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Roland Barbier

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Sur cette photo, Roland Barbier prépare des paniers... (Photo: Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Sur cette photo, Roland Barbier prépare des paniers de Noël au centre communautaire Hochelaga, à Montréal.

Photo: Marco Campanozzi, archives La Presse

 

Martin Beauséjour
La Presse

En regardant les flocons tomber jeudi dernier, Roland Barbier a eu une pensée pour tous les enfants défavorisés qui, grâce à lui, ont pu s'amuser à l'extérieur. Directeur général du centre communautaire Hochelaga, il pilote l'Opération Sous Zéro qui habille les jeunes en prévision de la saison froide. Depuis sa création en 2004, c'est 5500 enfants qui ont reçu manteaux, bottes, tuques et mitaines. La Presse et Radio-Canada nomment Roland Barbier, Personnalité de la semaine.

C'est la créatrice de mode Marie Saint Pierre, qui souhaitait organiser un défilé dont les profits serviraient à l'achat d'habits de neige pour des jeunes défavorisés. En 2004, elle a approché Roland Barbier, DG du centre communautaire Hochelaga (CCH), pour qu'il l'aide à trouver des enfants dans le besoin. Ensemble, ils ont réussi à habiller 87 jeunes provenant du quartier.

À ce moment, Roland Barbier n'avait aucune idée dans quoi il s'était embarqué. «Quand Mme Saint Pierre m'a appelé quelques mois plus tard pour me dire qu'elle allait m'aider, mais qu'il fallait que je prenne la prochaine campagne en main... là, j'ai su qu'on était partis pour un bon bout ensemble», avoue-t-il en riant.

En décembre dernier, c'est 1025 enfants, provenant de 47 écoles et organismes du grand Montréal, qui se sont vu offrir un habit de neige, des bottes, une tuque et des mitaines. En huit ans, l'Opération Sous Zéro a réussi à habiller pas moins de 5500 jeunes.

Cet énergique verbomoteur avoue être entouré d'une équipe formidable qui travaille avec lui depuis le début. «J'ai les meilleurs employés et bénévoles de la province. J'ai des fournisseurs extraordinaires et des commanditaires très généreux.»

Un peu de chaleur

Grâce à cette initiative, Roland Barbier ne protège pas seulement ces enfants du froid. Il contribue à maintenir leur estime de soi, leur fierté et leur confiance, un habit à la fois. Et pas question de donner des vêtements usagés.

«J'ai des enfants de 9 ou 10 ans qui m'avouent que c'est leur premier habit de neige neuf. Ils ont toujours hérité de celui du plus vieux, ou même parfois de la plus vieille. Une mère nous a déjà confié que sans nous, son garçon de 7 ans aurait été obligé de porter le vieil habit rose et mauve de sa grande soeur. Imaginez les commentaires négatifs pendant la récréation, l'estime de soi qui en prend un coup, le manque de motivation, puis les mauvaises notes», souligne celui qui est père de quatre enfants.

Cet ancien attaché politique, issu du milieu de l'alimentation et de la distribution, gère d'une main de maître les commandites, les fournisseurs et les équipes. Car derrière ce projet communautaire se cache une imposante organisation où plusieurs intervenants entrent en jeu.

Chacun des établissements participants peut recevoir 25 habits de neiges, pas un de plus. C'est au personnel d'identifier les enfants dans le besoin, d'obtenir l'accord des parents et de remplir une fiche avec les mensurations des jeunes choisis. Une fois la «commande» reçue au centre communautaire, Roland Barbier et son équipe préparent le tout et envoient la précieuse marchandise qui sera remise aux élèves, en privé.

«Il n'y a pas de cérémonie, les habits ne sont pas marqués du nom d'un commanditaire et ils sont tous différents. On ne veut pas que les 25 jeunes soient facilement identifiables dans la cour de l'école parce qu'ils portent tous le même manteau.»

Pour les parents qui arrivent de peine et de misère à boucler leur fin de mois, ces vêtements sont un véritable cadeau du ciel. En comptant l'habit, les accessoires et les bottes, c'est environ 160 $ de plus dans leurs poches pour le loyer, la nourriture ou les fournitures scolaires.

Roland Barbier songe déjà à l'hiver prochain. «S'il y avait d'autres fous comme moi qui m'appelaient de Drummondville, de Québec ou de Sherbrooke en me disant que leurs jeunes ont, eux aussi, besoin d'habits de neige, et qu'ils ont envie de faire quelque chose, ce serait merveilleux...»

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