Lemay
La Presse

«Culture Montréal recommande que le gouvernement du Québec lance un grand chantier de travail ayant pour objectif l'actualisation de tous les programmes de financement en arts et culture administrés par toutes les instances publiques [...] dans la perspective d'une nouvelle vision du développement artistique et culturel.»

Paf! Tous les programmes, toutes les instances, nouvelle vision... Comme disait (peut-être) Jean Perron, Culture Montréal n'y va pas avec le dos de la main morte dans ses recommandations au futur gouvernement québécois qui, le soir du 7 avril, ressemblera pas mal ou pas du tout à l'ancien.

Culture Montréal, «mouvement citoyen non partisan» de plus de 1000 membres, est de toutes les campagnes électorales - fédérales, québécoises, montréalaises -, à l'occasion desquelles l'organisme reforme son comité «politique», pièce centrale d'une impressionnante machine de consultation/réflexion. Pour le présent exercice, ledit comité de six membres était présidé par Gaétan Morency, ancien directeur général de l'ADISQ et v.-p. Citoyenneté du Cirque du Soleil. L'accompagnaient hier à la table dans les bureaux exigus de Culture Montréal: Ségolène Roederer, directrice générale de Cinéma Québec, et Richard Prieur qui remplit les mêmes fonctions à l'Association nationale des éditeurs de livres. Gros trio.

Sur la base de recherches conduites par la (petite) permanence - comptez sur Culture Montréal pour savoir ce qui se passe sur la boule en matière de politiques culturelles -, le comité politique rédige une ébauche qu'il soumet ensuite au C.A. de Culture Montréal qui ne compte pas moins de 21 membres. «Il s'agit d'un C.A. d'orientation», précise Simon Brault, président-fondateur de Culture Montréal, directeur général de l'École nationale de théâtre (il faut bien manger) et, pour un mois encore, vice-président du Conseil des arts du Canada, poste qu'il a occupé pendant dix ans et où le remplacera Nathalie Bondil, la conservatrice du Musée des beaux-arts de Montréal. Le CAC n'y perdra ni en capacité d'intégration ni en énergie.

Simon Brault est un conseil des arts à lui seul. Il a tout lu, rencontré la plupart des grands spécialistes/consultants en politiques culturelles. En contact constant avec les apparatchiks des trois ordres de gouvernement, jamais il n'a été accusé de quelque penchant partisan que ce soit. D'aucuns lui reprochent son penchant pour les tribunes, mais le fait est qu'il est un tribun-né. Le gars parle sans notes, ne s'enfarge jamais, peut ramener trois fois la même idée sans donner l'impression de se répéter. Pourrait être ministre de la Culture demain matin... avec un programme fort.

«Depuis 1960, expliquait-il hier, les divers gouvernements ont créé des institutions culturelles dont l'action a toujours contribué à augmenter l'offre culturelle. Les structures, les façons de faire et de penser n'ont jamais changé depuis 50 ans, malgré la démultiplication de l'offre due, notamment, à l'explosion numérique. Ce modèle est arrivé à son terme. Il est temps de repenser le modèle de développement culturel au Québec, de le réorienter vers l'augmentation de la demande.»

L'éducation d'abord

Comment fait-on augmenter la demande? Les économistes - et les publicitaires à lunettes rouges - diraient «en créant un besoin». Par quels moyens crée-t-on, dans une communauté, une demande, un «besoin», pour plus de livres, plus de musique de plus de genres, plus de concerts, plus de films, plus d'expositions? «Par l'éducation d'abord», répond Simon Brault. D'emblée, un gros programme auquel on peut ajouter des mesures de conscientisation, de démocratisation de la culture. Vaste chantier, en effet.

«Il faut une volonté politique...» Et assez déterminée pour, d'abord, se lancer dans le processus de réorientation - les vieilles façons sont dures à changer - et de «décompartimentation» pour arriver à ce que la culture ne soit plus l'affaire du seul ministère de la Culture, mais aussi de l'Éducation, du Loisir et du Sport, des Affaires internationales. De la Santé et des Services sociaux: «Pour la plupart, les centres d'accueil pour les aînés, lance Simon Brault, proposent des activités culturelles hyper cheap, n'ont même pas de programme de lecture. On n'est pas là!»

Ce qui nous amène au ministère des Finances, là où toutes les volontés politiques doivent s'afficher comme telles... devant la réalité de ce que le ministre Maka Kotto appelle «le fleuve desséché des finances publiques».

Où la culture n'a pas la pole position, on le sait, même si tout le monde est pour. Simon Brault et Culture Montréal s'arrangent pour que ce soit le cas... «Il existe au Québec un consensus unique sur la place de la culture comme pilier de la société. Ce qu'on demande au prochain gouvernement, c'est de prendre les mesures pour assurer le développement de cette culture et la rendre accessible à tous les Québécois.»

En novembre, Culture Montréal avait fait 21 recommandations au futur maire de Montréal. Denis Coderre et Manon Gauthier, l'énergique responsable de la culture, en auraient déjà transformé 16 en politiques. Pour la campagne québécoise, Culture Montréal n'en a «que» 19 (voir culturemontreal.ca) articulées sur trois axes: 1. miser sur l'éducation artistique et la participation culturelle; 2. soutenir la création, la production et la diffusion artistiques; 3. démontrer un engagement indéfectible envers la métropole culturelle.

Simon Brault le politique précise d'emblée: «Une métropole, oui, moins par rapport au reste du Québec que pour le reste du monde.»




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