Il faut distinguer deux Sinorama, soutient la direction

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Claude Landry, vice-président de Sinorama

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La direction de Sinorama a défendu la solidité de l'entreprise, hier, au cours d'une conférence de presse. Elle affirme que l'enquête de La Presse décrivait la situation de la société mère Sinorama Corporation, de Floride, et non celle de Vacances Sinorama, de Montréal.

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Leon Sung, directeur marketing de Sinorama, Sarah Wang, directrice générale adjointe, Simon Qian, président du conseil, et Martine Jing, PDG

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Selon les dirigeants, Vacances Sinorama est solvable et en mesure de remplir ses obligations à l'égard de ses clients. Son fonds de roulement était de 2,0 millions à la fin de 2017, soutiennent-ils. La direction a toutefois refusé de nous fournir une copie des états financiers de Vacances Sinorama, arguant qu'il s'agissait d'une entreprise privée.

De plus, le vice-président Claude Landry n'a pas voulu confirmer que Vacances Sinorama représentait 90 % des affaires de Sinorama Corporation, comme l'indiquent les états financiers de cette dernière entreprise consultés par La Presse.

La semaine dernière, notre reportage révélait qu'il manquait 10,9 millions CAN dans les coffres de Sinorama Corporation à la fin de 2017 pour honorer, au cours des mois suivants, les voyages déjà payés par les clients. Sinorama Corporation espère combler ce trou financier « avec ses activités futures », donc auprès d'autres clients, selon ce qui est écrit dans les états financiers publics de cette entreprise inscrite en Bourse.

Hier, les cinq principaux cadres de Sinorama étaient présents à la conférence de presse, mais c'est Claude Landry qui a présenté la position de l'entreprise, après une déclaration générale de la PDG Martine Jing sur la nature des activités de Sinorama. Les journalistes n'ont pu poser aucune question aux quatre autres cadres. De plus, la situation financière de la société mère Sinorama Corporation n'a pas été commentée.

Les états financiers de Sinorama Corporation, rendus publics le 17 avril, comprennent un organigramme expliquant la structure de l'organisation. Selon cet organigramme, Vacances Sinorama, de Montréal, est ultimement contrôlé par Sinorama Corporation, de Floride, par l'entremise d'une société située dans un paradis fiscal. Le registre des entreprises du Québec nous mène vers la même conclusion.

Les résultats financiers de toutes ces entreprises - y compris Vacances Sinorama - sont consolidés dans les documents financiers de Sinorama Corporation.

Lors de la conférence, le porte-parole Claude Landry - nommé vice-président aux affaires corporatives de Sinorama au lendemain de notre reportage - a affirmé que l'enquête de La Presse était construite sur des « insinuations mensongères » et de « pures spéculations ».

PRÉCISION DE L'OPC

Par ailleurs, hier, l'Office de la protection du consommateur (OPC) nous a confirmé faire des vérifications au sujet de Vacances Sinorama, qui est titulaire d'un permis d'agence de voyages de l'OPC. Les vérifications ont été entreprises après la publication des résultats financiers, qualifiés « d'inquiétants », de Sinorama Corporation.

Toutefois, le porte-parole de l'OPC, Charles Tanguay, nous a dit s'être mal exprimé lorsqu'il a évoqué la nomination d'un administrateur provisoire au cours de notre précédente conversation, rapportée dans notre reportage de jeudi dernier.

La Presse avait demandé à Charles Tanguay : « Pourquoi parler d'insolvabilité et d'administrateur provisoire ? Est-ce parce que ça fait partie de vos hypothèses ? » « Oui, ça... c'est sûr qu'avec les chiffres dont vous nous parlez, on ne peut pas nier le fait qu'il peut y avoir des problèmes », avait-il répondu.

Hier, à ce sujet, Claude Tanguay a précisé : « Je me suis mal exprimé, disons-le comme ça. »

« Je faisais référence aux chiffres publiés [dans les états financiers de Sinorama Corporation] et au fait que ces chiffres sont de nature à nous amener à faire des vérifications auprès de Vacances Sinorama. » - Charles Tanguay, porte-parole de l'Office de la protection du consommateur

« Maintenant, on ne peut pas mêler les deux entreprises. De plus, l'hypothèse dont il est question pour une administration provisoire ne découle pas de cette vérification-là. J'en parlais de façon générale comme d'un moyen entre les mains de l'Office pour gérer des situations de dégradation financière d'une agence de voyages », a-t-il dit.

APPUI DE GUYLAINE TREMBLAY

Par ailleurs, Vacances Sinorama a publié un communiqué hier matin affirmant que la comédienne Guylaine Tremblay réitérait sa confiance envers l'entreprise.

Le communiqué, préparé par la firme de relations publiques National, produit une déclaration écrite de Guylaine Tremblay. « Par respect pour le public qui me suit depuis tant d'années, je trouvais essentiel de m'assurer que les clients actuels et futurs soient toujours bien servis par Vacances Sinorama. Ma rencontre avec la haute direction de l'entreprise, lundi soir, m'a pleinement rassurée. »

La comédienne n'a pas abordé la situation financière de l'entreprise, au coeur du reportage, et a refusé d'accéder aux demandes d'entrevue de La Presse ces derniers jours. Le communiqué précise d'ailleurs qu'elle n'accordera pas d'entrevue à ce sujet.




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