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Aldo Bensadoun

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Martin Beauséjour
La Presse

Le Groupe ALDO célèbre cette année son 40e anniversaire. Le géant mondial de la chaussure a souligné l'évènement en organisant une semaine de festivités à Montréal. L'entrepreneur Aldo Bensadoun est à la tête de cet empire qui compte maintenant 1600 boutiques dans plus de 80 pays. Afin de souligner son succès, La Presse et Radio-Canada lui décernent le titre de Personnalité de la semaine.

Les festivités entourant le 40e anniversaire d'Aldo ont pris fin hier. Samedi soir, 250 chanceux, choisis par le biais d'un concours, ont pu assister à un spectacle des groupes Radio Radio et Qualité Motel. Lors de l'entrevue, vendredi dernier, Aldo Bensadoun a affirmé qu'il serait bien de la partie. «C'est mon fils qui a choisi les deux groupes. Croyez-vous que je vais aimer ça?», demande-t-il en riant.

La semaine dernière, le futur magasin de la rue Sainte-Catherine était transformé en musée éphémère où une exposition sur l'histoire de l'entreprise était présentée. Une série de conférences, mettant en vedette des «gens à l'esprit et au style inspirants», étaient aussi au programme. Plus d'une vingtaine d'intervenants, dont Dov Charney, fondateur d'American Apparel, et Guy Laliberté du Cirque du Soleil, y ont participé. «La créativité fait partie intégrante du succès d'Aldo. Sans la création, il n'y a pas d'innovation. On aurait pu faire une simple fête, mais on tenait absolument à partager notre histoire et à provoquer des échanges, un dialogue. Tout ça nous ressemble davantage», résume le fondateur et président du Groupe Aldo.

Aldo Bensadoun a vu le jour au Maroc, avant de déménager avec sa famille en France. Jeune adulte, il s'exile aux États-Unis afin d'étudier à l'Université Cornell, à Ithaca dans l'État de New York. À cause de ses mauvaises notes, son père lui retire cependant son allocation. C'est à la même époque qu'un week-end à Montréal viendra tout faire basculer. Avec sa langue, son énergie et ses belles femmes, la métropole séduit rapidement le jeune homme. «Je dois avouer que pour un gars qui a grandi à Paris, Ithaca n'avait pas grand-chose à offrir. En plus, je ne parlais pas vraiment anglais. J'ai déménagé à Montréal quelques mois plus tard.»

Université McGill

Dès son arrivée, il s'est inscrit à la faculté de commerce de l'Université McGill. Encore aujourd'hui, l'entrepreneur garde des liens étroits avec l'établissement. Récipiendaire d'un doctorat en droit honoris causa, Aldo Bensadoun y distribue aujourd'hui des bourses qui permettent à plusieurs élèves de poursuivre leurs études. «McGill m'a ouvert sur le monde, j'y ai rencontré beaucoup de gens importants. C'est naturel pour moi de redonner à cette institution. J'ai beaucoup de respect pour McGill», avoue-t-il.

Le respect, la créativité, et même l'amour, sont des thèmes qui reviendront souvent pendant l'entrevue. Pas étonnant quand on sait que Monsieur B., comme tous ses employés l'appellent, a déjà été hippie... époque oblige. N'empêche qu'il avoue avoir lancé son entreprise en prenant ces valeurs comme fondement. «On échangeait beaucoup, entre amis, sur les différents modèles d'affaires. Je voulais leur prouver qu'on pouvait suivre le système capitaliste et y ajouter un coeur. Je désirais avoir du succès tout en redonnant, autant aux employés qu'à ma communauté.»

Pari réussi pour ce visionnaire, devenu aujourd'hui un important philanthrope. L'homme d'affaires consacre une bonne partie de ses ressources personnelles et financières à défendre plusieurs causes dont les jeunes sans-abri, la recherche sur le cancer et la lutte contre le sida. Très discret de nature, Aldo Bensadoun l'est encore plus quand il s'agit de parler de ses cadeaux et de ses dons. «On ne le fait pas pour la publicité. Je n'en parle jamais, sauf cette semaine évidemment où j'ai dû parler beaucoup, de tout.»

Même avec 1600 magasins, dans 80 pays, et près de 20 000 employés, le Groupe Aldo a encore des défis à relever, selon le principal intéressé. «Plusieurs marchés peuvent être mieux desservis.» Et Aldo Bensadoun n'est pas prêt de s'arrêter, même si la relève est bien implantée. Ses deux fils, Douglas et David, travaillent avec lui, tout comme sa femme, Dianne. Et Daniella, la plus jeune des enfants, se joindra un jour à l'entreprise.

Questionné sur les sujets de discussion, le samedi soir autour de la table, M. Bensadoun ne peut s'empêcher de sourire. «On parlait beaucoup de travail évidemment, mais on m'a averti, et on a eu deux ou trois ans de répit. Mais maintenant, ils se sont tous tellement investis dans l'entreprise que c'est eux qui m'en parlent.»

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