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Xavier Dolan

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Le réalisateur Xavier Dolan.... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Le réalisateur Xavier Dolan.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

 

Martin Beauséjour
La Presse

Avec son vidéoclip pour la chanson College Boy du groupe Indochine, le jeune réalisateur a relancé le débat sur l'intimidation en milieu scolaire. Son oeuvre dérange et choque, mais montre une fois de plus son audace et son talent. Xavier Dolan est notre Personnalité de la semaine.

Banni des ondes de Musique Plus, le premier clip réalisé par Xavier Dolan fait des vagues. De l'autre côté de l'Atlantique, Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel en France, souhaite même l'interdire aux moins de 16 ans. Dans une lettre ouverte publiée récemment, le réalisateur accusait cette dernière d'avoir 35 ans de retard dans le débat sur la violence à l'écran, affirmant au passage qu'internet allait s'occuper de la diffusion de son oeuvre.

Toujours prêt à défendre son clip, Xavier Dolan avoue par contre avoir tout dit dans cette lettre. «Je considère que j'ai fait le tour de la question pour l'instant, souligne le réalisateur de 24 ans. Je ne désire pas, non plus, jouer au kid kodak et en rajouter inutilement à la moindre occasion.»

Le jeune homme ajoute que l'opinion la plus importante reste celle des victimes d'intimidation à l'école. «On reçoit des milliers de courriels d'élèves qui nous remercient d'avoir réussi à mettre en images ce qu'ils ressentent, ce qu'ils vivent. Des parents nous écrivent pour nous dire qu'ils doivent déménager afin de changer leur enfant d'école. Leur situation est devenue insoutenable et personne ne fait rien.»

Cette oeuvre percutante est aussi la première incursion de Xavier Dolan dans le domaine du vidéoclip. Le chanteur Nicolas Sirkis et sa bande ont donné carte blanche au cinéaste québécois.

Courtisé maintes fois par le passé, le réalisateur a senti que cette fois-ci était la bonne. «J'attendais la combinaison parfaite, avoue-t-il. Dans ce domaine, il ne faut jamais rien forcer, sinon ça finit par paraître à l'écran. On me proposait des chansons, et en les écoutant, je ne voyais rien. Mais avec College Boy, dès les premières secondes, j'ai su que j'allais le faire. Dès la première écoute, j'ai vu 85% de ce qui se retrouve maintenant dans le clip.»

Sans parler de défi, Xavier Dolan a dû tout de même apprivoiser une approche narrative complètement différente. L'absence de dialogues a poussé le cinéaste à explorer diverses avenues. «Dans un vidéoclip, l'émotion doit emprunter d'autres chemins que les dialogues. Tout doit passer par les gestes, les regards, et par la musique aussi», précise-t-il.

Pour cette raison, Xavier Dolan désirait à tout prix donner les deux premier rôles à de véritables acteurs. Antoine Olivier Pilon, présent dans son dernier film Laurence Anyways, et Antoine L'Écuyer ont été choisis pour incarner la victime et l'un des bourreaux.

Malgré tous les remous, et si l'occasion se présente, le jeune réalisateur se dit prêt à refaire du vidéoclip. «L'important, c'est l'expérience qu'on en retire, pendant le processus de création, durant le tournage et la production. College Boy reste pour moi une expérience très positive.»

Xavier Dolan planche présentement sur deux nouveaux projets. Il finalise un scénario qu'il désire tourner à l'automne et travaille toujours sur son premier long-métrage «américain» qui devrait voir le jour d'ici un an et demi.

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