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Rose-Marie Charest

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Martin Beauséjour
La Presse

Depuis le 21 juin dernier, la pratique de la psychothérapie est mieux encadrée au Québec. L'Ordre des psychologues délivre maintenant des permis aux différents intervenants. Grâce à cette mesure, les personnes qui désirent entreprendre ce type de thérapie sont mieux protégées. L'entrée en vigueur de cette loi est le fruit d'une longue bataille menée, d'une main de maître, par Rose-Marie Charest, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec. Pour son engagement envers la reconnaissance de cette discipline, La Presse et Radio-Canada la nomment Personnalité de la semaine.

Il aura fallu 10 ans. Dix longues années d'interventions politiques et médiatiques pour convaincre le législateur de la nécessité d'encadrer la pratique de la psychothérapie. Et si c'était à refaire, Rose-Marie Charest n'hésiterait pas une seconde. «Ça m'a demandé beaucoup d'énergie, mais je réalise que c'était un long processus nécessaire pour que la loi soit applicable.»

Pour définir les critères de compétences maintenant exigés, la concertation s'est déroulée avec les représentants de six ordres professionnels. Grâce à ses talents de négociatrice et de rassembleuse, la psychologue a réussi à trouver un terrain d'entente entre tous les intervenants. Venant d'une famille nombreuse, Rose-Marie Charest avoue avoir beaucoup de facilité pour la chose. « Je suis la quatrième de huit enfants, j'avais deux choix : rassembler ou diviser. J'ai toujours choisi le premier », ajoute-t-elle en riant.

Ce combat, c'est avant tout pour les patients qu'elle l'a mené. Pour ces gens qui devenaient trop souvent les victimes de charlatans. «Si vous avez très soif et qu'on vous promet un verre d'eau sans que vous ayez à aller le chercher. Vous aurez tendance à croire cette personne. C'est pour protéger ces gens, qui sont dans un état de grande vulnérabilité, que la nouvelle réglementation était nécessaire.»

Le Québec est la première province canadienne à se doter d'une loi encadrant la pratique de la psychothérapie. Et cette dernière suscite déjà l'intérêt d'autres provinces canadiennes, et même de la France.

Savoir écouter

Rose-Marie Charest est née au bord de la mer, à Grande-Rivière, en Gaspésie. Celle qui avoue avoir nourri ses silences du bruit des vagues, ajoute qu'elle a construit sa pensée avec les conversations qui l'entouraient. «Ma mère et mes tantes se rassemblaient souvent entre elles pour discuter, pour échanger. Je pouvais les écouter pendant des heures. » Elle affirme d'ailleurs avoir toujours été plus fascinée par la manière de communiquer que par le sujet traité.

Dès sa première journée d'études en psychologie, elle a su qu'elle était à sa place. «On nous disait que les études seraient longues, et qu'il n'y avait pas beaucoup de demandes pour des psychologues. Mais j'ai toujours su que je ne manquerais jamais de travail.» Et elle avait bien raison.

Après une maîtrise en psychologie et un doctorat à l'Université de Montréal, elle effectue son internat à l'institut Allan-Memorial de l'hôpital Royal-Victoria. Puis elle devient chargée de cours à l'Université de Sherbrooke où elle enseigne, entre autres, à de futurs professeurs inscrits au Département de pédagogie. De 1983 à 1991, elle est superviseure et chargée de formation pratique au Département de psychologie de l'Université de Montréal.

Depuis 1985, Rose-Marie Charest fait partie de l'équipe de la Clinique Cherrier. Dès le début de sa pratique, elle est engagée dans la gestion des ressources humaines soit à l'intérieur de grandes entreprises, soit comme consultante pour des PME. De 1989 à 1998, elle est membre du conseil d'administration de la clinique, où elle a aussi assumé les responsabilités relatives à la gestion du personnel et au recrutement des psychologues.

Depuis 1998, elle est présidente de l'Ordre des psychologues du Québec. Malgré son horaire chargé, Rose-Marie Charest trouve encore le temps pour quelques consultations. «Mon deuil de la pratique de ma profession n'est pas encore fait. Et je crois sincèrement que je ne le ferai jamais. Je trouve encore mon métier passionnant, et pour cause, en plus de 30 ans de pratique, je n'ai jamais entendu deux fois la même histoire.»

Rose-Marie Charest adore aussi la gestion. « J'aime rassembler tout le monde autour d'un objectif commun. Ce côté plus politique, si je peux dire, me plaît bien aussi.» Quand on souligne qu'elle a un nom de famille prédestiné pour aimer la politique, elle sourit. «Je n'ai aucun lien de parenté avec le premier ministre, mais quand j'appelle un taxi pour madame Charest, je n'attends jamais très longtemps », conclut-elle en riant.

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