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Capitale culturelle européenne: Riga, une «Force majeure»

Les anti-gais sont nombreux (et violents) à Riga,... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les anti-gais sont nombreux (et violents) à Riga, en Lettonie. À quel accueil aura droit Rufus Wainwright, lui qui doit se produire en mars dans cette ville?

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Daniel Lemay
La Presse

Beaucoup de Québécois qui ne font pas de mots croisés ont peut-être pu situer plus précisément deux capitales européennes au cours des derniers jours. Les deux dans des circonstances «dramatiques», mais très différentes dans les faits.

Entre deux compétitions des Jeux de Sotchi, les télés nous ont montré Kiev, la capitale de l'Ukraine, mise à feu et à sang par des affrontements entre les forces de l'ordre du gouvernement pro-russe et plusieurs milliers de manifestants qui, comprend-on, réclament une plus grande ouverture vers l'Ouest.

Pendant ce temps, à 850 km au nord, Riga était en liesse mardi. Parce que la ville commence son année comme capitale culturelle de l'Europe? Non, à cause de la victoire de la Lettonie contre la Suisse en hockey masculin. Ce triomphe historique permettait aux Lettons d'accéder à la ronde suivante... contre le Canada. Et le lendemain, la courageuse équipe lettone a tenu les puissants Canadiens à 1-1 jusqu'à six minutes de la fin: à Riga comme à Rigaud, tout le monde retenait son souffle.

À la recherche de la Lettonie

Combien de Québécois, qui ne sont jamais si Canadiens que pendant les Jeux olympiques, sont allés faire un petit voyage dans Wiki ou dans Le Petit Larousse? Bon, Lettonie... Un des trois pays baltes, avec l'Estonie au nord et la Lituanie au sud. Deux millions d'habitants; capitale: Riga, 600 000 habitants. À peu près comme Québec, oui, sauf qu'ici, Riga (56° Nord) serait située à la hauteur de Schefferville. Ville «nordique», donc, Riga n'en est pas moins connue comme station balnéaire, très appréciée, de tout temps, par les Russes qui aimaient la situation de la ville sur la mer Baltique. Tellement que, à la fin de la Deuxième Guerre, ils ont annexé le pays tout entier! Et ses deux voisins. Ça va ensemble.

Aujourd'hui, le tiers des habitants de la Lettonie - Latvija en letton, Latvia en anglais - et la moitié de ceux de Riga sont russophiles (comme leur maire) et ils demandent que le russe soit reconnu comme langue officielle. Tiraillements linguistiques... qui ont commencé dès le retour de la Lettonie à l'indépendance en 1989 et l'adoption de cette loi sur la langue qui dit: «Le letton est l'une des importantes conditions d'existence du peuple letton et de développement de sa culture.» Un préambule qui peut rappeler celui de la loi 101...

Un débat qu'a pu suivre ici même Vaira Vike-Freiberga, ancienne professeure de psychologie de l'Université de Montréal (1965-1998) (son mari Imants Freibergs a enseigné à l'UQAM), élue présidente de la République de Lettonie en 1999, poste qu'elle a occupé jusqu'en 2007. Comme tête de pont à Riga, difficile de demander mieux, mais les échanges sont encore peu nombreux entre la capitale culturelle 2014 de l'Europe - «Riga Force majeure» - et Montréal qui s'apprête à commencer le décompte vers son tricentenaire de 2017, année qui doit marquer son accession définitive au statut de métropole culturelle internationale. Pas de visite à Riga prévue entre-temps, nous dit-on au bureau de Manon Gauthier, responsable de la Culture au comité exécutif de Montréal.

En 2012, à l'invitation des associations gaies et lesbiennes des pays baltes, Éric Pineault, président de Fierté Montréal, avait participé au défilé de la Fierté baltique, à Riga même, une ville où, lit-on, les anti-gais sont souvent plus nombreux (et violents) que les manifestants LGBTA. Qu'en sera-t-il du spectacle de Rufus Wainwright qui doit se produire en mars au Palladium de Riga?

Comme Montréal, Riga se présente comme ville de festivals et, selon certains observateurs, le programme de Riga 2014, assez convenu, regroupe maints événements qui auraient été présentés de toute façon (voir www.riga2014.org). Un peu comme à Montréal en lumière finalement... Reste que Riga accueille son lot de vedettes internationales; dans les prochaines semaines, outre Rufus, les Lettons pourront voir Simple Minds, Sarah Brightman, le groupe punk gypsy Gogol Bordello de New York, la diva capverdienne Mayra Andrade et même Mireille Mathieu, la chanteuse préférée de Clémence DesRochers, très populaire ici dans les années 70. Riga recevra aussi les World Choir Games en juillet, mais, nous disait-on hier à l'Alliance des chorales du Québec, aucune formation d'ici n'est inscrite. Vrai que 6350 km, ce n'est pas à la porte.

Sur le Monopoly World, après un vote par internet tenu en 2008, la lointaine Riga partage avec Montréal le prestige des espaces (bleu foncé), les plus convoités du jeu Hasbro. Achetez Riga ou Montréal, passez Go, collectez 200 lets.




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