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Martin Carrier

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Martin Carrier... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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Martin Carrier

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

 

Martin Beauséjour
La Presse

Sur le marché depuis la mi-novembre, Batman Arkham City: Armored Edition est le premier jeu vidéo sur console entièrement développé par le studio Warner Bros. Games de Montréal. Les dernières aventures du justicier masqué n'auraient jamais vu le jour dans la métropole sans le travail acharné de Martin Carrier, vice-président et chef du studio. La Presse et Radio-Canada le nomment Personnalité de la semaine.

Conçu pour la toute nouvelle console Wii U de Nintendo, le jeu vidéo Batman Arkham City: Armored Edition remporte un vif succès, selon Martin Carrier. L'homme de 42 ans ne se fie pas qu'aux chiffres de ventes. «Je passe mes week-ends dans les grandes surfaces, près des présentoirs, pour écouter les commentaires, avec un enfant dans le panier, question de passer incognito», avoue-t-il en riant.

Pour le jeune homme de la génération Nintendo, travailler sur la nouvelle console du géant nippon a été un honneur et «une expérience grisante». Ce contrat de plusieurs millions de dollars a mobilisé, pendant un an, près d'une vingtaine d'employés. À ce nombre, il faut aussi ajouter 20 gamers qui ont passé des semaines entières à jouer afin de trouver d'éventuels bogues. «C'est notre service du contrôle de la qualité.»

Cet important contrat n'aurait jamais abouti à Montréal sans les efforts acharnés de Martin Carrier. Sans lui, la Warner Bros. n'aurait peut-être jamais mis les pieds dans la métropole québécoise.

Après neuf ans passés chez Ubisoft, où il a occupé des postes de direction à Montréal et à Paris, l'homme originaire de La Sarre, en Abitibi, a eu envie de relever d'autres défis. Il entre alors dans l'industrie du mobile, mais perd rapidement son emploi. C'est là qu'il se met à réfléchir à son avenir... et à discuter avec Martin Tremblay, ancien collègue d'Ubisoft... et président de Warner Bros. Interactive Entertainment.

Hollywood, P.Q.

Avec la rumeur d'ouverture d'un bureau canadien pour WB Games, Martin Carrier se met en tête de convaincre les bonzes de la Warner de s'installer à Montréal. Mais à sa grande surprise, le fait qu'un Québécois soit à la tête du studio n'accélère en rien le processus. «J'avais dit à ma blonde que j'allais disparaître dans le sous-sol pour travailler sur ce projet durant trois mois. J'y suis resté pendant deux ans!»

Fondé au printemps 2010, avec seulement quatre employés, le studio de Montréal emploie maintenant près de 200 personnes. Il en comptera 100 de plus d'ici 2015.

Au-delà de l'ouverture de ce bureau, le sixième dans le monde pour WB, Martin Carrier a aussi aidé la métropole à se positionner comme acteur majeur dans le domaine. «Quand les grands patrons débarquent ici, je leur dis toujours: «Bienvenue dans le Hollywood du jeu vidéo».»

Selon lui, il y a une signature «Montréal», un mélange de créativité et de technologie. «Daniel Langlois, avec Softimage, a été un des pionniers de cette signature.»

Par contre, le chef de studio regrette que certains puristes ne reconnaissent pas le jeu vidéo comme une véritable forme d'art comparable au cinéma. «Il faut pourtant une foule de créateurs, d'artistes et de scénaristes pour construire un bon jeu», lance-t-il.

Gotham et Métropolis

Collé sur le parc Émilie-Gamelin, au coin des rues Sainte-Catherine et Saint-Hubert, le studio est situé dans un quartier dur «qui présente beaucoup de défis». Drogue, violence, itinérance, Martin Carrier affirme que ses bureaux sont situés à la jonction de Gotham et de Métropolis.

En mars dernier, WB et Martin Carrier ont lancé une offre à leurs voisins du Quartier latin afin de s'engager socialement. Le jeune président travaille avec la Fondation du Centre jeunesse de Montréal. Il a récemment accepté de siéger sur le conseil d'administration. «On collabore aussi avec les écoles et les organismes d'entraide du coin. Un jeune en difficulté, qu'on avait engagé pour faire le ménage, fait maintenant partie de notre équipe de testeurs.»

Martin Carrier avoue tout de même trouver de bons côtés à ce quartier. «La création ne se fait pas dans le désert, elle se nourrit de cette énergie, de ce tourbillon urbain qui nous entoure. Il est donc naturel que l'on redonne à cette communauté.»

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