Power Corporation étonnée de la stabilité du cours de son action

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Les deux principaux dirigeants de Power Corporation, Paul Desmarais fils (à gauche) et André Desmarais.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

La direction de Power Corporation s'est montrée étonnée vendredi de la stabilité du prix de son action depuis les cinq dernières années compte tenu de sa performance financière au cours de cette période.

Sans aller jusqu'à interpeller directement Bay Street, le cochef de la direction, André Desmarais, a profité de l'assemblée annuelle du conglomérat, qui se déroulait dans un hôtel du centre-ville de Montréal, pour rappeler aux actionnaires que le prix des actions « finissait toujours par rattraper de bons résultats ».

« Nous croyons que la valeur de l'entreprise ne se reflète pas pleinement dans le prix de l'action », a-t-il expliqué.

Depuis la fin de 2010, l'action de Power Corporation, qui se négociait à 27,67 $, a affiché une légère progression pour se transiger actuellement aux alentours de 29 $.

Pourtant, au cours de cette période, le bénéfice d'exploitation est notamment passé de 2,29 $ par action participante à 3,40 $ par action participante, a souligné M. Desmarais.

« Le bénéfice d'exploitation par action [...] a progressé à un taux annuel composé de 10,2 % a-t-il affirmé. Nos résultats records de [l'exercice] 2015, après une autre bonne performance en 2014, sont encore meilleurs que ceux d'avant la crise financière. »

En point de presse, aux côtés de son frère Paul Desmarais fils, M. Desmarais a expliqué qu'il voulait inciter les actionnaires à ne pas se décourager, répétant que le cours du titre finirait par suivre la tendance des résultats de Power Corporation.

Questionné pendant quelques minutes à ce sujet, le cochef de la direction de la société a fini par dire qu'il était surpris que le cours de l'action ne soit pas plus élevé.

Une controverse qui s'invite

Le dossier des Panama Papers s'est également invité à l'assemblée, dans la foulée d'un reportage de Radio-Canada affirmant que Power Corporation avait notamment déjà été actionnaire minoritaire d'une société chinoise ayant fait des affaires avec Mossack Fonseca, la firme comptable panaméenne au coeur de cette fuite de documents.

André Desmarais a également siégé sur le conseil d'administration de CITIC Pacific de 1997 à 2014.

« Tout ce qui est fait chez Power Corporation est légal, a répondu André Desmarais. Nous sommes contre l'évasion fiscale. »

Toutefois sur le dossier de l'évitement fiscal, les frères Desmarais ont affirmé que cela était légal, et qu'il était « normal » que les sociétés s'adonnent à ce genre de pratique.

« Que ce soit Apple, n'importe quelle société qui transige de façon internationale, c'est dur de condamner quelque chose qui est légal », a affirmé André Desmarais, ajoutant que l'entreprise se conformerait aux règles en vigueur si elles venaient à être modifiées par les gouvernements.

Par ailleurs, celui-ci ne s'est pas formalisé des chiffres du Nieman Lab de l'université américaine Harvard à l'effet que l'application Star Touch du Toronto Star - développée sur le modèle de La Presse+ - ne rejoignait que 26 000 lecteurs par jour.

Premier client du modèle, l'éditeur Torstar a investi 5,1 millions de dollars dans l'application au dernier trimestre et il s'attend à allonger environ le même montant pendant le reste de 2016. Il avait investi l'an dernier 14 millions dans l'application.

« Nous aurions aimé voir plus de lecteurs [...] mais je crois que la stratégie du Toronto Star est très différente de la nôtre [chez Gesca] », a expliqué M. Desmarais.

Il a souligné que le quotidien torontois continuait de publier une édition papier du journal, contrairement à La Presse depuis le 1er janvier dernier, à l'exception de l'édition du samedi.

M. Desmarais ne croit pas que les résultats actuels de l'application Star Touch freinent l'intérêt à l'égard de l'application La Presse+ aux États-Unis ainsi qu'en Europe.

Bénéfice en baisse

Power Corporation a également dévoilé ses résultats du premier trimestre, période où la société a vu son bénéfice dégringoler, principalement en raison de l'inscription d'une importante charge liée à une perte de valeur de l'un de ses investissements.

Elle a engrangé un bénéfice net de 48 millions de dollars, ou 10 cents par action, par rapport à 354 millions, ou 77 cents par action, à la même période en 2015.

Cette performance tient compte d'un montant de 203 millions liée à la réévaluation à la baisse du placement de Power Corporation dans le cimentier LafargeHolcim par le biais de sa participation dans Groupe Bruxelles Lambert.

Cela a toutefois été contrebalancé par un gain de 67 millions de dollars grâce à la vente partielle de la participation du Groupe Bruxelles Lambert dans la pétrolière Total.

Le bénéfice d'exploitation de Power Corporation s'est chiffré à 191 millions, ou 41 cents par action, soit un recul marqué par rapport à celui de 349 millions de dollars, ou 76 cents, enregistré au premier trimestre en 2015.

Le conglomérat montréalais détient un investissement dans La Presse Canadienne dans le cadre d'une entente conjointe avec une filiale du quotidien The Globe and Mail et l'éditeur Torstar.




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