Grippe A(H1N1): faut-il craindre le vaccin?

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Pétition contre une vaccination de masse, rumeurs de complot des grandes... (Photo: AFP)

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Pascale Breton
La Presse

Pétition contre une vaccination de masse, rumeurs de complot des grandes pharmaceutiques, doutes quant à l'innocuité du vaccin, les allégations circulent allègrement au sujet de la grippe A (H1N1).

Selon sondage La Presse Canadienne-Harris-Décima, seulement 45% des répondants au Canada (48% au Québec) ont affirmé avoir l'intention de se faire vacciner.

Faut-il craindre le vaccin en préparation? Non, répondent les experts consultés. Même s'il est vrai que le vaccin peut entraîner des effets secondaires inconnus à ce jour, qui n'auraient pas été décelés lors des essais cliniques.

Ces effets secondaires sont théoriques, rappelle le Dr Gaston de Serres, épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec et professeur en épidémiologie à l'Université Laval.

«Le risque d'être malade avec le virus H1N1, lui, n'est pas théorique, il est tout à fait réel. Avec ce qui va arriver à l'automne, ceux qui ne seront pas vaccinés vont avoir une forte probabilité d'attraper le virus H1N1. S'ils l'attrapent, plusieurs vont être hospitalisés et quelques-uns vont en décéder», explique le Dr de Serres.

Comme l'Organisation mondiale de la santé le suggère en cas de pandémie, le vaccin en préparation contient un adjuvant. Il s'agit d'un produit qu'on ajoute au vaccin afin de stimuler une meilleure réponse immunitaire et de produire plus de doses.

À ce jour, rien n'indique que l'adjuvant pose problème, bien qu'il n'ait pas été testé spécifiquement sur certains groupes vulnérables, notamment les femmes enceintes, indique le Dr de Serres.

Chacun doit peser le pour et le contre, se questionner sur les bénéfices et les inconvénients de se faire vacciner ou non, croit pour sa part le Dr Brian Ward, directeur adjoint du centre de recherche en maladies infectieuses et microbiologie du Centre universitaire de santé McGill.

Après avoir subi les désagréments de la grippe A (H1N1) en juin dernier, lui-même n'hésitera pas à recommander à ses proches de se faire vacciner.

«Il n'y a aucune personne qui sera forcée de prendre le vaccin. Il s'agit de trouver un équilibre entre les craintes de la maladie et les craintes du vaccin», déclare le Dr Ward.

Les craintes face au vaccin viennent peut-être du fait que toute la population est aujourd'hui visée. Généralement, le vaccin contre l'influenza saisonnière cible plutôt des groupes précis, suggère de son côté le Dr Guy Boivin, microbiologiste et infectiologue au Centre hospitalier de l'Université Laval.

Certains se rappellent aussi cet épisode survenu en 1976, alors que des militaires américains basés au New Jersey avaient été frappés par un virus H1N1 de souche porcine, mais différente de la souche actuelle.

Les autorités avaient procédé en catastrophe à une vaccination de masse avant de se rendre compte qu'il n'y avait pas de pandémie et que le vaccin provoquait une paralysie chez certains, rappelle le Dr Boivin.

La situation est différente aujourd'hui, ajoute-t-il. «Je crois personnellement que les craintes ne sont pas justifiées. Avant de rendre un vaccin disponible, on fait des tests de sécurité et d'efficacité.»

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