Toujours aucun lien entre vaccin et autisme

Une nouvelle étude montre que le vaccin rougeole-rubéole-oreillons... (Photo archives La Presse)

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Une nouvelle étude montre que le vaccin rougeole-rubéole-oreillons n'augmente pas le risque d'autisme, même chez les enfants à risque.

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Une nouvelle étude américaine montre que recevoir le vaccin rougeole-rubéole-oreillons n'augmente pas le risque d'autisme. Cette étude est importante parce qu'elle répond à une objection fréquente à ce genre d'études: le risque des vaccins touche surtout les enfants qui sont génétiquement plus susceptibles d'être autistes.

«Beaucoup d'études ont montré que dans la population en général, le risque d'autisme n'est pas plus grand chez les enfants qui reçoivent le vaccin RRO», explique l'auteure principale de l'étude du Journal de l'association médicale américaine (JAMA), Anjali Jain de l'institut de recherche privé Groupe Lewis en Virginie. «Mais il restait théoriquement possible que chez un sous-groupe d'enfants plus susceptibles, les vaccins aient un effet menant à l'autisme.»

L'étude a été publiée en plein mois de l'autisme. Au Québec, des «Marches pour l'autisme» auront lieu dans diverses régions aujourd'hui pour souligner la fin du mois de l'autisme.

Les chercheurs ont analysé les dossiers de 96 000 enfants ayant un grand frère ou une grande soeur. Un peu moins de 2000 de ces enfants avaient un diagnostic d'autisme dans la fratrie aînée. Le risque supplémentaire d'autisme lié au vaccin était nul, même chez les enfants dont le grand frère ou la grande soeur était autiste. Le Groupe Lewis est financé par une grande compagnie d'assurances médicales américaine, ce qui explique son accès à ce type de données.

Les résultats semblent même pointer vers un risque plus faible d'autisme chez les enfants ayant été vaccinés et ayant un diagnostic d'autisme chez la fratrie aînée. «Nous pensons que, quand des parents découvrent que leur aîné est autiste, ils vont être plus sensibles à tout signe associé à l'autisme chez leurs enfants plus jeunes, par exemple des difficultés sociales, et avoir tendance à retarder la vaccination en présence de ces signes», dit le Dr Jain.

Hélène Quigley, coordonnatrice à la Société de l'autisme et des troubles envahissants du développement de l'Estrie, vers qui la Fédération québécoise de l'autisme a orienté La Presse, estime que cette étude est bienvenue. «Malgré toutes les études ayant montré qu'il n'y a pas de lien entre vaccins et autisme, il y a encore des parents qui s'inquiètent, dit Mme Quigley. Ils veulent trouver une explication, ils se sentent coupables. Si on leur enlève une raison de se culpabiliser, c'est toujours ça de pris.»

Dans l'étude du JAMA, le taux de vaccination à deux ans (une dose) était de 84% chez les enfants n'ayant pas de diagnostic d'autisme dans la fratrie aînée et de 73% quand il y avait un tel diagnostic. Parce que leurs petits sujets étudiés étaient d'un milieu légèrement plus privilégié que la moyenne, les chercheurs ont vérifié que les risques accrus d'autisme chez la fratrie cadette (6,9%) étaient similaires à ceux d'autres études (entre 6,3% et 24,7%).

EN CHIFFRES

6,9 fois plus 

Augmentation du risque d'autisme chez les enfants ayant un frère ou une soeur plus âgé ayant eu un diagnostic d'autisme

20% 

Pourcentage des parents d'enfants autistes ont refusé ou retardé la vaccination chez des frères et soeurs plus jeunes

Source: JAMA

De l'aide pour les parents

Des cours parentaux visant à gérer les «comportements à problème» (disruptive behavior) de leurs enfants autistes permettent de réduire de moitié la sévérité de ces comportements, selon une nouvelle étude de l'Université Emory à Atlanta. Une série de 11 cours était beaucoup plus efficace pour aider les parents qu'une douzaine de séances d'information sans formation pratique, ont relevé les chercheurs. De plus en plus d'études portent sur les manières d'aider les parents d'enfants autistes et de leur donner des outils, au lieu de cibler seulement les enfants.

Vaccins et aide sociale

L'Australie a annoncé à la mi-avril une mesure peu orthodoxe pour lutter contre la non-vaccination des enfants: les parents bénéficiaires de l'aide sociale qui ne font pas vacciner leurs enfants seront dorénavant privés de leurs prestations. Cette mesure ne fait pas l'unanimité, les groupes de défense des bénéficiaires de l'aide sociale faisant valoir que les autres parents devraient aussi être visés, par exemple en leur enlevant leurs prestations fiscales pour enfants. Même son de cloche au Front commun des personnes assistées sociales du Québec: «Les autres parents auront-ils eux aussi des sanctions s'ils ne font pas vacciner leurs enfants?», demande Geneviève Guernier, du Front commun.

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