Lac-Mégantic: aucun scénario sur la voie de contournement ne fait consensus

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La Ville s'est concentrée à étudier l'un des scénarios sur la voie de contournement, qui, selon le BAPE, mérite tout de même d'être considérée «en raison de ses avantages tant environnementaux que sociaux et économiques».

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Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La population de Lac-Mégantic et de ses régions environnantes est fortement divisée sur ce qu'il faut faire de la voie ferrée qui traverse le centre-ville plus de quatre ans après l'accident de train tragique qui a coûté la vie à 47 personnes, selon le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui juge que la municipalité devrait retourner à la planche à dessin pour considérer toutes les options.

Dans son rapport de 77 pages publié lundi, le BAPE conclut qu'il reste encore beaucoup de travail à faire avant de trouver une solution adéquate pour la municipalité, puisque certaines options ont encore été trop peu étudiées.

L'organisme gouvernemental critique notamment la municipalité de Lac-Mégantic, qui a choisi d'emblée d'exclure le statu quo de sa réflexion - une option qui consiste essentiellement à ne rien changer au chemin de fer.

Pourtant, au terme de son enquête de deux mois, le BAPE a constaté que le statu quo est l'option qui rallie une plus grande majorité des citoyens des trois villes concernées: Lac-Mégantic, Nantes et Frontenac.

«L'absence de l'option (du statu quo) dans l'étude comparative des options par la Ville de Lac-Mégantic n'a pas permis son évaluation rigoureuse et fine et a entraîné son exclusion d'un réel débat public tout en empêchant que celle-ci soit publiquement explicitée», souligne le BAPE.

En entrevue téléphonique, le maire suppléant de Lac-Mégantic, Pierre Mercier, a expliqué que la municipalité a choisi d'exclure le statu quo parce que «c'était tellement évident» que ce n'était pas une option.

«Il faut une voie de contournement, c'était la seule option. Peut-être qu'on se fait taper sur les doigts un peu, mais pour nous, c'était une évidence qu'il fallait une voie de contournement», a-t-il expliqué.

La Ville de Lac-Mégantic s'est par ailleurs réjouie que le BAPE soit favorable au tracé de voie de contournement qu'elle préfère. L'organisme juge en effet que ce scénario mérite d'être considéré «en raison de ses avantages tant environnementaux que sociaux et économiques».

«L'option 3», comme elle est appelée dans le document, prévoit un tracé d'environ 11,7 kilomètres qui partirait de la municipalité de Frontenac, irait vers l'est pour chevaucher la rivière Chaudière et longerait les autres voies ferrées du parc industriel de Lac-Mégantic.

Divisions dans la population

Mais la population des municipalités visées, elle, ne voit pas les choses de la même façon, selon le BAPE. «Aucune des voies de contournement proposées ne semble répondre adéquatement et de façon satisfaisante à leurs attentes», note-t-on dans le rapport.

Les citoyens de Lac-Mégantic sont très tiraillés à l'idée de construire une voie de contournement. Selon les données de l'organisme, 59 citoyens de Lac-Mégantic étaient pour le statu quo, alors que 43 favorisaient l'option contraire.

Chez les citoyens de Frontenac, 30 étaient pour le statu quo, alors que seulement quatre personnes préféraient la voie de contournement. Seulement cinq citoyens de Nantes ont participé à l'exercice, dont quatre étaient pour le statu quo.

Des citoyens qui ont participé aux audiences estiment que la voie de contournement ne ferait que déplacer le problème ailleurs.

«Je suis étonné de voir l'égoïsme de certaines gens qui veulent rejeter chez leurs concitoyens les troubles que peut apporter le passage du train», a déclaré un résidant de Lac-Mégantic.

«Vous ne pouvez pas imposer le passage du train à des gens qui ont choisi de s'en éloigner», a renchéri une autre.

D'autres citoyens croient que la voie de contournement est essentielle pour «délivrer» la population de sa souffrance.

«La voie de contournement aiderait à la quiétude et la sécurité du plus grand nombre de gens», a témoigné un citoyen.

«Je juge que c'est nécessaire à la survie, à la reprise et au redémarrage de Lac-Mégantic», a ajouté une autre personne.

«Un consensus impossible»

Le maire suppléant Pierre Mercier estime qu'il est normal que tout le monde ne soit pas d'accord avec l'option privilégiée.

«La politique, c'est l'art du compromis, on ne peut pas avoir une décision unanime, ça n'existera jamais», a-t-il confié en entrevue.

Il explique la réticence de certains citoyens par la résistance «naturelle» à tout changement.

«Quand on fait des changements, ça implique des modifications à notre façon de voir les choses et l'acceptation de ça n'est pas toujours facile», a-t-il soutenu.

M. Mercier a assuré que la Ville de Lac-Mégantic travaillerait de concert avec les conseils et les maires des autres villes concernées, Nantes et Frontenac, pour «atténuer les craintes» de certains citoyens.




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