Partage de photos «intimes»: les plaignantes se sont senties jugées

Une trentaine de manifestants ont profité de la... (Photo Pascal Ratthé, Le Soleil)

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Une trentaine de manifestants ont profité de la rentrée au Séminaire des Pères maristes, mardi dernier, pour dénoncer la réintégration de garçons soupçonnés d'avoir partagé des photos « intimes » de filles qui fréquentaient la même école.

Photo Pascal Ratthé, Le Soleil

(Québec) Les plaignantes dans l'affaire du Séminaire des Pères maristes se sont senties jugées dans les derniers mois et ont été heurtées par des commentaires sur la place publique laissant entendre qu'elles étaient aussi à blâmer, car elles auraient fourni librement des photos « intimes ».

C'est ce qu'affirme une militante qui a parlé aux familles des jeunes filles. Mélanie Lemay, de Québec contre les violences sexuelles, espère que la gravité des chefs d'accusation contre les cinq garçons fera taire les rumeurs.

« Ça soulage les victimes de voir que les gens vont peut-être cesser de les juger. Parce qu'elles ont été obligées de les prendre, ces photos-là », avance Mme Lemay. Il faut préciser que ces allégations n'ont pas été prouvées en cour.

Les autorités ont déposé hier des accusations contre cinq garçons âgés de 12 à 14 ans. Ils ne sont pas tous accusés des mêmes choses. Des accusations de leurre, de distribution de pornographie juvénile, de possession de pornographie juvénile, d'extorsion et d'avoir rendu accessible une image intime sans consentement ont été déposées. Un des cinq garçons est aussi accusé d'agression sexuelle.

Les accusations d'extorsion concernent deux garçons. Le Code criminel définit ce crime comme une tentative d'obtenir quelque chose par « menaces, accusations ou violence ».

« Elles sont soulagées des accusations. Ça fait comprendre aux gens que les victimes se sont fait extorquer pour envoyer ces photos-là. Ce ne sont pas elles qui, par plaisir, ont envoyé les photos », soutient Mme Lemay.

Les garçons accusés qui fréquentent toujours l'école vont pouvoir continuer de le faire. Parmi les conditions qui leur sont imposées, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) leur interdit de communiquer directement ou indirectement avec les plaignantes et de les importuner.

Les cinq garçons doivent comparaître au tribunal de la jeunesse dans les prochaines semaines. Ils pourront alors plaider coupable ou non.

AUCUN DES GARÇONS NE SERA RENVOYÉ DE L'ÉCOLE

Dans un bref communiqué hier, la direction du Séminaire des Pères maristes a indiqué qu'elle ne pouvait renvoyer aucun des garçons. « La direction et le conseil d'administration souhaitent prendre le temps nécessaire pour étudier la décision plus attentivement, d'autant plus qu'elle n'est assortie d'aucune condition empêchant les jeunes visés par les accusations de fréquenter le Séminaire. »

À l'heure actuelle, une seule des trois plaignantes fréquente toujours l'école, ainsi que trois des garçons impliqués dans l'affaire.

En mai dernier, la police de Québec avait arrêté six garçons dans cette histoire. Les garçons avaient d'abord été suspendus une semaine. Ils avaient ensuite fini l'année dans un pavillon isolé, loin des autres élèves.

En juin, la direction de l'école avait d'abord dit aux parents des garçons qu'ils pourraient les réinscrire à la rentrée. Mais cet été, une pétition en ligne a recueilli plus de 3000 signatures pour demander leur expulsion. La direction a donc prévenu les parents, deux semaines avant la rentrée, que leurs garçons ne seraient pas les bienvenus.

Trois des six garçons arrêtés ont changé d'école cet été. Mais les parents de trois garçons ont obtenu la semaine dernière une ordonnance de sauvegarde de la Cour supérieure, qui a ordonné leur réintégration.




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