Crise au CHUM: Barrette n'a ni regrets, ni remords

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En point de presse mardi, de retour de quelques jours de vacances, le ministre Barrette s'est dit très serein par rapport à cette histoire qui a défrayé la manchette pendant plusieurs jours, mettant même en cause sa crédibilité.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne

Non, rien de rien, non, je ne regrette rien... La célèbre chanson d'Édith Piaf semble avoir inspiré le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui dit n'éprouver ni regret, ni remords, quant à la gestion de la grave crise de gouvernance ayant fait trembler récemment les murs du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM).

En point de presse mardi, de retour de quelques jours de vacances, le ministre Barrette s'est dit très serein par rapport à cette histoire qui a défrayé la manchette pendant plusieurs jours, mettant même en cause sa crédibilité.

Le ministre juge que le dossier du CHUM est clos.

Et ceux qui, dans le réseau de la santé, estiment que le ministre Barrette sort affaibli de cette crise, au point de devoir adoucir son style controversé de gestion, risquent d'être déçus.

Loin de s'amender, M. Barrette soutient conserver toute l'autorité morale requise pour continuer à exercer sa fonction à sa manière et mener à bien la vaste réforme du réseau de la santé qu'il a entreprise.

Questionné à savoir dans quelle mesure il avait été affecté par cette crise, qui a nécessité l'intervention du premier ministre Philippe Couillard pour être dénouée, il a répondu: «Affecté? Non. Je suis très serein ce matin et prêt au combat.»

C'est la première fois que le ministre s'expliquait devant les médias à la suite de cet épisode.

Invité à dire s'il tirait une leçon de cette histoire et s'il allait changer d'attitude, de ton ou de comportement avec les gestionnaires du réseau et ses partenaires, il a répliqué par une question: «Est-ce que dans le futur je vais agir avec la même détermination? Non seulement la réponse est oui, mais on me le demande. Je peux vous assurer que je vais le faire.»

Il a enchaîné pour dire que «c'est un dossier qui est clos. Je regarde vers l'avant. Je considère que j'ai toute l'autorité morale» pour continuer, a-t-il commenté, en ajoutant qu'il lui importait de régler les crises «rapidement».

«La seule chose que je regrette, a ajouté le ministre, c'est que le CHUM ne fonctionne pas à la perfection à l'interne.»

Il s'est donc permis de faire la leçon aux gestionnaires du mégahôpital, considérant «qu'il est temps pour eux de travailler pour l'institution d'abord et de faire en sorte que le CHUM soit un succès».

Le 10 mars, après quelques jours de suspense, on apprenait que le directeur général démissionnaire du CHUM, Jacques Turgeon, acceptait de reprendre ses fonctions et de devenir le futur pdg du mégahôpital le 1er avril pour un mandat de trois ans.

À la suite d'un différend avec le ministre Barrette, accusé d'ingérence politique dans la nomination d'un cadre, M. Turgeon avait claqué la porte quelques jours plus tôt, provoquant d'autres démissions de membres du conseil d'administration de l'établissement.

Les ponts étant momentanément coupés avec le ministre, le premier ministre avait dû intervenir pour inciter M. Turgeon, un gestionnaire réputé, à revenir sur sa décision.

Après négociations, ce dernier a accepté de revenir, mais à ses conditions, ayant obtenu du premier ministre les engagements réclamés de non-ingérence politique dans le choix des gestionnaires.

M. Turgeon reprochait au ministre d'avoir cherché à lui imposer la nomination du docteur Patrick Harris comme chef du département de chirurgie, alors qu'un processus indépendant avait été instauré pour choisir le meilleur candidat. Il jugeait cette ingérence inacceptable.

Le député caquiste de Lévis, François Paradis, a réagi aux commentaires du ministre en disant qu'il n'avait «pas appris sa leçon».

La députée solidaire de Gouin, Françoise David, a renchéri pour penser que «le sens de l'autocritique n'est pas tout à fait développé» chez M. Barrette.

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